Gabriel Attal, nouvelle icône de la gauche moderne

Article publié le 8 juin 2017
Article publié le 8 juin 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Pressenti pour prendre la relève d’André Santini à Vanves Issy-les-Moulineaux (10ème circonscription des Hauts-de-Seine), Gabriel Attal se présentera sous l’étiquette La République en Marche (LREM). 

Se reconnaissant nettement plus dans les valeurs de jeunesse portée par Emmanuel Macron, ce militant de longue date du parti socialiste (PS) symbolise le renouveau d’une gauche dont les anciennes élites ont été plus que désavouées. 

Agé de 28 ans, Gabriel Attal fait partie de cette jeunesse militante volontairement mise en avant par Emmanuel Macron. Titulaire d’une licence de droit obtenue à Paris 2 – Assas et d’un Master 2 Affaires publiques, décroché au sein de Sciences Po Paris, Gabriel Attal ne sort donc pas de nulle part, et a jusqu’à présent suivi la voie royale des politiciens de haut vol. Gabriel Attal regrette de ne pas être passé par l’entreprise pour enrichir son expérience, mais en termes de Realpolitik, il ne manque encore que l’ENA à son palmarès universitaire. Peu importe, l’intéressé est encore jeune et, pour l’instant, il fourbit ses armes pour une future bataille législative serrée. Si La République en Marche est donnée favorite dans les sondages pour cette circonscription détenue depuis deux mandatures par André Santini (mais finalement lâchée en raison de la loi sur le non-cumul des mandats), il faudra plus que des estimations pour impressionner les équipes adverses. Caractéristique de cette élection dans cette circonscription : une moyenne d’âge autour de la trentaine, que Gabriel Attal tire vers le bas, non sans fierté.

Pour autant, la jeunesse de Gabriel Attal ne peut pas être confondue avec de l’inexpérience : militant PS depuis ses 17 ans, l’intéressé a plus d’une décennie d’action politique derrière lui. A l’époque il s’agissait de soutenir Ségolène Royal aux primaires citoyennes de la gauche pour l’élection présidentielle de 2007, avec le succès que l’on connait face à Nicolas Sarkozy. Entre septembre 2009 et juin 2010, il est l’assistant d’Eric de Chassey, directeur de la Villa Médicis à Rome, puis il rejoint l’équipe de Marisol Touraine dans le cadre de la campagne de François Hollande en 2011. Remarqué par les équipes du candidat devenu par la suite Président, il deviendra le plus jeune conseiller des gouvernements Ayrault puis Valls. De 2012 à 2017, il est ainsi conseiller politique et responsable des relations avec le Parlement de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé. Pour autant, sa formation de militant PS de terrain le pousse plus vers l’action locale.

Sa volonté de devenir député dans cette circonscription en particulier n’est donc pas le fruit du hasard, pas plus que le résultat d’un éventuel parachutage de LREM. Habitant de Vanves depuis 2012, il s’est aussitôt engagé au sein de la section locale du PS, engagement qui lui a permis de devenir très rapidement conseiller municipal d’opposition suite à la démission de la tête de la liste, Antonio Dos Santos. En 2016, sentant la fin de son mandat de conseiller arriver, il demande l’investiture PS pour cette circonscription. Les militants de la section locale du PS lui préfèrent finalement Thomas Puijalon. Un temps tenté par l’aventure américaine et l’ONU, Gabriel Attal envisage de partir pour New-York. Mais le virus politique le rattrape finalement pour un biais inattendu : ami très proche de Stéphane Séjourné, membre emblématique de la jeune garde d’Emmanuel Macron, il obtient finalement l’investiture souhaité sous l’étiquette La République en Marche. Dans le but revendiqué d’amener la jeune génération au pouvoir, les anciens strauss-kahniens, club auquel appartiennent Gabriel Attal et Stéphane Séjourné (et très bien représenté dans l’entourage d’Emmanuel Macron) se serrent les coudes.

Il ne sera pourtant pas aisé de succéder au « monument Santini », tant ce dernier a marqué de son empreinte sa circonscription, avec en particulier la transformation spectaculaire (et contestée) d’Issy-les-Moulineaux le temps de son « règne » comme député et surtout comme maire. Mais Gabriel Attal n’est pas non plus un nouveau venu de l’arène politique : animal politique formé sur le tas et sur le terrain, Il entend bien tenir son rang dans le triomphe de cette « nouvelle classe politique » voulue par Emmanuel Macron.