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Bitcoin : la monnaie du futur ?

Article publié le 4 novembre 2013
Article publié le 4 novembre 2013

Bitcoin est une nouvelle monnaie virtuelle qui ne dépend d’aucune banque centrale, ni du Système Monétaire International. Pourtant, elle réunit toutes les conditions pour être un moyen de paiement : elle est rare, précieuse, et sûre. Le système est créé par ses propres utilisateurs et son succès est tel que l’équivalent de mille millions de dollars est déjà en circulation.

Si c’est la première fois que tu entends parler de Bitcoin, réjouis-toi. Tu fais partie des quelques chanceux qui pourront dire, d’ici quelques années : « Moi, je l’ai découverte quand elle n’était pas encore mainstream ». En revanche, si tu connais déjà la chanson et que tu n’es pas un hacker ou un nerd, il est fort probable que nous ayons sous-estimé le pouvoir et l’ampleur du phénomène.

La différence provient d’un sigle, dans ce cas celui de la Banque Centrale Européenne, cette institution qui, en tant qu’élément fondamental du système bancaire international, est derrière l’euro. Le système bancaire contrôle, régule et octroie de la valeur à une devise. Mais qu’y a-t-il derrière Bitcoin ? Tout, et rien à la fois. Nous sommes face à une monnaie qui n’a pas besoin de plus d’une poignée de bits, nom donné à ses unités et qui dérive bien évidemment de son nom, pour garantir sa valeur, sa sécurité, et l’anonymat des transactions. Mais s’il n’y pas de banque, qui émet les Bitcoins ? Et d’où provient sa valeur ? Nous allons vous l’expliquer pas à pas.

Une monnaie qui a bonne mine

Bitcoin est une nouvelle monnaie virtuelle dotée d’un potentiel extraordinaire. En d’autres termes, une devise électronique, étant donné que le seul papier sur lequel vous pouvez la voir imprimée est celui qui sort de votre propre imprimante. Jusqu’ici, rien de bien impressionnant. Après tout, lorsque nous commandons, par exemple, un balai sur le Net, nous utilisons des euros virtuels. Nous pouvons même aller jusqu’à dire que nous utilisons de moins en moins et d’une manière générale, de l’argent palpable afin de régler nos achats.

Le système Bitcoin fonctionne  grâce à un protocole de code ouvert développé en 2008 par un collectif de cryptographes connu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Le système qu’ils utilisent est conçu de manière à ce que le montant total de Bitcoins disponibles ne puisse jamais excéder 21 millions. Pas de panique, d’après les calculs, ce chiffre ne devrait pas être atteint avant l’année 2140. Cela signifie que la monnaie a un modèle de croissance stable et constant, ce qui limite considérablement les chances d’inflation. Mais ce qui lui donne toute sa valeur, c’est la manière dont elle est créée. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont les utilisateurs même de la monnaie, à travers un réseau de noeuds P2P (similaire à celui sur lequel reposent les plateformes de téléchargements communautaires, comme Bittorrent), qui sont responsables de la création de nouvelles unités.

Ce processus surnommé à juste titre « la mine », fonctionne à l’aide de blocs de code encrypté dont le déchiffrage dépend de la collaboration d’un réseau d’utilisateurs qui y investissent un temps considérable ainsi qu’un grand nombre de ressources matérielles. L’utilisateur qui parvient à déchiffrer un bloc reçoit en échange une partie de sa valeur. N’importe qui peut devenir « mineur », cependant les bénéfices engendrés sont si maigres que seuls les véritables passionnés du projet se consacrent à cette activité.

De plus, l’algorithme de chiffrement a été pensé de telle sorte que sa complexité augmente à mesure que le nombres de « miniers » croît lui-aussi, ce qui signifie que la valeur intrinsèque du Bitcoin reste constante. Et étant donné qu’il est possible de tracer chaque unité depuis sa création, la vérification de son authenticité est elle-aussi automatique. De ce fait le Bitcoin est une monnaie pratiquement infalsifiable. Les transactions sont enregistrées, mais pas le nom de ceux qui les ont réalisé. L’anonymat de chacun est ainsi garanti.

Le risque de la bulle

Une fois créés, les Bitcoins sont stockés dans un dossier virtuel, sur l’ordinateur, le smartphone ou la tablette de l’utilisateur. Prêts à être échangés contre des biens ou n’importe quelle autre devise standard, sans intermédiaire et sans l’intervention d’un établissement bancaire, ce qui fait que les commissions ou frais de conversion sont minimes par rapport aux charges appliquées habituellement. Par les temps qui courent, cette caractéristique n’est pas négligeable, et les statistiques le corroborent : avec 11,5 millions d’unités en circulation - plus de la moitié de la limite fixée - Bitcoin est déjà la monnaie virtuelle la plus diffusée au monde. Par conséquent, son marché a doublé, passant de l’équivalent 1000 à 2000 millions de dollars depuis les 6 derniers mois.

Au cours de cette période, Bitcoin a réussi à faire taire les critiques et apaiser les réticences initiales, qui la taxaient de monnaie destinée à dissimuler des affaires louches, et la mettaient en ligne de mire d’hypothétiques spéculateurs qui pourraient créer une « bulle Bitcoin ». Il est vrai que cette dernière théorie est plausible, car il est logique que le taux de change avec le dollar fluctue en fonction de la loi de l’offre et de la demande, et cet élément pourrait s’avérer être le point faible de Bitcoin. Mais même dans ce cas de figure, la croissance du marché et la généralisation de la monnaie virtuelle comme moyen de paiement, minimise ce risque, au moins du point de vue théorique.

Ce moyen de paiement est désormais accepté par un nombre grandissant d’entreprises. Walmart, le géant americain des hypermarchés, tout comme Baidu, communément surnommée « le Google chinois », en sont les plus illustres exemples, mais la liste n’a de cesse de s’allonger : des magasins de chapeaux londonien, jusqu’au Collège d’avocats d’Israël, en passant par les sites de rencontres, pubs et restaurants du monde entier.

Bitcoin deviendra-t-elle un jour la monnaie mondiale ? Peut-on envisager un système monétaire qui échappe au contrôle des banques ? Il est aujourd’hui trop tôt pour faire des pronostics, mais ce type de proposition pourrait sans aucun doute asseoir les bases d’une nouvelle philosophie : une manière juste et démocratique de penser et comprendre l’économie. En fin de compte, il s’agirait là d’un procédé sophistiqué visant à engager un retour aux origines, aux temps déjà lointains où la valeur d’une monnaie était déterminée par son poids en or, et non pas par des bureaucrates en costume-cravate.