Sofia

Des événements culturels envahissent Sofia à l'occasion du 20e anniversaire de la chute de Mur de Berlin

Article publié le 6 novembre 2009
Article publié le 6 novembre 2009
Depuis un mois en Bulgarie, on parle du communisme plus que pendant les 20 dernières années, et de façon plus ouverte. Parution de livres, organisation d'expositions, concerts... Nous vous proposons une sélection d'événements culturels autour de ce sujet.

livre1Les livres “Mausolée” de Rouja Lazarova et “L'homme surveillé” de Vesselin Branev révèlent les impressions personnelles des auteurs sur la dictature communiste, mais aussi la réalité quotidienne de cette période. “Mausolée” décrit la façon spécifique par laquelle le régime socialiste et l'État écrasent l'individu. Les personnages principaux dans le roman sont “ceux qui résistent, ceux en qui la flamme de l'espoir continue de briller. Ils s'insurgent un jour et se soumettent le lendemain. Et ils reprennent ainsi le cours de leur vie tout en faisant partie intégrante du régime”. L'écrivain Rouja Lazarova fait partie de la génération de Bulgares qui émigrent après 1989. Elle choisit la France, et le français devient un véritable instrument de création. “Mausolée” est le troisième roman de l'auteur, et rencontre un vif succès dans les milieux culturels depuis sa présentation en France au mois de janvier dernier.

livre2„L'homme surveille” de Vesselin Branev est inspiré du travail des agents secrets de la Sûreté d'État. “Des souvenirs évoqués par des documents”- c'est ainsi que l'auteur lui-même défini son livre. C'est un roman documentaire qui représente non seulement la chronique d'un communisme immortel, mais aussi les aventures et le vécu d'un homme sensible, et pourvu de talent. Il n'est ni un saint, ni un dissident mais un martyr, qui sombre dans l'épicentre de la vie culturelle de la nation, ce qui provoque sa surveillance par les service secrets, et le projette dans un monde de doutes, de trahison et de mensonge commun. On y rencontre des vies mutilées, des destins brisés.

L'exposition “Le mur de Berlin et « ses émules » à travers le monde », d’Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, montre grâce à des photos comment même à présent, à l'époque de la mondialisation, et 20 ans après la chute des régimes communistes de l’Europe de l’Est, on continue d'ériger de nouveaux murs qui séparent les peuples. A part le Mur de Berlin, nous pouvons voir la « zone démilitarisée » entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, la « ligne verte » qui coupe l’île de Chypre en deux, les « lignes de paix » qui séparent des quartiers de Belfast en Irlande du Nord, le Berm, des murs de sable qui traversent le Sahara occidental du nord au sud, la « barrière » construite sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique, les « grillages de protection » des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla au Maroc, le mur électrifié sur la ligne de contrôle entre le Pakistan et l’Inde, ou encore la « clôture de sécurité » qui sépare Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie.

transitlandLa Maison rouge (centre culturel et de débat) présentait en trois parties le projet Transitland. Le public de Sofia pouvait découvrir des vidéos d'artistes de l'Europe Centrale et de l'Est filmées entre 1989 et 2009. L'initiative de l'Association InterSpace de Sofia est en collaboration avec le festival « Transmediale » de Berlin et le Ludwig Museum of Contemporary Art de Budapest. Une sélection d'une centaine de films, produits entre 1989 et 2009, autour du sujet du communisme relate les transformations de l'ère post-communiste en Europe Centrale et de l'Est. (Plus d'information sur www.transitland.eu )

svUn autre évènement particulièrement marquant pour la vie culturelle dans la capitale bulgare était le concert de Sylvie Vartan, le 28 octobre dans le Palais national de la culture. La chanteuse est encore enfant quand elle quitte sa Bulgarie natale avec sa famille. Échappant du “régime”, ils s'installent en France. La chanson “Maritza” est longtemps interdite en Bulgarie communiste. “Maritza” est l'expression du chagrin de cet exil, cela se traduit par des phrases telles que “les oiseaux s'envolent solitaires du pays natal pour retrouver quelque part loin la liberté”.

Valia Ivanova

traduit par l'auteur avec l'aide de Nicolas Le Baud