Style de vie

Pourquoi les expats Polonais ont-ils le mal du pays ?

Article publié le 27 octobre 2015
Article publié le 27 octobre 2015

La cuisine polonaise ? L’air vif de Varsovie sur une joue ? Voici une liste toute sauf exhaustive de ce qu’il manque le plus à la communauté polonaise expatriée en Europe.

L'air vif de Varsovie

Chaque fois que je sors de l’aéroport, je suis surprise par l’air de Varsovie qui est si frais et vif. (Ana, 31 ans, originaire de Varsovie elle vit à Bruxelles).

Le goût d'antan

J’ai énormèment besoin de la nature. Même si j’ai vu des endroits grandioses et exotiques, ce n’est que quand je reviens à la maison que j’ai l’impression que la nature « m’appartient ». Dans les vallées couvertes de forêts et les parcelles cultivées de Podlasie, on peut parfois être témoin d’une scène qui semble tirée des siècles en arrière : un cheval qui tire une charrue, derrière laquelle marche le fermier, suivi d’une cigogne venue picorer les vers sortis du sol remué. L’été, c’est l’odeur des pins et des roses sauvages des forêts sablonneuses de la côte qui me manque. (Kasia, 27 ans, originaire de Varsovie, elle vit à Lancaster)

Des saisons dignes de ce nom

Ce qui me manque ce sont les étés chauds et ensoileillés. Les vrais hivers avec des températures en dessous de zéro et beaucoup de neige (et de soleil aussi). Les bonhommes de neige et les luges. Des automnes comme il faut, pleins de couleurs et du bruissement des feuilles. Des printemps frais et ensoleillés. L’odeur de chaque saison me manque. (Maciej, 51 ans, originaire de Torun, elle vit à Dundee)

L'humour des potes

Cela me manque de parler avec des gens qui comprennent les blagues ou les références de films polonais comme Miś. Ils sont géniaux mais même s'ils sont traduits, les non-natifs ont du mal à comprendre notre humour. (Kasia, 27 ans, de Varsovie, elle vit à Lancaster)

Extrait du film Miś (1982)

Une vision différent du monde

Ce qui me manque c'est d'avoir des infos qui ne parlent pas des États-Unis comme si ils étaient le centre du monde, avec le Royaume-Uni, la France et quelques autres pays comme principaux satellites.  (Kasia, 27 ans, de Varsovie, elle vit à Lancaster)

Là où le territoire est neutre

La façon dont les Polonais se traitent les uns les autres en Pologne me manque. Nous ne sommes pas aussi amicaux entre nous à l'étranger. Nous sommes plus accueillants quand nous sommes entre Polonais, quand le territoire ou la culture sont neutres. Quand nous sommes à l'étranger, nous perdons quelque chose et nous ne nous apprécions pas autant.  (Artur, 32 ans, de Kołobrzeg, il vit à Sarajevo)

La vie urbaine

Comme la Slovénie est un petit pays, il n'y a pas vraiment de vie urbaine, les gens qui vont avec, les modes, les vues et les opinions. (Jagoda, 32 ans, de Varsovie, elle vit en Slovénie)

Ma station radio préférée

 Trójka ma station radio préférée me manque beaucoup ... enfin surtout quelques voix en particulier que j'écoutais quand j'étais étudiante. Elles étaient de bonne compagnie à l'époque. (Agata, 27, de Varsovie, elle vit à Bruxelles)

Le théâtre

C'est toujours mieux de voir des pièces dans votre langue maternelle, même si elles sont mal jouées. Mon anglais a beau être très bon, j'ai encore besoin de me concentrer pour saisir le sens d'une pièce ou pour tout décoder et comprendre les doubles sens que l'auteur / metteur en scène a insérés. J'ai besoin de concentration et parfois, je quitte le théâtre fatiguée. Quand c'est en polonais, c'est beaucoup plus amusant, et même si je ne comprends pas tout ce que l'auteur a voulu dire, peu m'importe. Quand je vais au théâtre à l'étranger, je me sens un peu bête. (Marysia, 32 ans, de Łódź, elle a vécu en France)

