Style de vie

La Dream Teen : l'essence des rêves européens

Article publié le 20 février 2015
Article publié le 20 février 2015

Les jeunes européens d'aujourd'hui, pessimistes ? Les journalistes Estelle Faure et Emma Roulin veulent prouver que ce n'est rien d'autre qu'un cliché. cafébabel les a rencontrées à Paris pour parler de leur actuel projet de reportage La Dream Teen.

Le ciel est couvert au-dessus de Place de la République. Seule l'immense Marianne de bronze au loin me fait face. Des autocollants et inscriptions rappellent les incidents récents. A l'entrée du café « Monde et Médias », j'attends les deux jeunes femmes qui ont, à travers leur projet de reportage La Dream Teen, observé la jeunesse européenne en plein rêve. Ce sont elles qui ont choisi le lieu de rendez-vous, un pavillon de verre au milieu de la place. L'endroit est moderne et engageant. Quelques Parisiens semblent passer un agréable samedi après-midi, à l'intérieur comme à l'extérieur. Estelle entre la première dans le café. Emma nous rejoint dix minutes plus tard. Les deux journalistes paraissent détendues et de bonne humeur. Elles ont appris il y a quelques jours seulement que leur mission, menée sur un site de crowdfunding,  pourrait être menée jusqu'à son terme.

Douze étoiles dans les yeux

Le duo de journalistes travaille déjà depuis un an sur le projet « Dream Teen ». Leur expédition de deux mois, l'an dernier, a commencé en Grande-Bretagne et s'est poursuivie en France, en Allemagne, en Bosnie et en Bulgarie où elles ont découvert cinq jeunes européens et leurs actions bénévoles. « On a rencontré des jeunes qui rêvent de l'Europe et qui sont prêts à s'ouvrir au monde », raconte Estelle. « En Europe règne un cliché selon lequel les jeunes seraient pessimistes et inactifs », selon l'avis des journalistes, « mais il existe aussi des jeunes qui mettent des choses en place ».

À travers leur travail, Estelle et Emma veulent lutter contre les stéréotypes et les clichés. Leur reportage multimédia a pour but de montrer des jeunes confrontés aux problèmes du quotidien mais surtout, des jeunes qui s'y attaquent activement. Arnault d'Issy-les-Moulineaux, par exemple, a créé une association qui s'attèle à donner des cours de guitare gratuits à des enfants de milieux défavorisés. Ena, de Bosnie, organisé des collectes de fournitures scolaires pour les enfants de réfugiés et veut contribuer à la reconstruction de son pays affaibli par la guerre. « Tous ces projets ont changé quelque chose dans leur monde », explique Estelle.

Ces jeunes européens ne vont peut-être pas le changer, ce monde. Ils améliorent cependant la vie de ceux qui les entourent et donnent une impulsion nouvelle à l'élite politique. Chacun des cinq protagonistes se prononce en faveur de l'idée européenne. Leurs sentiments sont mélangés entre préoccupations, craintes et ambitions. Ces aspects font aussi partie de ce qu'Estelle et Emma entendent montrer dans leur reportage.

Au cours de leur carrière, les deux journalistes se sont spécialisées dans la presse jeunesse. Emma, 27 ans, est originaire de la côte Atlantique. Comme beaucoup de Français, elle a atterri à Paris pour des raisons professionnelles. Après avoir fini ses études de journalisme l'an dernier, elle a commencé à travailler comme journaliste indépendante pour le portail de presse Mon Quotidien. Estelle l'a rencontrée au cours d'une formation en alternance. Elle aussi a contribué à la création de monquotidien.fr. Aujourd'hui elles sont toutes deux journalistes indépendantes et mettent en place des projets centrés sur la presse jeunesse.

Financement : check !

13 000 euros. C'est la somme nécessaire pour concrétiser le projet Dream Teen. Les deux jeunes femmes ont commencé par chercher des donateurs et des mécènes. Les derniers 3 500 euros ont été récoltés via la plateforme de financement participatif KissKissBankBank. « Ce projet s'adresse aux jeunes mais a vocation à toucher les gens en général » argumente Emma pour expliquer l'idée de cette collecte virtuelle. « C'était aussi l'occasion de sensibiliser encore plus de monde à notre travail », ajoute-t-elle.

40 jours ont été nécessaires pour récolter la somme et l'idée a eu tant de succès qu'elles ont même obtenu 150 euros de plus. « Collecte réussie », lit Emma sur son téléphone sans cacher son enthousiasme.

Ce road-trip dans les rêves des jeunes européens sera publiée sous la forme d'un blog multimédia. Estelle et Emma ont pris des photos, des sons et des vidéos pour agrémenter leurs textes. C'est maintenant au tour de graphistes et de développeurs de prendre le relais.

La page sera en ligne à partir de mai. « Si le concept de la Dream Teen fonctionne bien, pourquoi ne pas essayer la même chose avec d'autres thèmes ? », songe Emma, déjà absorbée dans son prochain rêve.