Société

Vilnius, la fervente

Article publié le 6 novembre 2007
Article publié le 6 novembre 2007
La capitale lituanienne regorge de lieux de culte, riches héritages de son passé marqué tout au long des siècles, par le nombre de religion qui ont pu co-exister.

Seule porte de la ville qui reste des fortifications bâties au XVIIème siècle, la Porte de l’Aube [‘Ausros Vartai’] est célèbre pour son tableau de la Bienheureuse Vierge Marie de la Miséricorde. Vénéré non seulement par les Lituaniens mais également par les Polonais, les Biélorusses et les Russes, ce tableau constitue un lieu de pèlerinage des catholiques et des orthodoxes. Comme on lui prête des vertus miraculeuses, l’image de la Vierge a aussi une signification symbolique, tout à la fois culturelle et politique, pour de nombreux Lituaniens.

Tous les recoins possibles et imaginables des murs de la Chapelle qui abrite le tableau ont été recouverts d’offrandes par les pèlerins avec des une multitude d’effigies représentant des cœurs surmontés d’une croix.

Les rayons qui émanent de l’auréole de la Vierge n’ont été couverts d’or qu’au XVIIème siècle, à l’initiative d’un forgeron parfaitement inconnu.

La chapelle a beau être minuscule, elle ne désemplit pas de croyants de tous horizons, comme en témoigne, de manière troublante, cette photographie.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, la ville de Vilnius était plus connue sous le nom de ‘Jérusalem lituanienne’. Il faut dire que les Juifs représentaient environ 40 % de sa population et que seule la Ville Sainte pouvait réaliser avec elle en nombre de synagogues. On n’en dénombrait pas moins de cent à l’époque alors qu’il n’en reste aujourd’hui plus qu’une.

Sur le fronton de la synagogue restante, on peut lire en hébreu : ‘une maison de prière est un lieu saint pour tous les peuples’. A bon entendeur, salut !

En pénétrant dans l’Eglise russe orthodoxe du Saint-Esprit, le visiteur est immédiatement frappé par l’utilisation, dans toute l’église, de couleurs vives et chatoyantes.

(Photo: Jorden Van der Ven)

Sous l’œil attentif d’un homme d’église, le batiment est sous bonne garde.

Le catholicisme est la première religion en Lituanie aujourd’hui.

Au vu de l’état de conservation des édifices, une telle affirmation est difficile à concevoir. Mais, dès lors qe l’on y regarde de plus près et qu’on prête attention à l’attitude des fidèles, le doute est levé. Dans la charmante Eglise de Saint-Nicolas, le contraste entre la ferveur populaire – magnifiquement illustrée par les dessins de Jésus réalisés par les enfants - et le délabrement de l’édifice est on ne peut plus saisissant.

(Photo: Jorden Van der Ven)

On a coutume de dire que la Lituanie est un pays où les superstitions font partie des traditions locales. Parmi les étonnantes coutumes du pays, une est tout à fait charmante que j’aie découverte en déambulant sur les ponts près d’Uzupis. La tradition veut que, le jour de leur union, les nouveaux mariés posent un cadenas sur le pont pour symboliser leur engagement. Puis, ils en jettent la clé dans la rivière serpentant en-dessous.