Société

Roms en France : un anglais refuse la tragédie

Article publié le 18 novembre 2013
Article publié le 18 novembre 2013

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls essaie de tirer profit de la méfiance de l'électorat français envers la population roumaine. Ses camarades membres du Parti socialiste protestent pour affirmer leurs croyances libérales. Toutes ces gesticulations politiques éloignent l'attention de la vraie tragédie humaine

Sous la tour Eiffel, une femme me demande si je parle anglais. Bien sûr, je comprends seulement le français. Ici, ceux qui parlent leur langue maternelle, sont encerclés. Parmi la foule, on compte des familles malades, un projet étudiant. La main est tendue pour quelques pièces. La pauvreté est réelle, les enfants sont maigres. Les touristes tiennent fermement leur porte-feuilles en main, et ignorent la foule alors que le ressentiment augmente entre les riches et les Roms

« LA VIOLENCE VERBALE EST UN RITE DE PASSAGE »

La communauté des gens du voyage est fréquemment étiquetée en France comme « le problème des Roms », et la solution la plus populaire est la fermeté de la police. La semaine dernière, une écolière Rom, Leonarda Dibrani, a été arrêtée devant ses camarades d'école, entraînant des manifestations dans Paris. Après avoir reçu des excuses du Président, François Hollande, elle est restée au Kosovo, où sa famille affirme avoir été agressée. 

Le racisme sévit et le gouvernement prétend les soutenir, mais pour beaucoup de Français les Roms sont indésirables. Ils ne sont pas associés qu'à des délits mineurs mais à des attaques violentes et chaque Parisien a son histoire. La violence verbale est un rite de passage, la violence physique un signe d'honneur. « Un jour un Rom m'a demandé du feu, et m'a craché dessus quand j'ai refusé », me rappelle un ami.

L'idée selon laquelle les Roms seraient poussés vers la criminalité par les circonstances est à considérer avec peu de crédit. Ce qui est sûr, c'est que la pauvreté est abjecte, et les rues les plus cossues de Paris accueillent souvent les plus pauvres résidents. Sur le Boulevard Saint-Michel, parmi la foule, se tient un enfant. Sale et sous-alimenté, il est suspecté d'être un pickpocket. A l'écart, une femme mendie près d'un distributeur de billets. Les Parisiens chics et branchés passent et n'ont ni le temps ni l'argent. Sur le ce même boulevard, les enfants des familles roms pissent en face des boutiques. Sur les Champs Elysées, des hommes prient sur le trottoir. Leurs vêtements sont déchirés et un voile recouvre leurs visages. Ils mettent mal à l'aise car considérés comme « imprévisibles » par la plupart. Ils offrent une tasse avec quelques pièces, en baissant les yeux. 

Les Politiques amusent la galerie 

Ce n'est pas naïf d'attendre d'un pays qui dépense dix milliards d'euros pour la création d'emploi, de fournir du travail en soutenant les moins fortunés. Ce n'est pas non plus idéaliste d'attendre que la France réponde à ses résidents, sans avoir recours à des allégations d'immigration illégale. En dépit de cela, des décennies de xénophobie continuent d'influencer les décisions du gouvernement - marquées par les années Sarkozy notamment. Pendant ce temps là, l'expulsion de nombreux voyageurs est qualifiée de « discrimination » par la Cour Européenne des Droits de L'Homme.

L'actuel ministre de l'Intérieur, socialiste, Manuel Valls a provoqué quelques froncements de sourcils en perpétuant l'approche de Sarkozy sans bon sens et en affirmant : « les Roms doivent retourner dans leur pays ». La cause profonde de la pauvreté est rarement abordée, que ce soit dans l'opinion publique, ou au sein de la sphère politique. A côté de l'UMP, le Front National traite les Roms avec son racisme habituel. 

Tandis je marche sur les bords de la Seine, une Rom me demande de l'argent.

Je suis resté à Paris assez longtemps, et je refuse cette situation. La rue rit quand une femme proteste en criant. Son intention est claire, même si les mots ne le sont pas. Tout ce que je trouve bon là-dedans, c'est que j'ai finalement une histoire a raconter.