Société

Père Fouettard

Article publié le 3 décembre 2009
Article publié le 3 décembre 2009
«Il va se passer quelque chose demain, les enfants»… Des coups de fouet pour les pourris gâtés !

« As-tu ton bâton avec toi ? »

« J’ai répondu : ‘le bâton que j’ai, n’est que pour les enfants qui ne sont pas sages, et il saura bienoù taper’ »

C’est ainsi que le petit Jésus présente le Père Fouettard, la figure maléfique de Noël par excellence en Europe, dans le poème de Théodor Storm intitulé Knecht Ruprechts. En effet, d’après une tradition datant de la fin du Moyen-âge, Saint-Nicolas, qui remplit les bottes cirées des enfants pendant la nuit, n’est pas le seul visiteur du 6 décembre. Il trimbale avec lui son alter ego négatif, qui a pour mission d’inculquer les bonnes manières aux petits Européens. Tout cela pour qu’ils ne deviennent jamais des petits monstres pourris gâtés.

C’est également la mission de ses collègues des pays voisins Hans Trapp en Alsace, Zwart Piet (« Pierre le Noir ») aux Pays-Bas et sa version « hardcore », le Père Fouettard dans le Nord-Est de la France. Aux quatre coins de l’Europe, on dit que le Père Fouettard est souvent représenté en noir pour avoir l’air vraiment effrayant. En Belgique et en Hollande, il prend l’apparence d’un esclave noir vêtu d’un habit multicolore. C’est peut-être à cause de sa silhouette sombre qu’il est également appelé Schmutzli en Suisse, un personnage qui distribue du charbon et de la betterave à sucre à la place des bonbons.

Dans l’Europe centrale catholique, comme par exemple en Autriche, en Hongrie ou en République tchèque, la tradition païenne a donné naissance au Krampus, un personnage au visage diabolique surmonté de cornes qui n’hésite pas à donner la fessée aux enfants mal élevés. Faites bien attention, car le Krampus apparaît de préférence en groupe. Encore aujourd’hui ont lieu dans de nombreuses villes des défilés traditionnels durant lesquels des silhouettes masquées parcourent les rues.

Alors que Saint-Nicolas recule petit à petit dans les régions européennes protestantes face au petit Jésus, son compagnon le Père Fouettard fait vaillamment de la résistance. Seul le Sud de l’Europe catholique a évité son bâton. Dans ces régions, d’autres malfaiteurs sévissent depuis une éternité, comme par exemple la Befana italienne, une horrible vieille qui terrorise la population sur son balai. La « befana fascita » a essayé d’adoucir son image en se transformant en bonne sorcière au nom de la « romanisation » de l’Italie et en comblant les enfants de cadeaux. Pour les enfants insolents, le « charbon sucré » (« Carbone dolce ») fait cependant toujours partie de son répertoire. Toutefois, la Befana ne se fait entendre dans la cheminée qu’un mois après les autres figures maléfiques de Noël, au moment de l’arrivée des Rois Mages le 6 janvier.