Style de vie

Hanoucca : à Noël, mets de l'huile !

Article publié le 21 mai 2012
Article publié le 21 mai 2012
Noël est une fête très publique, avec un marché de Noël par ici, des anges qui chantent par là, une frénésie de consommation et des Pères-Noël en chocolat dans tous les coins de rues. Tout le monde sait parfaitement que les juifs croyants ne fêtent pas la naissance de Jésus Christ.
En revanche, ils fêtent Hanoucca, la Fête des Lumières, et au lieu de manger du chocolat ils préfèrent … manger de l'huile !

 Chaque religion a besoin d'une légende, et telle est la légende juive : en l'an juif 3597 (164 av. J.-C.), Israël fut conquis par les Séleucides grecs. Ceux-ci persécutèrent le judaïsme de façon acharnée. Un petit groupe de juifs pieux chassa finalement les Grecs, à l'époque une des armées plus fortes du monde. Quand le Saint Temple à Jérusalem dut être à nouveau inauguré, on ne trouva qu'une seule carafe d'huile d'olive qui n'avait pas été contaminée par les Grecs. Avec cette huile, on alluma le chandelier, la ménorah, dans le temple, et celui-ci brûla ensuite sans interruption pendant huit jours, jusqu'à ce que l’huile bénite soit de nouveau consacrée, alors que l'huile ne pouvait durer qu’un seul jour. On comprend mieux pourquoi Hanoucca s'appelle ainsi : en hébreu, le mot signifie effectivement « consécration ».

Bougies et bénédiction

Tous les ans, la fête de Hanoucca commence au 25ème jour du mois kislev (novembre/décembre). La prochaine débutera le 9 décembre 2012.. La première bougie du chandelier (hanoukkia) est allumée la veille après la tombée de la nuit, et on y récite la bénédiction traditionnelle (berakhot). L'hanoukkia a huit lumières, voire souvent neuf, la dernière servant à allumer les autres (shamash, le servant). À savoir, il est strictement interdit d'allumer une bougie en se servant d'une autre bougie que le shamash. La seule fonction des bougies est de brûler. Le premier soir, on allume la bougie du côté droit de l'hanoukkia. Ensuite, on continue vers la gauche, en allumant d'abord la « nouvelle » bougie et puis, de gauche à droite, les «anciennes».

Rien que de l'huile

Pour des raisons historiques, l'huile est très importante pendant la fête de Hanoucca, mais on ne la mange pas à la cuillère, mais en forme de latkes (galettes de pommes de terre) et de soufganiyots (beignets). L'essentiel, c'est que les plats soient frits dans beaucoup d'huile. Contrairement aux accros de Noël qui le fêtent au milieu des vapeurs de vin chaud, les juifs mangent ces repas à la maison, en famille ou avec des amis, et certainement pas dans les baraques à beignets du marché de Noël, même si les beignets en tant que soufganiyots pourraient très bien se prêter à la fête des lumières juive ...

Recette des Latkes (galettes de pommes de terre)

Ingrédients pour 4-6 personnes :

12 grandes pommes de terre, râpées, et 3 oignons moyens, râpés

4 œufs, légèrement battus

5 cuillères à soupe de farine ou plus, selon les besoins

Sel et poivre

Huile à frire

Râper finement les pommes de terre et les oignons et les passer dans une passoire (ou bien utiliser un torchon propre pour extraire le liquide des pommes de terre). Procéder de la même façon avec le liquide des oignons. Mélanger tous les ingrédients à la main, sauf l'huile. Saler et poivrer. Faire chauffer beaucoup d'huile dans une poêle (au moins 2,5 centimètres). Former des galettes à la main et les faire glisser dans la poêle une fois que l'huile est assez chaude. Faire attention à bien garder un espace entre les latkes. Une fois qu'ils sont dorés d'un côté, les retourner et les frire pour obtenir le même résultat de l'autre côté et jusqu'à ce que les bords soient croustillants. Les enlever de la poêle et les poser sur du papier essuie-tout pour absorber l'huile excédentaire. Servir immédiatement ou conserver dans un four a basse température. Bon appétit !

Photos : Une : décoration pour la Hanoucca (cc) Asurocca/flickr ; Texte : Latkes (cc) Dalboz17/flickr