Société

Murdoch et le nouveau Watergate : Scotland Yard sous l'eau

Article publié le 19 juillet 2011
Article publié le 19 juillet 2011
Le patron de l’anti-terrorisme, John Yates, a démissionné lundi, tout comme le chef de Scotland Yard, Paul Stephenson. C'est la conséquence des accusations de corruption portées à leur encontre dans le cadre du scandale des écoutes du journal à sensation News of the World, propriété de Rupert Murdoch. A un an des J.
O de 2012, la sécurité nationale est menacée et Scotland Yard doit être réformé, estime la presse.

Der Standard - Allemagne : Cameron et connivence

Après la démission du chef de Scotland Yard, Paul Stephenson, et de son adjoint John Yates, la crédibilité du Premier ministre David Cameron est en jeu, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : « Jusque-là, l'affaire relative à l'influence de Murdoch sur les acteurs principaux de la politique britannique pouvait être observée avec une certaine distance. Si une proximité malsaine s'était établie entre le baron des médias australo-américain et les ministres de Sa Majesté, il ne s'agit plus aujourd'hui seulement des profits de Murdoch et du courage civique des hommes politiques. ... Si les principales autorités de poursuite pénale du pays sont décapitées, c'est la sécurité nationale qui est en jeu. … Bien sûr, la frustration se lit dans les propos du chef de la police, contesté pour avoir accepté un séjour gratuit d'une valeur de 13.700 euros dans un établissement thermal de luxe. Cameron ne pourra toutefois plus éviter les questions sur sa capacité de jugement. Il doit, une bonne fois pour toutes, dire adieu aux magouilles qu'il manigance avec les gens de Murdoch. » (Article publié le 19.07.2011)

Financial Times -Royaume-Uni : Scotland Yard, le chantier

En raison de l'implication de hauts fonctionnaires de Scotland Yard dans le scandale des écoutes, la police britannique doit à l'avenir prendre davantage de distance avec les médias, estime le journal économique libéral-conservateur Financial Times : « L'affaire des écoutes met en lumière un plus grand problème en Grande-Bretagne. Le souhait compréhensible de la police de ne pas perdre la confiance de l'opinion publique - une condition déterminante pour un travail de police efficace - a parfois dégénéré en obsession dans sa gestion des médias. On a pu le voir dans les hésitations à reconnaître publiquement des erreurs comme dans l'affaire Jean Charles de Menezes et Ian Tomlinson [des victimes des opérations policières]. … Il semble que cela a également été le cas dans le scandale des écoutes. Le prochain chef de Scotland Yard doit prendre ses distances des faiseurs d'opinion et se focaliser sur les racines du problème. On ne le résoudra pas en coupant les contacts entre la police et les médias. Il convient de changer la culture qui a rendu possible de tels manquements. » (Article publié le 19.07.2011)

Corriere del Ticino - Suisse : un ouragan politique

Avec la démission des deux principaux responsables de la police de Londres le scandale quitte le territoire des médias, estime le quotidien libéral Corriere del Ticino : « Après ces deux démissions, les Britanniques auront du mal à parler seulement de tempête dans un verre d'eau. C'est un ouragan qui, à la suite du scandale des écoutes, en plus d'ébranler les bases de l'empire médiatique de Murdoch, secoue également tout l'establishment politique britannique. Car s'il y a peu de temps encore, les révélations faisaient de ce scandale une affaire de corruption et de manque de déontologie, ces démissions le portent désormais au niveau institutionnel. … La politique est elle aussi concernée. Sur le banc des accusés figurent les gouvernements britanniques, Labour et conservateur, qui se sont montrés bien disposés à fermer les yeux pour obtenir les faveurs des journaux de Murdoch. » (Article publié le 19.07.2011) 

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