Crise : en Italie, la larme d'une ministre fait des émois

Article publié le 5 décembre 2011
Article publié le 5 décembre 2011

Une éditorialiste féministe l’a définie comme « la plus belle ministre du monde ». Elsa Fornero, 63 ans, nouvelle ministre du Travail du gouvernement Monti, s’est émue hier soir avant de prononcer le mot « sacrifice ». Soit ce qui attend les Italiens une fois que le Parlement aura adopté les mesures anti-crise : dans dix ans, on ne pourra pas prendre sa retraite avant l’âge de 67 ans. Le Premier ministre Mario Monti lui a ainsi redonné le sourire : « Tu peux t’émouvoir, mais corrige moi si je me trompe ». Elsa Fornero, économiste et professeur à l’Université de Turin, s’était, quelques heures, avant indignée en recevant une délégation de jeunes étudiants : « Il n’y a pas de femmes, on n’ira jamais nulle part ! ». Du jamais vu dans la politique italienne. Avec ses sanglots, elle a réussie à détourner complètement l’attention des médias, qui ont titré sur ses larmes à défaut de le faire sur l’austérité. L’opinion publique a cru à sa sincérité, qui rappelle celle de Ségolène Royal battue aux élections primaire du PS, ou encore celle de Martine Aubry après la défaite aux législatives de 2002. Un peu d'humanité dans ce monde de technocrates.