Société

Parlez-vous eurofood ?

Article publié le 16 janvier 2006
Article publié le 16 janvier 2006
Ayant tiré les leçons de ses déboires alimentaires Bruxelles a décrété une véritable politique de gastronomie européenne, dite « de la ferme à la table ». Bon appétit bien sûr!

90% des Européens attendent de la Politique Agricole Commune (PAC) qu’elle garantisse la production d’aliments sains et sûrs, d'après un sondage diligenté en 2002 par la Commission européenne, … Une exigence qui va de pair avec une petite révolution de la consommation et du rapport à la terre : prime à l’extensification des cultures, reboisement des surfaces agricoles, incitation à l’agriculture biologique.

Désormais, il n’est plus nécessaire de produire gros : il faut produire bien et durable ! Durabilité de l’agriculture et traçabilité des denrées, qui riment aujourd’hui avec bien-être des animaux et sécurité des consommateurs, sont devenus les maîtres mots d’une qualité alimentaire retrouvée. Fini l’exploitation intensive des champs, l’agriculture refuse d’appauvrir la terre et nous autres citoyens, sommes condamnés à connaître d’où exactement proviennent les produits que nous ingérons.

Bouffe labellisée

Pour que le consommateur s’y retrouve, toute une kyrielle de labels aux noms plus imprononçables les uns que les autres émaillent dorénavant les étals de nos supermarchés. On y rencontre entre autres les labels AOP (Appellation d’Origine Protégée), IGP (Indication Géographique Protégée) et STG (Spécialité Traditionnelle Garantie) qui protègent les aliments à succès de plagiats par des succédanés douteux et permettent aux consommateurs de faire la part des choses : vrai BabybelTM ou fausse tartiflette de Savoie… Une orgie de produits étiquetés, protégés par de multiples règlements s’offrent ainsi aux papilles des Européens.

Les produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas en reste : ils ont hérité en mars 2000 d’un petit logo vert, bio. Pour être estampillé « bio », tout produit doit contenir au moins 95% d’ingrédients fabriqués selon le mode dit « biologique » et satisfaire à l’inspection officielle. Un vrai parcours du combattant pour nourrir les bobos urbains assoiffés de campagne et qui refusent en bloc les OGM. Ceux-ci doivent également être dûment indiqués. Pas question de prendre des risques : règlements et directives ont pris le marché en main et tout OGM entrant dans la composition d’un aliment doit être spécifiquement indiqué. Le consommateur doit pouvoir choisir en son âme et conscience.

Etiquetage intensif

Outre le bio ou l'autehnticité, Bruxelles entend aussi simplement à renseigner le consommateur lambda : teneur en sel, sucre ajouté, édulcorant et autres informations nécessaires à qui surveille son diabète, son cholestérol, sa tension artérielle ou sa ligne… La Commission européenne prévoit des étiquetages spécifiques pour les eaux minérales, l’alimentation pour enfant, les compléments alimentaires, la nourriture diététique, pour sportifs, femmes enceintes, personnes suivant un régime ou souffrant d’allergies alimentaires.

Petite précision tout de même : pour lire ces étiquettes, mieux vaut avoir de solides connaissances en chimie, en nutrition, en agriculture et en droit… la sécurité est à ce prix.