Société

Service volontaire européen : mode d’emploi

Article published on 2 décembre 2008
Article published on 2 décembre 2008
Le Service volontaire européen est un programme pour les jeunes de 18 à 30 ans mis en place par la Commission européenne. Comment participer ? A qui s’adresser ? Quelques témoignages et les « bons plans » pour réussir.

Enrôlée presque par hasard après avoir entendu parler du programme grâce au bouche-à-oreille, je me suis retrouvée dans un petite village du sud de l’Angleterre, à travailler dans un centre d’aide aux personnes handicapées. Mon objectif ? Donner mon maximum : il y avait tant de choses que je ne savais pas à propos des handicaps physiques et mentaux… Alors, je me suis concentrée sur l’aspect humain et en cherchant à aider ces personnes à se distraire et à rire avec moi. Ces six mois intenses et pas toujours faciles m’ont donné l’opportunité de travailler dans un environnement nouveau, de connaitre un style de vie « à l’anglaise », complètement différent, d’apprendre une langue et de me faire des amis : c’est une expérience qui m’a fait grandir ! Et je ne suis pas la seule…

Hervé et Simone : se découvrir soi-même

Hervé est Français. Il s’est expatrié en Italie pour son SVE : « Mon expérience en volontariat m’a permis de me développer personnellement, et la confiance que les personnes impliquées dans le projet m’ont accordée m’a aidé à trouver ma propre voie. On pourrait comparer cela à un « rite de passage » : on devient adulte, on surmonte les premières difficultés, on acquiert de l’autonomie et de la confiance en soi. » Et pour Simone, en Espagne, c’est le contact avec une autre culture qu’il garde en souvenir : « Pendant six mois, j’ai été au contact d’une langue, de lieux et de visages nouveaux : un mélange de situations qui m’ont fait découvrir une nouvelle culture au quotidien, voyager sur les routes et me faire des amis « on the road », jusqu’a ce que je me découvre moi-même, apprenne à me connaitre et en sorte grandi. »

Michela et Cristina : crash des cultures

« Je dirais que le SVE a radicalement change ma vie, poursuit Michela en Hollande, il a bouleversé les choix que j’avais fait avant de partir. Je suis très reconnaissante d’avoir pu participer au programme car cela m’a ouvert les yeux sur ce que je voulais faire, ou plutôt sur ce que je ne voulais pas faire. » Manola, après un SVE en Grèce, confirme à son tour : « J’ai eu la possibilité de connaitre et d’échanger des expériences avec des jeunes venant d’autres pays de l’Union européenne, de mieux me connaitre, d’accroitre mes capacités d’adaptation et d’apprendre à cohabiter en partageant quelque chose. »

« Ce séjour a l’étranger est une alternance entre le défi quotidien d’apprendre à faire des choses nouvelles, l’opportunité de rencontrer des personnes aussi différentes que stimulantes et, parfois, d’inévitables et compréhensibles difficultés : les moments de frustration linguistiques, le mal du pays, les incompréhensions entre des cultures différentes mais aussi la fatigue psychologique et personnelle… », conclue Cristina, en Ecosse. 

Service volontaire européen : mode d’emploi

Les raisons qui poussent à entreprendre une telle aventure sont nombreuses : certains veulent faire l’expérience de la vie loin de la maison, d’autres en font un défi personnel ou veulent vivre une expérience professionnelle. Il s’agit aussi d’apprendre une nouvelle langue ou découvrir de nouveaux horizons. Néanmoins, à la base, il doit y avoir une volonté de consacrer une période de sa vie aux autres, au projet et à une communauté d’accueil. 

Il est important de bien choisir son projet : prenez votre temps, recueillez des informations, parlez-en avec des personnes ayant déjà participé, contactez les associations d’anciens volontaires de votre pays. Il se peut que le projet ne corresponde pas tout à fait à vos attentes : il faut essayer quand même ! Et si vraiment le projet ne se déroule pas bien, il ne faut pas hésiter à en parler aux responsables. Ce ne sont pas des vacances : la période de volontariat requiert encore plus d’engagement et d’énergie qu’un travail normal. Gardez à l’esprit que vous serez dans un pays nouveau, avec un nouveau travail et de nouveaux amis. 

Quelque soit le pays et ses habitudes, il vous faudra souvent faire preuve de flexibilité, d’esprit d’adaptation, de respect et de tolérance. C’est ce qui rend la rencontre avec d’autres personnes si belle. Considérez cette expérience comme une grande opportunité de lier de nouvelles amitiés, de voyager et de grandir sur le plan personnel, éducatif et professionnel !

Le SVE en chiffres

Il suffit d’avoir entre 18 et 30 ans (certaines exceptions sont possibles) et l’envie de faire une expérience de volontariat à l’étranger pour une période de 6 à 12 mois. Entre 2000 et 2006, ils sont 26 000 jeunes Européens à avoir déjà pu bénéficier du Service volontaire, en prenant part à des projets dans des secteurs aussi divers que la culture, la jeunesse, le sport, l’assistance sociale, l’art ou la protection de l’environnement, selon un rapport de l’institut de la jeunesse et de l’éducation populaire française. Pour vous faire une idée plus précise, allez jeter un œil sur le site de la Commission européenne et en particulier à la base de données rassemblant l’ensemble des projets.