Société

Pourquoi la Résolution 1701 a échoué et doit être rejetée

Article publié le 24 août 2006
Article publié le 24 août 2006
Votée le 12 août par le Conseil de sécurité de l’ONU, la Résolution 1701 vise à faire cesser les hostilités entre Israël et le Hezbollah au Liban. Selon l’ONG Palestine Solidarity Campaign, cette décision ne fera qu’ajouter de l’huile sur le feu.

La communauté internationale se comporte comme la soubrette de l’expansion de l’impérialisme israélien, via les Nations Unies. Une attitude que l’on perçoit clairement dans la rédaction et les implications de cette Résolution 1701, qui fournit les bases d’une résolution du conflit au Liban.

La reconnaissance des vraies victimes

La résolution demande la libération immédiate de 2 soldats israéliens mais elle n’exige pas d’Israël qu’elle relâche les prisonniers libanais. Le texte laisse finalement Israël libre de décider du sort de ces prisonniers. Par ailleurs, la résolution ne mentionne à aucun moment le sort de plus de 9 000 Palestiniens et Libanais, emprisonnés dans les geôles de l’Etat hébreu.

La Résolution 1701 dépeint les tanks, les destroyers, les sous-marins, les armes chimiques et nucléaires israéliennes comme les victimes.

Or 1 300 personnes innocentes ont été aveuglément et sauvagement tuées au cours du mois dernier. Israël a bombardé des écoles, des lotissements, des hôpitaux, des stations d’épuration, en laissant un héritage de bombes intactes qui tueront ou mutileront au cours des années à venir. Les Libanais sont les victimes.

La Résolution 1701 déclare qu’une force internationale doit être envoyée au Liban pour préserver la paix ». Pourtant, les Libanais n’accepteront jamais une occupation de leur territoire par des troupes étrangères.

Un tel déploiement serait jugé inacceptable car ces forces proviennent d’anciennes puissances coloniales comme l’Italie, la France et les héritiers de l’Empire Ottoman. Pour les Libanais qui ont un fort sens de l’histoire, cette occupation ne représente en aucun cas une option.

Il y a quelque chose d’hypocrite dans la stratégie d’Israël : l’Etat hébreu cherche à s’attirer le soutien international en vue de sa politique militaire d’expansion.

Les Israéliens n’ont pas hésité à demander que l’ONU intervienne alors qu’Israël a elle-même violé quelques-unes des résolutions déjà édictées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. L’une de ces décisions notamment, exigeait qu’Israël se retire de la côte Ouest et revienne à la frontière fixée en 1967.

L’ONU aurait du mal à sermonner le Liban au sujet des violations des résolutions prises au sein du Conseil de sécurité quand Israël s’est souvent rendue coupable de cette infraction.

Un plan de paix viable

La paix au Moyen-Orient ne sera effective qu’une fois que les forces étrangères seront parties. Néanmoins, la Résolution 1701 entend inverser le processus en envoyant encore plus de troupes en terre arabe, prolongeant ainsi le conflit dans la région.

Il est évident désormais que la Résolution 1701 ne fera rien pour la paix : elle amènera plus de carnage, de souffrances, de bains de sang et de larmes. Elle ne protège pas les victimes et donne les pleins pouvoirs aux agresseurs. Le texte ne fera rien pour engager des pourparlers de paix entre Israël, le Liban et la Palestine.

Pour qu’il y ait une paix viable au Proche-Orient, les instances progressistes européennes doivent faire cause commune avec les groupes israéliens qui s’opposent aux actions de l’Etat hébreu. Il faut aider ceux qui, depuis Israël, cherchent à réformer cet avant-poste militarisé de l’impérialisme américain en un gouvernement viable, co-existant pacifiquement avec ses voisins.

L’Etat d’Israël est une réalité : toutes les solutions qui ne prennent pas ce fait en compte sont vouée à l’échec. Si l’Union européenne ne peut stopper l’agression israélienne, elle est en mesure d’obliger Israël à en payer le prix économique. C’est la moindre des choses que nous devons aux Libanais et aux Palestiniens.