Société

Rentrée : des commissaires prêts à en découdre

Article publié le 6 septembre 2007
Publié dans le magazine
Article publié le 6 septembre 2007
Leonard Orban, Javier Solana, Neelie Kroes et Mariann Fischer-Boel comptent parmi les décideurs politiques communautaires qui vont donner du grain à moudre aux journalistes les mois à venir.

Les politiciens aussi font leur rentrée des classes. Pour certains, elle s’accompagne de devoirs à rendre, qui risquent de faire couler beaucoup d’encre. Nouveaux commissaires, nouveaux traités et nouvelles réformes de la politique agricole : voici les visages qui alimenteront la polémique dans les prochains mois.

Leonard Orban

Ce Roumain de 46 ans est le plus jeune commissaire européen. Le portefeuille qu’il occupe, consacré au Multilinguisme et à la défense du Dialogue Interculturel a été créé en 2007, spécialement à son intention, ne manquant pas de susciter la polémique. Beaucoup le considèrent comme une coquille vide de contenu. En dépit des critiques, Orban passera à l’offensive dès cet automne, en présentant son programme d’action en faveur du dialogue interculturel et la promotion du multilinguisme.

En arrivant sur le site web de la Commission européenne, l’internaute se voit d’ores et déjà proposer une question de sondage : ‘Pensez vous que l’Union européenne devrait faire plus pour encourager le dialogue interculturel ?’ Qui répondrait le contraire ? Avec des questions d’une telle banalité, il sera difficile à Orban de soulever l’enthousiasme du public européen à l’égard de sa politique.

Javier Solana

L’actuel responsable espagnol de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) depuis 1999 détient le record de longévité au ce poste de haute responsabilité de l’Union européenne. Le 18 octobre prochain, lorsque sera décidée la rédaction définitive du nouveau Traité européen, une nouvelle figure devrait voir le jour : celle de responsable de la politique étrangère européenne, vice-président de la Commission européenne. Il sera une sorte de ministre des Affaires étrangères de l’Union.

Tous les pronostics indiquent d’ailleurs que c’est Solana qui occupera cette fonction. Son parcours politique, d’abord comme ministre espagnol, puis comme secrétaire général de l’OTAN avant de devenir « Monsieur PESC », plaide certes en sa faveur, mais à 65 ans, le temps de la retraite n’a t-il pas sonné ? D’autres personnalités se profilent à mesure que les semaines avancent. Les noms illustres ne manquent pas : Jean-Claude Juncker ? Pascal Lamy ? Tony Blair ? …

Neelie Kroes

A 66 ans, la Commissaire européenne à la concurrence est une Hollandaise rodée aux levées de bouclier depuis sa nomination au poste. Là, elle endosse en quelque sorte le rôle de ‘vilain flic’ de la Commission, dans la mesure où c’est elle, en tant que responsable de la protection de la libre concurrence sur le marché intérieur, qui déclenche les sanctions économiques à l’égard des entreprises coupables d’abus de position dominante.

La société espagnole 'Telefónica' vient ainsi d’en faire les frais et s’est vue infliger une amende de 151 millions d’euros pour abus « très grave » de sa position dominante. A en croire Bruxelles, les consommateurs espagnols paient 20 % de plus que la moyenne européenne leur accès au haut débit, alors que l’indice de pénétration y est 20 % inférieur. Telefónica assure « n’avoir enfreint aucune règle ». Ce à quoi Kroes a répondu qu’elle « n’accepterai[t] pas que les entreprises dominantes fixent des prix qui mettent en échec la libéralisation des télécommunications ».

Prochaine cible : France Télécom, qui doit faire face à une amende de 60 millions pour les mêmes raisons. Par la suite, Kroes prévoit de faire de même avec le marché de l’énergie. GDF, E-On, Enel : tenez-vous prêts !

Mariann Fischer-Boel

A 64 ans, ce membre du Parti libéral danois est la Commissaire européenne à l’Agriculture. Elle a d’ores et déjà annoncé que 2007 serait l’année de la réforme de la Politique agricole commune (PAC). En attendant, elle vient d’indiquer que les budgets généraux communautaires pour 2008 consacreront une première historique : les dépenses consacrées à l’agriculture et aux ressources naturelles seront pour la première fois inférieures à celles destinées à la croissance économique.

Si ce projet est adopté en décembre, les premières représenteront 43,6% du total, tandis que les secondes atteindront 44,2 %. Par ailleurs, à l’approche des vendanges, les viticulteurs vont devoir se déterminer sur la récente réforme des aides à la production de vin, proposée en juillet. Au cœur des discussions : des aides pour l’arrachage de vignes, la suppression de restrictions pour la plantation, l’interdiction d’utiliser du sucre pour augmenter le degré d’alcool des crus, ou encore de nouvelles exigences en matière d’étiquetage.

En 2003, la réforme de la PAC au sujet de produits tels que les céréales ou le lait avait été avalisée, mettant en place des quotas de production stricts pour les 27. Aujourd’hui, les prix du lait et de la farine augmentent considérablement, mais Fischer-Boel préfère « responsabiliser les magasins » dans lesquels achète le consommateur final.