Société

Paolo Di Napoli : bricoler le climat

Article publié le 12 novembre 2015
Article publié le 12 novembre 2015

Science et coopération, éducation à l'environnement et travaux manuels. Voici selon Humake.it la recette pour donner (et redonner) vie à la réalité, partant de la connaissance du monde qui nous entoure et d'une attention particulière à l'environnement qui nous offre ses ressources. Rencontre avec son fondateur Paolo Di Napoli pour découvrir cette pépinière créative et durable.

Je rencontre Paolo Di Napoli aux Officine Creative (ateliers créatifs) Cecchi Point de Turin. C'est ici que Paolo a voulu donner vie à son projet : Humake.it. Il a trouvé dans cette ville « une immense force motrice envers les accélérateurs de changement par le bas ». Après dix ans passés dans le domaine de la recherche universitaire dans toute l'Europe, Paolo a décidé de laisser place à son intérêt pour l'enseignement et les travaux manuels, et ainsi « poursuivre un mode de vie qui puisse apporter le travail et l'enthousiasme d'être proches. Faire pour travailler ce que l'on fait pour bien vivre. Être à la recherche d'une conception de l'harmonie ». L'harmonie est un mot qui revient souvent dans notre conversation : c'est en outre un ingrédient plus que jamais nécessaire dans la recherche d'une certaine durabilité.

You make it

Humake.it naît en 2014 et lance des laboratoires d'éducation environnementale sur les matériaux qui composent les objets qui nous entourent. Ces ateliers s'adressent aussi bien aux écoles qu'aux entreprises et aux créateurs. Ils ont pour but d'analyser le cycle de vie des produits et prévoient la construction d'un centre de recyclage à petite échelle.

Le collectif compte cinq personnes d'horizons divers mais toutes ont moins de trente-cinq ans et ont en commun l'« intérêt pour la formation et l'artisanat : nous croyons aux travaux manuels comme forme d'expression et d'agrégation. La durabilité nous tient à coeur, dans le travail et les projets de vie, pour transmettre un certain mode de vie dans cette activité d'entreprise » , explique Paolo.

Présentation vidéo d'un laboratoire de Humake.it destiné aux écoles (Twin Pixel Video/Vimeo)

Qu'y a-t-il de spécial ?

L'instrument qu'il offre pour réaliser tout cela se fonde sur l'idée de la technologie appropriée : une technologie accessible, en ligne avec les possibilité offertes par le contexte social, « simple, compréhensible par les participants, peu impactante sur l'environnement et facilement reproductible ». Le développement de la recherche dans le contexte d'une Maison de quartier (Casa del quartiere) a apporté une valeur ajoutée supplémentaire : la coopération, qui permet « une ouverture et un échange local » plus important. La co-conception que propose Humake.it à ses utilisateurs permet de décider ensemble le parcours à suivre en apprenant ensemble.

Humake.it veut redonner leur valeur aux matériaux, changer l'approche d'utilisation des ressources, en répondant au besoin fondamental qui est de « comprendre ce qui nous entoure ». « Les objets ont une vie qui a ses étapes, comprendre ces étapes signifie donner de la valeur », indique Paolo.

« C'est ma passion innée pour une harmonie entre science, technologie et société qui m'a poussé à m'engager. Comment la nature et l'homme peuvent, et doivent, dialoguer pour vivre en harmonie. Une grande utopie qui tient ses fondements pas tant dans la façon dont on choisit d'appliquer la technologie mais dans la manière avec laquelle on éduque le citoyen à l'utiliser. »

La connaissance d'en bas

C'est d'en bas qu'il faut partir. C'est à ce niveau que se crée cette économie ciruclaire qui pourrait vraiment nous permettre de vivre de façon durable. D'en bas se créent les énergies en mesure de résoudre les problèmes de notre société. Les jeunes peuvent tenir ce rôle : « faire ouvrir les yeux, faire voir qu'il y a un monde qui est en train de naître et apprendre a s'y confronter. Il y a une maturation par le bas qui doit être accompagnée et facilitée ». Paolo est optimiste, il a confiance dans les cercles de décisions les plus hauts, dans les conférences mondiales sur le climat comme la COP21 de Paris, car tous les niveaux sont utiles. Cependant, selon lui, il est nécessaire qu'il y ait un dialogue qui parte aussi bien d'en haut que d'en bas. Un dialogue sur les expériences, une coopération entre les niveaux de gourvernement qui permettent de faire émerger critiques et décisions réellement productives.

-

_

Cet article fait partie d'un projet intitulé #21faces qui propose de faire le portrait de 21 jeunes écolos innovants à travers l'Europe en amont de la COP21, la grande conférence mondiale sur le climat organisée à Paris.

_

Cet article a été rédigée par la rédaction de cafébabel Torino. Toute appellation d'origine contrôlée.