Société

Pourquoi les hommes allemands ne savent-ils pas draguer? Un Allemand riposte

Article publié le 3 novembre 2011
Article publié le 3 novembre 2011
J’ai découvert il y a quelques jours sur le net un article intitulé « Pourquoi les hommes allemands ne draguent-ils pas ? ». Le titre émanait d’une jeune britannique, qui relatait les expériences qu’elle avait vécues avec les hommes allemands. Je lis souvent des récits écrits par des femmes indiquant que l’Allemagne est un pays en voie de développement en ce qui concerne la drague.
Mais à quoi cela est-il du et surtout : où sont les femmes émancipées en matière de flirt ?

A en croire les médias nationaux, il semble en effet que ce soit morne entre les sexes en Allemagne. Car ceux-ci n’arrivent pas à se trouver. On peut souvent lire ou entendre cette phrase : « Il y a aujourd’hui beaucoup plus de célibataires qu’auparavant ». Ceci n’est pas réellement prouvé, mais si on participe de façon plus attentive à la vie d’une grande ville allemande, alors on peut facilement approuver ce dire.

Être célibataire n’est en soi pas un problème. Celui qui aime la liberté et qui veut éviter d’endosser la responsabilité d’une relation, apprécie la vie de célibataire moderne. A en croire les médias allemands, ce n’est cependant pas le cas pour la plupart des célibataires en Allemagne. Les hommes veulent des femmes, les femmes veulent des hommes, mais il y existe beaucoup plus de célibataires qu’autrefois. Alors d’où vient le problème ?

Le désert du flirt en Allemagne

Le côté féminin du problème est souvent et très précisément rendu public dans les médias, tout comme dans le commentaire évoqué de la jeune Britannique à Berlin qui ne veut tout simplement pas aborder les hommes allemands. Ne nous racontons pas d’histoire : elle a raison ! De nombreux hommes n’ont aujourd’hui absolument plus aucune idée de la façon dont ils doivent établir le contact avec une femme.

Nous devons laisser tomber cette critique véhiculée par les femmes, dont l’origine pourrait en partie tenir au féminisme qui nous présente, nous les hommes, comme des hommes de Néandertal.

Comme nous, les hommes, aimons les choses pragmatiques, il serait à vrai dire totalement notre style d’aborder une femme attractive. La plupart des hommes préfèreraient pourtant à l’évidence jongler avec des tronçonneuses que d’accoster une jeune inconnue. Nous devons laisser tomber cette critique véhiculée par les femmes, dont l’origine pourrait en partie tenir au féminisme qui nous présente, nous les hommes, dans ses formes les plus extrêmes, comme des guerriers ou comme de violents et insensibles hommes de Néandertal. Ou qui suggère constamment que nous ne voyons les femmes que comme objets de désir. Ou encore qui présente les femmes comme des déesses infaillibles, face auxquelles on aurait, en tant qu’hommes, hérité d’une tare à la naissance.

Je suis certes ingénieur en économie, et non psychologue, mais je pourrais m’imaginer la chose suivante : si l’on prend ces reproches et qu’on les mêle à une masse immense de médias auxquels la population est continuellement confrontée, alors cela pourrait théoriquement mener, petit à petit, à un comportement apeuré et asexué des hommes vis à vis des femmes.

Cette théorie audacieuse semble déjà avoir pris, car il existe un nombre important de séminaires sur le thème de la drague dans lesquels la recette du succès s’appelle purement et simplement « virilité ». Cela n’a pas grand-chose à voir avec la guerre et le harcèlement sexuel, mais plutôt avec la confiance en soi, l’ouverture et le respect qui sont les thèmes abordés lors de ces séminaires.

Que les hommes se penchent sur ce problème

Ils investissent beaucoup de patience, et souvent aussi une forte somme d’argent pour apprendre à aller vers les femmes en se montrant ouvert et tendre. Que se passe-t-il du côté des femmes ? La récolte de l’émancipation, celle qui a donnée assez de confiance aux femmes pour aborder les hommes n’est-elle pas finie ? Apparemment non, car parmi une multitude de femmes, une seule ose aller vers les hommes. En effet, du côté des femmes, le vieux principe selon lequel l’initiative du flirt doit être prise par les hommes règne encore aujourd’hui. On note moins de tentatives d’approche du côté du front féminin. Mais bon. Cela a toujours été le cas et cela a toujours marché.Mais, au lieu de s’approcher des hommes, les femmes semblent s’en éloigner de plus en plus.

Jadis, une femme témoignait au moins ses intérêts à un homme à travers des gestes subtiles – aujourd’hui, les femmes lancent au mieux un regard furtif aux hommes devant leur faire comprendre qu’ils les intéressent. Il est donc peu étonnant que ce regard n’attire pas l’attention des hommes, ou même qu’il soit ignoré. La femme émancipée reste donc passive et reçoit rarement l’attention des hommes qui l’intéressent vraiment. Elle reçoit en revanche plus d’attention de ceux qui ont bu pour se donner du courage afin de l’aborder malgré tous les reproches exprimés par le féminisme.

Si une femme me demandait pourquoi on ne l’aborde pas, je lui donnerais le conseil que l’auteur et coach en séduction Maximilian Putz a instigué à une auditrice sur SWR : cela ne doit pas être le devoir de la femme, de prendre l’initiative et d’aborder les hommes. Elle devrait toutefois lui témoigner un intérêt, en lui souriant tout simplement. Cela doit être une vraie recette magique, car aussi bien l’auditrice que les autres femmes auxquelles j’ai donné ce conseil et qui l’ont appliqué, étaient totalement étonnées de la façon dont beaucoup d’hommes intéressants les ont abordées.

Nous devons laisser tomber la critique selon laquelle la majorité des hommes allemands éprouve des difficultés à aller vers les femmes. Les femmes sont, malgré toute leur émancipation, encore bien loin d’endosser le rôle de prédateur sur le terrain de la drague.

Mais même s’il est typiquement allemand de chercher la source des erreurs chez les autres, les sexes ne seront plus réunis à nouveau. Il est ici explicitement question d’autocritique et de développement personnel. De nombreux hommes ont déjà commencé en Allemagne. Il est peut-être temps maintenant, que les femmes commencent aussi.

Photos : Une(cc)Solokom/flickr; Emanzipation (cc)cliff1066™/flickr; Video (cc)WirSindHeldenVEVO/YouTube