Style de vie

Tour de France 2008 : l’Italie à bicyclette

Article publié le 3 juillet 2008
Article publié le 3 juillet 2008
Après Londres et Amsterdam, c’est au tour de la province italienne de Cuneo d’accueillir la 95e édition du Tour de France, lors d’un petit détour de la grande boucle hors des frontières de la France. Départ samedi 5 juillet.

Un itinéraire de près de 3 500 kilomètres reliant Brest aux Champs-Elysées à Paris à parcourir en 21 jours et autant d’étapes. Chaque année, les organisateurs du Tour cherchent le meilleur tracé possible et font leur choix parmi plusieurs candidatures de villes, en fonction de leur position géographique. L’idée, c’est de respecter une certaine équité entre plusieurs régions. En France, tous les départements, à l’exception des deux départements corses, ont accueilli le Tour au moins une fois. Le choix final revient à deux « commissaires généraux » du Tour qui se rendent dans la ville concernée pour une inspection sur place. Une année avant le départ de la course, les autorités municipales reçoivent l’accord et lancent les préparatifs.

Tour de France ?

Cette année, ce sont la ville italienne de Cuneo et le hameau voisin de Prato Nevoso, situés à sur un domaine skiable, qui ont eu le privilège d’être choisis comme villes étapes à l’étranger. Le 20 juillet, la petite ville accueillera la quinzième étape du Tour 2008. Pour la première fois à l’étranger, un jour de repos sera ensuite organisé pour les caravanes et les cyclistes à Cuneo. Dès le 22 juillet, les cyclistes repartiront pour un tour, sur le territoire français en direction de Jausiers.

Les deux communes ont constitué ensemble un comité organisateur « Granda Tour 2008 » à la Chambre de commerce locale, avec lequel elles ont présenté ce « package » en deux étapes. « Ce genre d’événement sportif aura des retombées très importantes pour notre territoire. Car les images télévisées de cette étape feront le tour du monde », explique Fiorenza Barbero du Comité. Elle souligne, pas peu fière, que les commissaires ont comparé la Piazza Galimberti de Cuneo à la Place Vendôme à Paris. Avec les montagnes qui l’entourent, le « décor de théâtre » naturel de la ville a joué un rôle décisif dans le choix final. Un panorama qui délectera sûrement les 260 caméras, 92 chaînes de télévision du monde entier. Ainsi que les 240 photographes et les 350 journalistes accrédités pour l’occasion.

Sport et big business

La Région, qui mise toujours plus sur le tourisme, voit, elle, dans le Tour de France une opportunité de développement et de publicité. Elle a donc mis le paquet sur les animations : échassiers, jongleurs de drapeaux et saltimbanques animeront les journées… Une « nuit jaune » ponctuée de spectacles aura lieu la veille de l’arrivée des cyclistes. « Sur la fontaine de la Piazza della Stazione de Cuneo, continue l’organisatrice, nous avons installé un projecteur qui créera des jeux de lumière aux couleurs de la France, de l’Italie et du Tour ».

Les étapes à l’étranger, s’ils coïncident avec les objectifs sportifs du Tour, ont toujours fait partie de cet événement. Pourquoi ? « Pourquoi pas ? » réplique l’Annuary Sport Organisation (A.S.O.), l’entreprise organisatrice officielle du Tour. « C’est le troisième événement sportif au monde, suivi à la télé par plus de 80 pays. Il est naturel qu’on nous demande des étapes à l’étranger. A Londres, point de départ du Tour 2007, il y avait des milliers de personnes. » Expatrier les étapes, rien de plus naturel et surtout de plus lucratif… A part la logique du sport business, aucun hommage n’est rendu à l’Europe sans frontières dans cette démarche.

Place Galimberti à Cuneo (wikipedia)

La première étape à l’étranger remonte à la troisième édition du Tour en 1905. L’heureux élu fut l’Alsace qui était depuis 35 ans allemande, mais française du temps de Louis XIV. Cette année-là, le choix de l’étape à l’étranger, n’était peut-être pas le fruit du hasard. Depuis, les cyclistes sont passés par Bruxelles et le Luxembourg en 1947, l’Italie et l’Espagne en 1949, Amsterdam seulement en 1954 et l’Angleterre en 1974…

Mais le Tour de France est européen, surtout par son palmarès. Excepté l’épisode Lance Armstrong qui a battu le record absolu en remportant la course 7 fois consécutives, aux couleurs des Etats-Unis, plusieurs Européens ont remporté le maillot jaune : les Espagnols sont sortis vainqueurs 8 fois, les Italiens 2 fois, les Allemands et les Irlandais, une fois seulement.