Style de vie

Sans le sou

Article publié le 23 avril 2008
Article publié le 23 avril 2008

Un peu partout sur la planète, les critiques déferlent et la colère monte. Pragmatique par nécessité, toute une génération d'Européens le constate amèrement : les prix s’envolent et le pouvoir d'achat est en berne ! De nombreux chômeurs doivent se serrer la ceinture. Au regard des prévisions économiques du prochain semestre que vient de publier la Commission européenne, la pilule risque d'être dure à avaler.

Faute de mets plus délicats à se mettre dans le gosier, les finances à marée basse contraignent un grand nombre d'Allemands, arrivant sur le marché du travail, à manger de la vache enragée : « am Hungertuch nagt ». Déjà, aux environs de l'an mil, alors que l’Europe se couvre d’un manteau blanc d’églises, des masses d'indigents affamés accouraient des campagnes dans les lieux de prières, maudissant ces temps de disette.

L'Eglise dont la mission est de chasser le diable que tant de miséreux tiraient désespérément par la queue, saura à sa manière canaliser un tel ressentiment. Unanimement s'élève alors à travers l'Europe une triste plainte. « Arm wie die Kirchenmaüse », gémissent les Allemands. « Poor as a church mouse », maugréent les Anglais en accord avec les Polonais qui s’exclament « biedny jak mysz koscielna », se sentant tous aussi démunis que des souris d'églises où les impécunieux venaient très souvent crever de faim, comme les rats dans une cave.

A ce concert de misère, les Français n'en restent pas moins virtuoses, eux qui se lamentent d'être « pauvres comme Job ». Les Espagnols, l'eau à raz du cou, luttent pour ne pas boire la tasse fatale. Fauchés, ils se considèrent aussi raides que les thons de l'Océan (« tieso como la mojama »). L'Anglais n'ayant plus un seul haricot à gratter (« not to have a bean to rub together »), et pour qui la seule idée de partager son « fish and chips » est devenue un vrai cauchemar, n'est pas loin de suivre à la lettre le même régime hypo-carné que l'Italien en faillite qui fulmine à la fin du mois d'être toujours au vert (« essere al verde »).

Or, si dans la péninsule, la couleur de l'espoir prend très souvent les teintes de l'argent sale, il est à craindre que la remontée du dollar risque d'être fort ardue. Mais demain sera un autre jour ! En attendant, la devise nord-américaine poursuit toujours son ascension...vers le bas !

L'Europe en un clic :

Français : « Pauvre comme Job »

Anglais : « Poor as a church mouse »

« Not have a bean to rub together »

Espagnol : « Tieso como la mojama »

Allemand : « Am Hungertuch nagen »

« Arm wie die Kirchenmäuse »

Italien : « Essere al verde »