Style de vie

Faim de loup

Article publié le 26 juin 2008
Article publié le 26 juin 2008
… De cochon ou d’ours. Tous les pays ont leur monstre aux dents longues pour décrire ce besoin primaire et immédiat : manger !

En allemand, le mot « diät » est presque anodin. Les Français, eux, se montrent d’humeur plus draconienne quand ils parlent de régime. En effet, pour certains, vaincre la surcharge pondérale n’est pas une mince affaire. La lutte contre les calories exige donc du pénitent une volonté inflexible. Il faut savoir résister à la tentation.

Pourtant, quand des profondeurs du ventre, l’horrible monstre de la faim se réveille, on a très vite « les crocs ». Un grouillement, d’abord. Puis un petit creux qui torture. Les Polonais parlent d’une faim tranchante, le « ostry glod ». Pour traduire cet état de manque insupportable, la plupart des langues européennes font référence à une bête vorace.

Bien qu’il soit en voie de disparition dans les forêts de France ou de Pologne, on parlera d’une faim de loup, « welczy glod » à Varsovie ou d’une « fama da lupi » en Italie. En Allemagne, la gloutonnerie est l’apanage d’un omnivore de choc qu’on ne trouve plus guère que sur les drapeaux ou dans les zoos : c’est la faim d’ours, « ein bärenhunger », qui vous prend.

En Espagne où les crevards se sentent plus affamés que des chiens d’aveugle, « Mas hambre que el perro de un ciego », on se trouve bien impuissant quand « on a la dalle » surtout si elle se transforme en « fama porca », une faim de cochon. Et voilà, comment tous les boulimiques de la terre se retrouvent en pleine nuit au pied de leur réfrigérateur, s’ils en possèdent un avec quelque chose dedans, bien entendu ! Ils sont alors prêts à en découdre avec leur fringale.

Et là, c’est le grignotage : les « munchies » anglais sont bien connues chez les consommateurs de cannabis de Sa Très Gracieuse Majesté qui sont prêts à engloutir (« to wolf down ») tout ce qui semble comestible à portée de dents, après un joint. Autant dire que le résultat catastrophique ne se fait pas à attendre. Car la balance ne ment jamais !