Société

Nichi Vendola : l'Italie est-elle prête à élire un Premier ministre gay ?

Article publié le 24 juin 2011
Article publié le 24 juin 2011
« Ce ne serait pas une nouveauté, il me semble que nous sommes déjà passé par là », Mina, grande chanteuse italienne, a ainsi répondu à la question d’une lectrice : l’Italie est-elle prête à élire un chef de gouvernement gay ? L’Italie en a déjà eu un, Emilio Colombo, qui ne s'est jamais déclaré et pourrait bientôt en avoir un autre, Nichi Vendola.

Peut-on passer du libidineux Berlusconi à l’homosexuel Vendola ? Impossible, selon 5 journalistes sur 6 de la rédaction de cafebabel.com. C’est l’image que l’Italie donne d’elle à l’étranger. Et il est temps qu’ils changent d’avis car ces derniers temps Nichi Vendola transforme en or tout ce qu’il touche. Bien qu’il soit à la tête d’un parti minuscule, il a gagné deux fois de suite les élections régionales au sein d’une région pourtant catholique, les Pouilles. Il a mené à la victoire les lieutenants de son parti à l’occasion des élections communales de deux villes de droite comme Milan et Cagliari. Il a surtout injecté une irrésistible dose d’enthousiasme dans le cœur des jeunes italiens, le peuple du référendum et les principaux artisans du virage anti-Berlusconien.

L’Italie aura très probablement un Premier ministre gay, cette fois-ci déclaré, parce que Vendola est le seul qui détient les armes avec lesquelles Berlusconi a amadoué les Italiens : la communication et le pouvoir du tribun. Sauf que sa parole est cultivée, philosophique, métaphorique et imprégnée des valeurs de gauche à l’heure où, pourtant, la crise économique sévit encore.

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Son pire ennemi : le centre gauche

Le gay-luronVendola remporterait haut la main les élections primaires du centre gauche tant les derniers résultats électoraux montrent que les anciens leaders sont dépassés. Vendola est catholique, la Bible est son bréviaire. Et cela suffit aux politiciens bigots pour lui rappeler qu’il ne peut être communié. L’imam de Milan a appelé ses fidèles à ne pas voter pour ce candidat mais les musulmans ont fini par contribuer au sacre de Pisapia. Vendola parle de minorité et de fraternité, il s’oppose au capitalisme mais n’exclut pas les privatisations dans sa région. C’est aussi un homme politique expérimenté qui a abandonné la terminologie communiste et qui est prêt à dialoguer avec le centre. Enfin, Vendola est surtout une star, comme Berlusconi.

Qui osera dire alors qu’un homosexuel ne peut pas aspirer au poste de Premier ministre ? Peu le diront parmi ses ennemis car ils savent qu’il est le seul en mesure de battre la droite. Beaucoup le diront parmi les électeurs de centre gauche qui craignent qu’un tel handicap sape leur campagne. Ils se trompent : c’est bien sa diversité, vécue avec fierté et assumée avec force, qui fait en sorte que Vendola soit le seul capable de proposer une vraie alternative.

Photos : (cc) Nichi Vendola/facebook fan page