Société

Steve Jobs, Apple et l’écologie : le ver est dans la pomme

Article publié le 7 octobre 2011
Article publié le 7 octobre 2011
Alors qu’une collection d’encensements défile sur la Toile à propos de Steve Jobs, un babélien attentif souligne que l’entreprise Apple, entre produits anti-écolos et consumérisme frénétique, n’est pas verte du tout.

Lire « iDead, Steve Jobs et les réseaux sociaux : rien que pour sa pomme » sur cafebabel.com

Encensé, magnifié, glorifié… De là où il est désormais, Steve Jobs doit certainement apprécier les torrents d’éloges qui font écho à sa mort : « Assez courageux pour penser différemment, assez audacieux pour croire qu’il pouvait changer le monde et assez intelligent pour le faire », selon Barack Obama. « Un des plus grands visionnaires de ce siècle », pour Nicolas Sarkozy. « Les gens comme Steve Jobs changent notre monde », a estimé Dimitri Medvedev. De Spike Lee à Eva Longoria, des dizaines de personnalités ont tenu à rendre hommage au fondateur de la marque à la pomme. Visionnaire, audacieux, intelligent, Steve Jobs l’était certainement. Mais l’énorme réaction médiatique suscitée par sa disparition doit aussi être l’occasion de nous interroger sur ce qu’est réellement la marque Apple, et sur les conséquences que ses produits ont aujourd’hui sur nos modes de vie ainsi que sur l’environnement.

Les conditions de travail déplorables à l’intérieur des ateliers seraient également à l’origine d’accidents mortels et de nombreux suicides.

En une décennie, les machines Apple ont conquis le monde. En pleine crise, la marque de Steve Jobs affiche des résultats insolents. Un chiffre d’affaire qui ne cesse d’exploser et des milliards de dollars de bénéfices. Mais pourtant, le bilan écologique d’Apple est terrible. Pour construire ses téléphones et ses ordinateurs, l’entreprise fait appel à des constructeurs situés en Chine, qui travaillent eux-mêmes avec des sous-traitants. Les associations écologiques estiment qu’Apple est ainsi responsable de pollution à grande échelle, et qu’elle participe aussi aux conditions de travail déplorables qui règnent dans ces usines au fonctionnement opaque. Dans plusieurs régions de Chine, une pollution massive des sols, de l’eau et de l’air est pointée par de nombreux rapports. Pollution qui affecte fortement les ouvriers de ces usines. Les conditions de travail déplorables à l’intérieur des ateliers seraient également à l’origine d’accidents mortels et de nombreux suicides. Si Apple n’est pas la seule compagnie à faire appel à ces fournisseurs, la marque à la pomme est doublement responsable : ces conditions sociales et environnementales déplorables sont directement liées aux prix très faibles qu’elle exige de ses fournisseurs, et la firme est une des plus opaques quand il s’agit de communiquer sur ces questions. D’autant plus qu’elle n’hésite pas à vanter son image de marque écologiquement et socialement responsable.

Ainsi l’annonce de la mort du fondateur d’Apple, amplifiée par des médias eux-mêmes influencés par Internet et les technologies qu’ils utilisent, ne doit pas nous empêcher de porter un regard critique sur l’impact qu’ont ces produits magiques sur nos vies et sur le monde. 

Photo : Une(cc)i.hoffman/flickr