Style de vie

Equinox : la radio française de Barcelone

Article publié le 17 juin 2014
Article publié le 17 juin 2014

Les trois membres d'Equi­nox Radio viennent de s'ins­tal­ler dans leur nou­veau stu­dio, un gre­nier bai­gné du so­leil de Bar­ce­lone. Un en­droit « mer­veilleux », selon Au­ré­lie Cha­me­rois, jour­na­liste ori­gi­naire de Troyes qui a par­ti­cipé à fon­der cette radio fran­çaise aux 5000 au­di­teurs.

L'his­toire de cette grande pe­tite radio, Equi­nox, com­mence dans la ca­pi­tale ca­ta­lane, lorsque trois amis fran­çais s'y re­trouvent. L'ap­pa­ri­tion de ra­dios en ligne était en plein essor, et deux des trois amis avaient déjà tra­vaillé pour des ra­dios fran­çaises. Ils ont alors eu envie de lan­cer leur propre pro­jet. « Nos amis, fran­çais ou non, nous di­saient que c'était une super idée de créer une radio fran­co­phone. Ce n'était pas l'idée de dé­part, mais tout le monde l'avait com­pris comme ça, et ça plai­sait. Alors, on s'est lan­cés », m'ex­plique Au­ré­lie

Au­ré­lie se charge de l'édi­tion, de la co­or­di­na­tion des in­ter­views, et du ma­ga­zine en ligne créé en sep­tembre, le­quel compte déjà 2000 lec­teurs quo­ti­diens. Elle tra­vaille avec Nico Sal­va­dó, ori­gi­naire de Per­pig­nan. Il est le di­rec­teur de la sta­tion, et c'est lui qui est aux com­mandes de tous les as­pects tech­niques. La troi­sième fon­da­trice étant ren­trée en France, ils ont cher­ché quel­qu'un pour la rem­pla­cer, et Les­lie Sin­gla est en­trée dans la danse. Cette étu­diante en jour­na­lisme ori­gi­naire d'Épi­nal a dé­buté à Equi­nox en tant que sta­giaire, et est fi­nale­ment res­tée à la ré­dac­tion.

« On veut être le plus ou­vert pos­sible »

La ma­jo­rité des au­di­teurs sont des Fran­çais ré­si­dants à Bar­ce­lone, mais la part du pu­blic qui cherche un contact avec la culture fran­çaise aug­mente. « On s'en rend compte sur­tout lors des évé­ne­ments qu'on or­ga­nise : on y voit de plus en plus d'Es­pa­gnols ! » s'ex­clame Au­ré­lie en fai­sant al­lu­sion aux Bar­ce­lo­na French Awards, une re­mise de prix an­nuelle qui en est déjà à sa troi­sième édi­tion. Par un vote en ligne sont élus les meilleurs re­pré­sen­tants de la France à Bar­ce­lone. « C'est une façon de faire connaître ce que les Fran­çais font ici, parce qu'ils sont en­vi­ron 50 000 Fran­çais dans la ville. Mais notre but n'est ab­so­lu­ment pas de créer une com­mu­nauté fer­mée. Au contraire, on veut être le plus ou­vert pos­sible », ajoute-t-elle. Equi­nox dif­fuse sur les ondes 24h sur 24, la plu­part du temps de la mu­sique, même si elle compte aussi deux émis­sions : le lundi, l'émis­sion Sans Fron­tières, un es­pace cultu­rel et po­li­tique où ont été in­ter­viewés des per­son­na­li­tés très va­riées comme  Ma­nuel Vallsle Pre­mier mi­nistre fran­çais d'ori­gine es­pa­gnole, Jordi Pujol, l'ex-Pré­sident de la Gé­né­ra­lité de Ca­ta­logne, ou en­core l'écri­vaine belge Amé­lie Not­homb. Le jeudi, place à L'Apéro, un ma­ga­zi­ne au ton plus léger entre agenda cultu­rel du week-end à Bar­ce­lone, ti­rages au sort, et té­moi­gnages des au­di­teurs qui in­ter­viennent en di­rect...

Pe­tite radio de­vien­dra grande

Petit à petit, la radio s'est dé­ve­lop­pée : par le nombre d'em­ployés d'abord, puis par la di­ver­sité des conte­nus pro­po­sés et des for­mats dis­po­nibles. Au­ré­lie et Nico sont très fiers de ce qu'ils ont réussi à faire jus­qu'à pré­sent, mais ils ne comptent pas s'en tenir là. Ce qui au dé­part de­vait être un pro­jet à côté des « vé­ri­tables » oc­cu­pa­tions des deux amis s'est en fait trans­formé, après les deux pre­mières an­nées de dif­fu­sion, en un pro­jet éco­no­mi­que­ment in­dé­pen­dant grâce à deux pi­liers : les es­paces pu­bli­ci­taires, qu'ils ont com­mencé à in­té­grer aussi bien à la radio que dans le ma­ga­zine en ligne, et les évé­ne­ments qu'ils or­ga­nisent. 

Éga­le­ment im­por­tants, les ré­seaux so­ciaux ont fa­vo­risé l'in­ter­ac­tion avec les au­di­teurs. « C'est très étrange quand les gens se mettent à nous par­ler comme si on se connais­sait de­puis tou­jours. La radio est comme une grande fa­mille », ra­conte Au­ré­lie. Un peu plus de la moi­tié de leur pu­blic vit en Ca­la­togne, mais ils comptent aussi des au­di­teurs dans le reste de l'Es­pagne et en France. Ils viennent de lan­cer une news­let­ter, et in­for­me­ront avec elle tou­jours plus de monde, car la radio ne cesse de gran­dir....