Société

Lèche

Article publié le 30 novembre 2007
Article publié le 30 novembre 2007

Revoilà l'automne et ses petits coups de froid. Rien ne vaut un bon lait chaud au miel pour y remédier, dirait votre grand-mère. Outre Rhin, les mamies se garderaient bien de vous donner un tel conseil.

L’Allemand finaud qui maîtrise l’expression ‘enduire le bec de miel’, à défaut de guérir d’un gros rhume, arrivera sûrement à ses fins. Car il est le roi de la ‘léche’ et n’en finit jamais d’être mielleux. Plus collants encore, les Français qui préfèrent, eux, ‘passer de la pommade à quelqu'un’.

Ils s’entendraient bien avec les Italiens qui manient le ‘essere un lecchino’ aussi bien que les Espagnols, leur ‘hacer la pelota’. Ces deux là ‘font de la léche’ pour endormir en douceur leur proie, avant de l’emberlificoter. Mais l'Italien sait aussi s'y prendre autrement et de temps à autre ‘savonne’ son interlocuteur (‘insaponare qualcuno’) pour mieux le circonvenir.

En Angleterre, dans ce genre de situations, on ‘beurre’ avec un plaisir non dissimulé (‘to butter someone up’). L'Irlandais a développé une méthode bien à lui : il passe son voisin au "Blarney" (‘to turn on the blarney’) pour l’embobiner.

D'après une légende qui remonte au 18e siècle, un baiser posé sur la roche calcaire du château de Blarney vous transformerait en flatteur né. Le propriétaire du dit palace maniait les bisous à merveille. Grâce à ces beaux discours, il embobina la reine Elisabeth et pu rester maître en ces lieux enchantés.