Style de vie

Italian Kingdom : la patte des Italiens de Londres

Article publié le 8 février 2016
Article publié le 8 février 2016

Le projet éditorial Italian Kingdom a commencé en 2015.  Au départ, il s'agissait d'un « récit visuel » des histoires d'Italiens vivant à Londres. En moins d'un an, le concept s'est développé : un magazine, un blog et une émission radiophonique en ligne ont vu le jour. Et un premier ouvrage est sur le point d'être publié. 

Londres est l'une des capitales européennes qui séduisent le plus les touristes. Son ambiance gaie et délirante ainsi que l'ouverture d'esprit qui y règne ont attiré, au cours des dernières décennies, des centaines de milliers de personnes aspirant à une vie meilleure. Parmis elles, un nombre croissant d'Italiens abandonnent la Dolce Vita pour s'installer en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, ils représentent l'une des plus grandes communautés d'expatriés dans la capitale du Royaume-Uni. Plus de 500 000 Italiens, fuyant le manque de méritocratie et le marché stagnant du travail, ont choisi de partir à Londres.

Mais qui sont ces Italiens de Londres ? Quels sont leurs histoires, leurs craintes, leurs objectifs ? Pourquoi font-ils le voyage vers le nord et qu'est-ce qui les motive à y rester (ou, dans certains cas, à repartir en Méditerranée) ? Vu de l'extérieur, il se peut que nous apparaissions, pour beaucoup de personnes, comme une bande bruyante de gros mangeurs de pizzas. Mais ce n'est évidemment pas tout. 

Pour faire table rase des préjugés et en savoir plus au sujet de cette communauté, nous avons contacté Stefano Broli, co-fondateur et directeur du projet éditorial Italian Kingdom, ainsi qu'Eleonora Ossola, directrice générale de Italian Kingdom Radio

Les origines du projet

Italian Kingdom est une plate-forme multimédia créée en avril 2015, destinée aux Italiens vivant à l'étranger. Aujourd'hui, c'est un réseau cross-media, interactif et expérimental qui inclut des sous-projets extrêmement variés, des blogs au magazine en passant par la radio en ligne. Pourtant, quand ce projet a vu le jour il y a moins d'un an, rien n'était sûr quant à son avenir.

« Notre voyage a commencé par un récit phototographique d'histoires de personnes qui ont quitté notre pays pour de nombreuses raisons, afin de se retrouver au Royaume-Uni, ou y trouver quelque chose de différent », explique Stefano, le directeur. « Notre objectif n'a jamais été de présenter des personnes en utilisant des clichés, mais de les laisser s'exprimer telles qu'elles sont vraiment. »

 

Présenter la communauté italienne dans toute sa complexité, souligner sa contribution dans le développement aussi bien culturel que professionnel de la capitale britannique, et aider les gens à aborder ce groupe objectivement et avec l'esprit ouvert : tels étaient les principaux objectifs de ce projet.  

« Il s'agit d'une communauté aux facettes multiples », ajoute Eleonora. « Elle est constituée de personnes de toutes générations, certaines d'entre elles ne sont arrivées à Londres que récemment - d'autres, il y a des décennies de cela. Elles sont là pour des raisons diverses et variées. Chaque profil est unique, en fonction des compétences, des ambitions, des rêves et des craintes de ces personnes. Nous souhaitions essayer de transmettre cette notion d'implication. »

Il s'agissait au départ d'un récit visuel décrivant les visages et les histoires d'Italiens vivant à Londres. Le projet a évolué pour devenir une expérience éditoriale universelle, s'exprimant grâce à un magazine, une émission de radio et un nouvel ouvrage imprimé qui sortira prochainement. S'y ajoute une série d'autres collaborations destinées à construire un réseau des meilleurs membres de la communauté italienne à l'étranger.  

Actuellement, le projet Italian Kingdom compte plus de 15 000 abonnés sur ses différentes chaînes. Et ces dernières représentent, étant donné qu'a été atteint un effectif de plus de 600 000 personnes venant de plus de 120 pays, l'un des principaux centres d'intérêt de la communauté italienne à l'étranger.

Un média riche et varié

Une campagne de financement participatif s'est déroulée afin de lancer le premier projet d'impression de Italian Kingdom. Désormais, la sortie d'un premier ouvrage est en bonne voie. Une édition limitée à 1500 exemplaires sera disponible à partir de mars 2016. Cet ouvrage rassemble des histoires racontées durant les six premiers mois d'existence de Italian Kingdom. S'y ajoutent des articles signés Barbara Serra – écrivain et journaliste sur les chaînes Sky News et Al Jazeera – et une série d'histoires écrites par Silvia Favasulia, journaliste de Linkiesta. Ce projet a été financé grâce aux 10 000 livres collectées (cette somme étant l'objectif à atteindre). 

L'émission radiophonique fait partie des initiatives éditoriales du projet Italian Kingdom ayant rencontré le plus de succès. Ce programme n'a vu le jour qu'en mai 2015 et, en moins d'un an, les 28 podcasts ont été écoutés plus de 11 000 fois, par une centaine d'auditeurs écoutant à tout moment une émission diffusée en direct.

Eleonora et Raffaella - avec la participation de « Red », leur DJ silencieux -  sont à l'antenne tous les samedis entre midi et treize heures. Leur principal objectif est simple : mettre en relation les Italiens de l'étranger avec ceux qui vivent toujours dans le Bel Paese mais qui désirent vivement relever le défi et quitter leur pays natal.

Au cours de l'émission, on peut écouter des interviews en studio - avec des invités spéciaux, et des expatriés -  et y sont également passés des coups de fil aux Italiens du monde entier. La dimension y est très internationale, et chaque invité a une histoire intéressante à raconter : une idée géniale qui a changé leur vie, ou encore un projet passionnant ayant donné un coup de fouet à leur carrière. 

Globalement, le premier espoir des fondateurs du projet Italian Kingdom est de voir des ponts se construire au sein même de la communauté italienne. « De très nombreuses initiatives utiles ont été prises par des Italiens qui vivent loin d'ici », commente Eleonora. « Nous avons un double objectif. D'une part, nous espérons mettre des Italiens en relation, en leur donnant la possibilité d'unir leurs idées. Nous sommes un peuple très travailleur et extrêmement créatif, capable de produire de belles choses. D'autre part, nous voulons aider nos compatriotes à sortir du "ghetto italien" dans lequel nous finissons nous-mêmes quelquefois par nous enfermer. »