Société

Pulse of Europe : les Européens contre-attaquent

Article publié le 23 mars 2017
Article publié le 23 mars 2017

L'Ode à la joie en fond sonore, des drapeaux bleu marine dans toutes les rues et un (euro-)enthousiasme affiché partout. Tous les dimanches dans plusieurs dizaines de villes européennes sont organisées des manifestations en soutien au projet européen. Mais en cette période de populisme et d'euroscepticisme, qui peut encore croire en l'Europe ? Nous avons rencontré Pulse of Europe.

Tout a commencé à Francfort où, en novembre dernier, quelques avocats ont décidé de sérieusement s'activer pour sauver l'Europe. En effet, l'élection de Donald Trump, les résultats du référendum sur le Brexit, sans oublier l'euroscepticisme et le populisme croissants sur le Vieux Continent les ont poussés à quitter le confort de leurs bureaux.

Même si les premières manifestations à Francfort et à Fribourg ne comptaient que quelques dizaines de personnes, les organisateurs n'ont pas pour autant baissé les bras. Avec l'aide de leurs contacts professionnels, de leurs amis et des réseaux sociaux, ils ont décidé de continuer et même d'en faire une nouvelle tradition. Avec le temps, de plus en plus de villes accueillaient chaque dimanche ces événements. Rapidement, les organisateurs ont appelé leurs connaissances à l'étranger à se mettre également en marche. C'est ainsi que le mouvement européen atteignait Vienne et Amsterdam, puis la France

« Les organisateurs de Francfort m'ont appelé, et ils m'ont dit qu'il fallait faire quelque chose de similaire en France, explique Aurélien, responsable de Pulse of Europe France. On a commencé à Paris, et puis comme ça a été le cas en Allemagne, des gens d'autres villes m'ont contacté et ont proposé leur aide. »

Le mouvement européen s'est alors emparé de Strasbourg, Montpellier, Lyon et Toulouse. En ce qui concerne la fréquentation des manifestations, elle varie dans toute l'Europe. Plusieurs manifestations ont eu lieu, en particulier à Francfort et à Berlin, mais elles rassemblent toujours plusieurs dizaines à plusieurs centaines de participants. « Honnêtement, entre 100 et 200 personnes, c'est déjà pas mal. On compte sur le fait que de plus en plus de gens viennent à chaque fois. Ça marche comme ça en Allemagne, ça marchera aussi comme ça en France », affirme Aurélien.

Toutefois, ces chiffres ne sont pas très impressionnants comparés aux récentes manifestations en Roumanie et à leurs centaines de milliers de participants. Peut-être que les idées que représente l'Union européenne sont simplement trop abstraites ? 

« Je ne suis pas d'accord, elles ne pourraient pas être plus concrètes. Prenons la paix, par exemple. Si vous avez oublié la réalité de la guerre, vous devriez suivre de près ce qu'il se passe en Ukraine, ou vous rappeler de ce qu'il s'est passé il n'y a pas si longtemps en ex-Yougoslavie. Oui, la paix est très réelle, mais n'oublions pas les autres valeurs de l'Union : la liberté, les droits de l'homme...», nous rappelle Aurélien avec enthousiasme.

Malgré une faible fréquentation, les manifestations de Pulse of Europe sont diverses et font parler d'elles. L'Ode à la joie y est toujours de la partie. Les drapeaux, les ballons et les banderoles affichent tous les couleurs de l'Union. Selon Aurélien, cet engouement a une bonne raison : « Au final, l'idée est de permettre aux gens qui soutiennent l'Europe et qui souhaitent la défendre de s'exprimer. Aujourd'hui, ils ne sont pas suffisamment représentés. Les hommes politiques de nombreux pays, dont la France, ne présentent pas l'Europe comme une solution aux problèmes », ajoute-t-il.

Cet amour envers l'Europe n'est pourtant pas aveugle : « Chez Pulse of Europe, nous pensons également qu'il faut critiquer et réformer l'Union européenne. De nombreux problèmes et dysfonctionnement persistent. L'UE a perdu contact avec ses citoyens ces dernières années, c'est ça le vrai problème. Le but de notre mouvement est d'encourager les politiques à arrêter de blâmer Bruxelles, d'autant plus que nous savons très bien que les décisions les plus importantes sont prises au niveau national, et non au niveau européen. Maintenant, ils doivent se retrousser les manches et travailler à une Europe plus efficace », conclut-il. 

Pulse of Europe n'est pas la seule initiative pro-européenne. À l'occasion du soixantième anniversaire de la signature du traité de Rome, l'un des traités fondamentaux de l'intégration européenne, une manifestation est prévue le 25 mars dans la capitale italienne.