Style de vie

Meet My Hood : Neukölln, Berlin

Article publié le 4 août 2017
Article publié le 4 août 2017

Les locaux disent souvent que « Neukölln n'est plus comme avant ». Pourtant, ce quartier de Berlin reste l'un des plus hétéroclites et vivant de la ville, et il n'est pas prêt à abandonner sa réputation de « lieu le plus cool de la capitale la plus cool d'Europe ».

Ancien quartier pauvre et piteux, mais aujourd'hui bouillonnant et bien vivant, Neukölln propose à une population des plus branchées une vie nocturne et une scène culturelle de renom. Fort de sa hype, le quartier a vu s'ouvrir nombre de bars et de cafés, mais certains habitants n'ont pas eu d'autres choix que de fermer leurs commerces et de déménager en raison d'une importante hausse du prix des loyers. Néanmoins, nous sommes toujours dans l'un des coins les plus en vogue de Berlin

Si vous venez à vous balader au marché turc de la rue Maybachufer, vous saurez que vous venez d'entrer à Neukölln. Le mardi et le vendredi, vous y trouverez des fruits et des légumes frais, du pain, du fromage, différentes spécialités, et même de la musique. Cet événement, parfait reflet de l'ambiance multiculturelle du quartier, accueille des acheteurs du monde entier. Au coin de la rue, les enseignes de kebabs turcs côtoient les restaurants latino-américain, mais aussi les restaurants de falafels libanais et soudanais. Vous y entendrez des langues variées, de l'allemand à l'arabe, en parcourant les rues. Les bars ne manquant pas dans la Weserstrasse, vous pourrez y découvrir le « boyarsky » russe et le « saké » japonais.  

Rooftop 

Christoph, chanteur du groupe local Von Flocken, vit près du Landwehrkanal, un petit canal séparant Neukölln de Kreuzberg, connu sous le nom de « Kreuzkölln ». Après l'avoir suivi dans des escaliers, nous nous retrouvons sur un toit-terrasse. Sous nos yeux, les tuiles rouges des bâtiments voisins, la coupole du Berliner Dom et la Tour de la Télévision de l'Alexanderplatz. La vue est presque parfaite. Il y a environ 2 semaines, Christoph a organisé un petit festival de musique avec plusieurs groupes locaux. Plus de 100 personnes sont venues profiter de l'été, de la musique et du panorama.

Il ne s'agit pas là de la seule terrasse du coin. Essayez donc d'imaginer : sur le toit du centre commercial Arkaden, à côté de la mairie de Neukölln, une cabane en bois du nom de Klunkerkranich offre les plus belles vues de la ville. Si on ne pouvait se présenter à la fête de Christoph que sur invitation, Klunkerkranich est devenu si populaire qu'il est maintenant connu pour ses longues files d'attente, notamment les week-ends en été. 

Originaire de Cologne, Christoph est arrivé à Berlin il y a 4 ans et demi. Il a mis un certain temps avant de se sentir chez lui. « Quand je suis arrivé, j'avais l'impression d'être en vacances à l'étranger », s'amuse-t-il. « J'adorais ça. Après, quand c'est devenu mon véritable chez-moi, ce sentiment international a fini par faire partie de moi aussi », ajoute-t-il en sirotant le café de son établissement préféré. Il quitte rarement son Kiez, une petite partie du quartier, où il trouve tout ce dont il a besoin.

Christoph fait de la musique depuis un moment. Pour lui, la scène musicale du quartier est ce qu'on trouve de mieux. Vous trouverez du son partout : des festivals éphémères sur la Hermannplatz, des concerts improvisés dans la rue et des petites salles qui accueillent des groupes locaux. Le Prachtwerk, un bar qui permet aux amateurs d'exprimer leur créativité le mercredi, est un endroit très spécial pour Christoph. C'est là qu'il a joué ses premières chansons à Berlin, et qu'il a rencontré Tomm, ami et membre de son groupe, où il joue de la guitare et du synthé.

Un village, dans un quartier, dans une ville

Après avoir quitté Christoph, nous nous sommes dirigés vers Rixdorf, aussi connu comme le village caché au cœur de Berlin. Alors que nous explorons les rues sur le chemin de la Richardplatz, nous assistons à un changement de payage radical. Le Berlin bouillonnant et vivant est désormais derrière nous. On ne s'attend pas à voir à Neukölln des petites maisons, des jardins coquets et des parcs tranquilles.

Jens, journaliste et photographe berlinois, habite au coin de la rue. « Je vais vous montrer le quartier », dit-il en traversant la rue pour nous rejoindre. « On va commencer par prendre un café... ou deux, c'est dimanche, après tout. » Il fait un détour par le square, et ralentit le rythme quand il arrive au niveau d'une peinture murale colorée représentant un homme avec une botte de foin. En automne, une course de botte de foin a lieu ici, tradition des années 1750 quand Rixdorf était encore un village rural.

Prochain arrêt de notre excursion avec Jens : un mignon jardin urbain caché avec une mare au milieu. « Je n'ai jamais eu l'intention de déménager à Kiez quand j'ai débarqué à Berlin, assure-t-il. Je cherchais un appartement, et je n'étais attaché à aucun quartier. Maintenant, je suis tombé amoureux de cet endroit magnifique, je n'ai simplement plus envie de partir. »

Le combat contre la gentrification

Avec la combinaison du calme de Rixdorf et l'activité de Kreuzkölln, ces zones sont devenues les plus en vue de Neukölln. Pour avoir un appartement, ou même une chambre, vous devez avoir des nerfs solides et payer 50 % plus cher que dans la plupart des autres quartiers de Berlin. « Neukölln n'est plus comme avant » est une phrase qu'on entend souvent de la part des locaux. Jens et Vanessa, que nous retrouvons dans la Weserstrasse, nous font part de leurs inquiétudes sur l'évolution actuelle de leur quartier : « Tous ces nouveaux bars branchés sont en train de remplacer nos bonnes vieilles institutions. Les gens doivent déménager et les loyers s'envolent à cause des locations Airbnb ».

Jens vit dans la Friedelstrasse où la police a expulsé la totalité de Friedel54, une maison occupée par un centre social autonome, il y a seulement 2 semaines. Comme d'habitude, un nouvel investisseur a acheté le bâtiment et a prévu d'augmenter le prix des loyers. « Luxurisation », c'est le nom que Jens donne à ce processus. Il participe souvent à des manifestations contre ce phénomène à Neukölln. À la fin de notre voyage, nous faisons un tour à Friedel54. La porte est ouverte, nous entrons. À l'intérieur, aucun bruit. Les tags « F54 n'abandonnera pas » sont toujours inscrits sur les murs, à côté de l'avis d'expulsion de la police.

Un mot des voisins

Les gens

  

Combien ça coûte ?

Les bonnes adresses

Klunkerkranich (rooftop bar), Karl-Marx-Straße 66

Roamers (ideal brunch location), Pannierstraße 64

Alter Roter Löwe Rein (bar), Richardstraße 31-32

Mama Bar, Hobrechtstraße 61

Café Dritter Raum (coffee and cakes), Hertzbergstraße 14

TiER (bar), Weserstraße 42

Ä (bar), Weserstraße 40

Prachtwerk (bar and art gallery), Ganghoferstraße 2

Körnerpark and Tempelhofer field (best local parks) 

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Cet article fait partie du  projet de cafébabel, Meet My Hood, qui a pour objectif de faire découvrir les quartiers des principales villes européennes, en chantant. Si tu veux montrer ton quartier à la bonne lumière du jour, écris-nous !