Société

Suède : une publicité sexiste...contre les hommes !

Article publié le 4 février 2011
Article publié le 4 février 2011
Interdire une publicité qui exhibe un homme comme un « pur objet sexuel » ? Il faut vraiment être Suédois pour entendre des choses pareilles... En France, malgré l'instance de déontologie publicitaire, les femmes de 45 kg en sous-vêtements occupent l'espace public et tiennent les hormones masculins en éveil. Pour les consommatrices féminines, rien ou très peu à signaler...
Les publicitaires français sont-ils plus pervers et misogynes que les suédois ?

Quand je me rends au boulot en vélo, j’ai souvent la chance de tomber sur une femme en sous-vêtements. Ce matin, c’était une femme Carrefour. C’est encore mieux quand je prends le métro. En ce moment, c’est la banque en ligne ING direct qui exhibe des culottes moulantes sur les murs sous-terrains. Les publicitaires ont une imagination débordante : mettre une femme en culotte pour un supermarché ou une banque, c’est fort. J’adore, mes hormones sont en ébullition avant même de débuter la journée.

« Pur objet sexuel »

EdifiantAlors c’est sûr, je suis content de ne pas habiter en Suède. Une publicité de l’opérateur de télévision Boxer vient d’y être interdite – tenez vous bien – parce qu’un homme est présenté comme « un pur objet sexuel dans un sens qui pourrait être jugé offensant pour les hommes en général ». Ah ! La Suède, pays de l’égalité des genres ! En France, les nanas dévêtues habillent nos murs en permanence mais chez eux, on en est déjà à l’heure où même les hommes ne peuvent plus être utilisés comme des objets d’attraction sexuelle pour vendre un produit. En Europe, il y a des Autorités de Régulation Professionnelle sur la Publicité (ARPP) dans 22 pays sur les 27 Etats membres de l’UE. N’en déplaise aux associations féministes comme les Chiennes de garde pour qui « les publicitaires renforcent les clichés sexistes », l’image de la personne humaine est protégée par cet organisme déontologique d’ « auto-discipline » qui compte en France 22 juristes-conseils. Chaque jour, ils évaluent 140 cas pratiques de publicités plus ou moins conformes à la charte déontologique qu’ils ont eux-mêmes rédigés, « en tenant compte de l’avis d’associations indépendantes présente dans le Conseil paritaire de la publicité », précise le directeur de l’ARPP Stéphane Martin.

Cours d'égalité sexuelle en maternelle !

Aucune trace d’associations féministes ni de mouvement de défense des droits des LGBT dans ce Conseil, mais reconnaissons à Stéphane Martin la franchise de reconnaître que « l’absence de défauts n’existe nulle part » : « La nudité en soi n’est pas interdite, précise-t-il d'ailleurs, comme s'il devinait que je fixais au quotidien des femmes canons en soutifs. Parfois, une simple position peut-être jugée dégradante pour la personne humaine ». Autre détail majeur : « Le contenu de la publicité doit être conforme au produit. » Ou plutôt devrait, car pour les Chiennes de garde, « les publicitaires utilisent des scènes de sexualité ou de violence pour n’importe quel produit (yaourt, voiture, etc.) » En cas d’abus, un jury déontologique de l’ARPP peut être saisi gratuitement par le citoyen lambda. Mais à l’heure actuelle, l’ARPP n’a jamais reçu de plainte pour une publicité montrant un homme dans une situation dégradante. Alors si ni la loi ni les instances de protection des consommateurs ne sont en cause, une seule chose peut expliquer la propension de femmes dénudées sur nos affiches de pubs : les publicitaires sont tous des obsédés. En Suède, on a trouvé la solution : dès la maternelle, les enfants sont éduqués à l'égalité : plus de poupées pour les filles et de voitures pour les garçons, chacun peut construire sa personnalité indépendamment des représentations sur les genres. Faut-il envoyer nos publicitaires y faire un petit stage ?

Illustration : Une : Impression d'écran de la publicité de Boxer interdite en Suède