Société

Les stagiaires : cette génération Y désenchantée

Article publié le 6 avril 2015
Article publié le 6 avril 2015

Réponse de Cafébabel Bruxelles à Madame Figaro : ce n'est pas en ridiculisant (une partie de) la  génération Y que les jeunes auront plus de perspectives d'avenir.

Ils soufflent devant leur énième candidature refusée : « pas assez d’expérience », « d’autres candidats ont un profil plus adapté »... La génération Y veut des perspectives d’avenir. Ce n’est pas en les obligeant à accepter un stage qu’ils vont sortir de la précarité.

Il est loin le temps où le stage était une rampe de lancement professionnel pour les étudiants/jeunes diplômés. Une époque bienheureuse où le stage était une « période d’apprentissage, de formation ou de perfectionnement », qui, après de bons et loyaux services, pouvait déboucher sur un emploi digne de ce nom.

Un temps qui paraît définitivement révolu à l’heure où certains employeurs n’hésitent pas à remplacer des postes destinés au départ à des employés par des stages. Le salaire est divisé par trois ou quatre (si ce n’est totalement supprimé) alors que les critères de sélection et les responsabilités restent toujours plus élevés. Ces employeurs utilisent le prétexte de la « crise » pour réduire les coûts et ainsi plonger une bonne partie de la génération Y dans la précarité.

Ce phénomène est particulièrement frappant dans la « bulle européenne » : les jeunes des quatre coins de l’Europe accourent à Bruxelles dans l’espoir de décrocher le job de leur rêve. La concurrence est rude : la demande est beaucoup plus grande que l’offre sur le marché européen de l’emploi. Cette génération Y, généralement multilingue et dotée d’un master, est prête à accepter des conditions précaires : sur les 4,5 millions de stagiaires en Europe, 60 % ne sont pas rémunérés et 40 % n’ont même pas de contrat.

Pour nombre d’entre eux, ce rêve se transforme malheureusement en désillusion. Après avoir accumulé plusieurs stages, ils sont contraints (faute d’argent) de retourner bredouille dans leur pays d’origine, car aucun employeur ne leur propose d’emploi stable.

En somme, Madame Figaro ferait mieux de dénoncer le sort d’une génération désenchantée qui a besoin d’être soutenue, plutôt que d’en ridiculiser une partie qui ne la représente pas.