Société

Quand je serai grand, je veux faire comme mon papa, président !

Article publié le 14 octobre 2009
Article publié le 14 octobre 2009
Le gène de la politique se transmet-il de père en fils ? Oui, comme le carnet d’adresses… L’affaire Jean Sarkozy vu par un Espagnol.

« Jean n’a même pas encore terminé ses études, son génie prématuré ne semblant pas s’être manifesté de la même manière dans sa vie étudiante »

Des palais royaux européens à Dallas, les sagas familiales et leurs histoires savoureuses ont toujours suscité l’intérêt de l’opinion publique. Certains « fils de » se plaignent de la célébrité de leurs géniteurs : elle éclipserait leur véritable valeur, selon eux, puisqu’ils ne peuvent éviter les comparaisons et les soupçons de copinage (pauvre Enrique Iglesias). Cependant, dans d’autres milieux, le poids de la génétique semble beaucoup plus supportable. C’est le cas en politique : souvent, de pères en fils, on a cette profession dans le sang, tout comme le carnet de contacts (sûrement plus utiles que les gènes).

Dernier exemple de cette prédisposition génétique : le fils du président français, Jean Sarkozy, qui fait preuve d’une précocité surprenante. Junior, comme on l’appelle ironiquement en France, a présenté sa candidature à la présidence de l’Epad, l’établissement public qui gère l’important quartier d’affaires parisien de La Défense. A seulement 23 ans ! De plus, le deuxième rejeton de Sarkozy est déjà conseiller municipal de la ville bon chic bon genre de Neuilly-sur-Seine (dont son père a été maire de 1983 à 2002) et conseiller général du département des Hauts-de-Seine. Pour couronner le tout, Jean n’a même pas encore terminé ses études, son génie prématuré ne semblant pas s’être manifesté de la même manière dans sa vie étudiante.

Pourquoi une telle polémique ?

(gunthert/flickr)La polémique est lancée : les opposants accusent son père de favoritisme et ses partisans dénoncent la persécution dont est victime le petit à cause de son nom (j’en ai presque les larmes aux yeux). Pourtant, quoi de neuf, franchement ? Plus personne ne s’étonne donc que les mêmes noms se répètent dans les pages politiques des journaux, génération après génération ? (Il me vient à l’esprit l’exemple « Mitterrand », le nom de François, un ancien président français, qui est aussi celui de Frédéric, le ministre de la culture actuel, son neveu).

Alors pourquoi faire passer le pauvre Jean par des postes de seconde catégorie si nous savons déjà où il va finir ? Autant zapper tout le processus, c'est ce qu'a dû penser son père (peut-être conseillé par le parrain du fiston, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur français – on reste en famille !) La véritable nouveauté, en fait, est que Jean est jeune et qu’il n’est pas passé par les grandes écoles (surtout en France, un pays où les énarques, les étudiants de l’ENA, Ecole supérieure d’administration, s’accaparent la plupart des postes publics à responsabilité). Un simple défaut de protocole. Dommage que d’autres jeunes (et des femmes aussi, car il semble que les gènes de la politique passent dans la plupart des cas par le chromosome Y) diplômés d’écoles moins pompeuses et avec des noms plus banals ne puissent accéder au poste que vise Junior. Et dire que certains Bac+5 rament au chômage…