Strasbourg

L’Eurodistrict vu par le maire de Strasbourg

Article publié le 22 novembre 2009
Article publié le 22 novembre 2009
Par Hamid Derrouich Conférence sur l’Eurodistrict par le Forum Carolus à l’ENA. Invité à prononcer le discours d’ouverture du colloque, Roland Ries a dressé un tableau de l’évolution de la construction européenne. Dans son intervention, le maire de Strasbourg est revenu sur trois temps forts de l’histoire de notre continent pour illustrer son soutien au projet d’Eurodistrict.

Aux origines de l’Eurodistrict

L’Eurodistrict est à l’image de la construction européenne. Il constitue un mode de développement territorial fondé sur la mutualisation des moyens. Dans la vision des pères fondateurs de l’Europe, le territoire doit servir de moteur de développement et non être l’enjeu de déchirements, comme ce fut le cas depuis des siècles et surtout pendant les deux grandes guerres.

Le choix de la ville de Strasbourg pour abriter les sièges du Conseil de l’Europe dès 1949, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du Parlement Européen traduit particulièrement cet esprit. Elle est le lieu de rencontre de deux ensembles, germanique et latin. Après de longues périodes de tension sur fond, entre autres, de différends territoriaux, ces deux ensembles se sont engagés dès la fin de la 2ème guerre mondiale dans la construction de l’Europe unie.

Vers l’Europe des citoyens

En quelques décennies seulement, la construction européenne a pu surmonter les traumatismes du passé. L’harmonisation a gagné les secteurs économique, judiciaire et financier. L’espace Schengen, quant à lui, concrétise la libre circulation des personnes. Ce sont des avancées indéniables. Mais une large partie des européens continue néanmoins à percevoir l’Europe comme une structure détachée du quotidien des Européens. La Commission Européenne à Bruxelles incarne à leurs yeux l’image de la technostructure européenne déconnectée du vécu des européens de l’Union.

Les chantiers à venir doivent donc répondre à cette demande d’une Europe citoyenne où le Parlement prend sa place entière dans l’élaboration des orientations générales de l’Europe. La dimension parlementaire et citoyenne introduit, d’après Roland Ries, une « bonne dose de démocratie locale » dans le fonctionnement de l’Europe, et permet de surcroît d’éviter « des déboires » comme celui du référendum de mai 2005 en France, du NON néerlandais en juin 2005 et Irlandais de juin 2008.

Et comment ?

Pour concrétiser cette Europe des citoyens, le maire de Strasbourg plaide pour des projets de proximité. Ceux-là même qui sont visibles pour les citoyens et touchent leur quotidien. L’idée étant de briser quelques stéréotypes selon lesquels l’Europe est souvent pensée comme objet politique insaisissable, voire sans réel sens. Les exemples de projets s’inscrivant dans cette optique de proximité ne manquent pas selon le maire de Strasbourg: la santé aux transports en passant par les démarches administratives, les sports, les actions culturelles

Les Eurodistricts sont à la fois les pionniers et les laboratoires de la construction européenne. Et afin d’accélérer de telles initiatives, Roland Reis appelle à la mise en place du Groupement Européen de Coopération Territoriale. « Si cette base n’existe pas, la codécision ne sera pas possible. Car tous les voyages commencent par de petits pas ».