Société

The Bike Project : comment Londres aide les réfugiés à se déplacer

Article publié le 24 février 2016
Article publié le 24 février 2016

En 2015, un grand nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile ont débarqué en Europe. Une fois arrivés, le parcours du combattant commence avec les centres d’accueil et les démarches administratives. À Londres, l’association The Bike Project offre son aide aux réfugiés pour répondre à un problème quotidien : comment se déplacer dans une des villes les plus étendues et coûteuses d’Europe ?

Un des plus gros problèmes pour les demandeurs d’asile arrivés à Londres (hormis l’attente interminable pour obtenir ou non l’autorisation de rester dans le pays en tant que réfugiés) représente les transports publics. Londres est une ville qui s’étend sur une superficie de plus de 1500 km : il faut beaucoup de temps pour voyager d’un bout à l’autre de la ville. Et de l’argent.

Chaque demandeur d’asile reçoit 36 livres sterling (46 euros, nda) du gouvernement par semaine. Les procédures administratives pour examiner une demande de protection humanitaire peuvent durer des années. Mais pendant cette période, la personne ne peut pas travailler et, avec une aide financière aussi basse, payer les transports publics devient pratiquement impossible. Un abonnement de bus hebdomadaire (qui ne comprend donc pas les trains, le tram et le métro) coûte près de 21 livres sterling.

Jam le fondateur de The Bike Project nous raconte tout. The Bike Project est une association qui est née avec l’objectif d’aider les demandeurs d’asile à se déplacer dans la capitale anglaise avec un moyen de transport gratuit : le vélo. Sur les 5 années à venir, l’Angleterre accueillera près de 25 000 réfugiés syriens. ce projet va leur permettre d’économiser 20 pounds par semaines.

En plus des avantages pratiques, les bénéfices émotifs et intangibles sont également importants : ces personnes se sentent plus indépendantes et ont une meilleure estime d’elles-mêmes. Par ailleurs, l’exercice physique peut être bénéfique en cas de dépression ou d’anxiété, les réfugiés en souffrent souvent.

Tous les vélos sont récupérés parmi les 27 500 vélos abandonnés à Londres chaque année. Ou bien, ils sont donnés par des particuliers, des entreprises et des institutions locales à The Bike Project qui les délivre gratuitement aux demandeurs d’asile adhérés au projet. Mais chaque vélo a besoin de quelques ajustements et d’un entretien. C’est la raison pour laquelle Jam a décidé de se former directement auprès d’une cyclofficine spécialisée et l’association emploie désormais une équipe de mécaniciens à temps plein qui est prête à intervenir à tout moment.

Hormis quelques employés, l’association privilégie surtout le bénévolat. Tout le monde donne un coup de main à l’accueil et au tri des vélos. Et beaucoup s’essayent à la cyclofficine.

The Bike Project aide évidemment les demandeurs d’asile, mais aussi les employés. Un des employés à temps partiel est en effet un demandeur d’asile venant de l’Érythrée : aujourd’hui il est un des meilleurs mécaniciens de l’association.

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Cet article fait partie de notre série de reportages EUtoo 2015 sur les déçus de l'Europe, initiative soutenue par la Commission Européenne.