Strasbourg

pinar selek, la mobilisation continue

Article publié le 22 septembre 2013
Article publié le 22 septembre 2013

Pinar Selek, sociologue turque, en prise avec la justice de son pays depuis 15 ans, a été condamnée en janvier dernier à la prison à vie. A Strasbourg depuis deux ans, elle peut poursuivre ses recherches et terminer sa thèse, tout en comptant sur un comité de soutien qui vient de lancer une campagne nationale, « 10 000 lettres pour l’acquittement de Pinar Selek ».

Invitée dans le cadre des « Bibliothèques idéales », l’événement littéraire de la rentrée à Strasbourg, Pinar Selek a choisi de partager cette rencontre avec la grand reporter Florence Aubenas. Plus qu’un jeu de questions-réponses entre une journaliste et son interviewée, Pinar a tenu à laisser une large place au dialogue avec l’ex otage en Irak qui a fait du gonzo son mode de vie. Une façon de  travailler qui fait écho aux pratiques de la sociologue qui a étudié en Turquie les nouveaux mouvements sociaux et les marges dans la société. Ainsi, les deux femmes ont-elles partagé  la vision de leur travail respectif qu’Aubenas a pu résumer par « la pratique qui précède la théorie. Etre spectateur et ne pas participer aux événements ne m’intéresse pas ».

« Libre et rebelle », c’est le fil rouge retenu cette année pour guider ces rencontres littéraires. Et c’est bien ce qu’a incarné avec force et naturel Pinar Selek devant le public de la salle de l’Aubette, malgré son désir de retrouver son pays. Occasion aussi pour son comité de soutien à Strasbourg  de présenter sa nouvelle campagne, la collecte de 10 000 lettres tout le long du mois d’octobre ensuite envoyées aux autorités judiciaires turques.

Les expertises ont conclu que l’attentat datant de 1998, pour lequel Pinar Selek est condamnée en Turquie, était en fait une explosion accidentelle dans le marché aux épices à Istanbul. Depuis près de deux ans, Pinar vit en exil à Strasbourg, soutenue par l’Université et la Ville. Ses avocats ont fait appel de son jugement auprès de la 9ème cour de cassation du tribunal d’Ankara.

Plus de renseignements : solidaritepinarselek [at] gmail.com

Pinar Selek sur CaféBabel