Les déjeuners du dimanche

Le choix le plus évident serait les déjeuners en famille du dimanche, le goût des petits plats de ma maman avec tout plein de viandes différentes (canards et lapin rôtis des occasions les plus festives étaient définitivement mes favoris jusqu'à maintenant), souvent accompagnés de patates et d'une salade. Oui, même si la cuisine polonaise a la réputation d'être plutôt « lourde » cela ne me dérange vraiment pas d'y revenir de temps à autre. Et je me suis rendue compte que je ne mangeais pas beaucoup de patates depuis que j'ai quitté la Pologne. Toutes ces épluchures, c'est beaucoup trop d'effort.  (Agata, 27 ans, de Varsovie, elle vit à Bruxelles)

Le pain polonais

La nourriture vous ramène en arrière, à votre enfance, et a bon gôut, cela pourra être une tranche de jambon, une soupe, ou tout simplement du bon pain polonais. (Artur, 32 ans, de Kołobrzeg, il vit  à Sarajevo)

La Biały ser (une version particulière du fromage blanc de vache), le bigos et la vodka ou du pain (il n'est jamais aussi bon qu'en Pologne !). (Jagoda, 32 ans, de Varsovie, elle vit en Slovénie)

Les cornichons polonais

Et aussi les « ogorki kiszone » (les concombres salés et amers dont certains Espagnols disent qu'ils sont « pourris »). Je me suis souvenue il y a peu que je les détestais quand j'étais petite mais maintenant je les adore et j'en mange chaque fois que je retourne à la maison ! (Agata, 27 ans, de Varsovie, elle vit à Bruxelles)

Les fraises

J'ai tenté une petite expérience et laissé des fraises belges au frigo pendant trois semaines. Elles n'avaient pas du tout bougé. Elles sont restées rouges, parfaites et brillantes. Ça ne doit pas être très sain. (Ana, 31 ans, de Varsovie, elle vit à Bruxelles)

Les petites discussions impromptues

Ce sentiment quand vous marchez dans la rue et tout d'un coup quelqu'un vous dit « salut » ou « bonjour » et s'arrête cinq minutes juste pour discuter. Je sais que la même chose peut arriver ici, mais c'est différent à la maison.  (Maciej, 51 ans, de Torun, elle vit à Dundee)

La tradition

Les Polonais restent très attachés à leurs familles. Même si personne ne l'admet, je peux vous garantir qu'un Noël loin de la Pologne n'a rien à voir avec un passé à la maison. Même si vous aviez une nouvelle famille à l'étranger, ils seraient obligés de voyager avec vous en Pologne pour Noël. L'identité polonaise est faite de plein de petites choses que nous gardons dans notre coeur à tout jamais et emportons partout : la langue, la culture, la famille et la tradition. Cette dernière est vouée à disparaître car nous manquons de temps pour une chose « insignifiante » comme la tradition. Beaucoup de jeunes gens y préfèrent, ou prétendent préférer, la liberté et l'indépendance.  (Jagoda, 32 ans, de Varsovie, elle vit en Slovénie)

Qu'est-ce que le fo

Il n'y a rien qui me manque. Je dirais que mes amis me manquent mais ils vivent à l'étranger pour la majorité. Je pense que pour comprendre ceci il faut savoir que j'ai quitté le pays par curiosité plutôt qu'autre chose. Je voulais voir comment était la vie ailleurs, je pense donc que la vie que j'avais en Pologne ne me satisfaisait pas entièrement. J'aime l'exotisme, la diversité, explorer et être surprise : je ne pouvais pas trouver ça dans une société aussi homogène qu'en Pologne. J'ai vécu dans différents pays et j'ai un ensemble de nationalités, au lieu d'une seule. Je pense qu'il y a une nouvelle catégorie de gens pour qui la question « est-ce que ta maison te manque ? » n'est pas pertinente parce que la définition même de maison - en tant que place où l'on est né ou où on a grandi - est dépassée. Je n'ai pas de maison, j'ai déménagé trop souvent. J'ai ma maison de famille bien sûr, mais ce n'est pas ma maison. Ma maison est celle que je choisis. Je suis à la recherche de cette maison, si vous voulez. (Aleksandra, 30 ans, de Wroclaw, elle vit à Londres en ce moment mais cherche une maison)

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Le 25 octobre 2015, la Pologne votera son nouveau Parlement. Cet article fait partie d’une semaine spéciale polonaise. L'occasion d'en savoir plus sur le pays de la Vistule, de Polanski et des cornichons.