Société

L'Allemagne est dans nos coeurs, c'est la BBC qui le dit

Article publié le 17 mars 2011
Article publié le 17 mars 2011
Un sondage de la BBC élit l'Allemagne comme le pays le plus populaire du monde. Les premiers intéressés sont aussi les plus étonnés, dans un pays où la culpabilité historique est devenu un trait de caractère.

Tous les ans, la chaîne d'informations britannique BBC interroge un nombre représentatif de citoyens du monde. La question : quel pays, parmi 16 grandes nations sélectionnées, a une influence particulièrement positive dans le monde ? En 2011n sur les 29 000 personnes issues de 27 pays interrogées, 62% ont voté pour l'Allemagne ! Les deuxième et troisième rangs parmi les nations mondiales chéries sont occupés par la Grande-Bretagne et l'Australie. Loin derrière, aux dernières places : l'Iran, la Corée du Nord et le Pakistan.

Les seuls surpris sont encore une fois les Allemands eux-mêmes. La secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, Cornelia Pieper, souligne que le résultat de l'étude confirme la réussite de la politique extérieure en matière de culture et d'éducation. Mais trop de lauriers procure traditionnellement un malaise en Allemagne. Après des décennies sans relâche de travail sur l'Histoire, il appartient au consensus social de penser que les Allemands ne sauveront pas le monde. Face à la victoire à l'extérieur, on se rappelle presque par réflexe tout ce qui coince de partout dans ce pays : la dette record, la lente réforme du Hartz 4, la discorde au sein de la coalition, le débat sur l'intégration. L'Allemagne n'est plus le champion du monde de l'exportation depuis 2009. Pire ! A la Fête de la Bière, il est à présent interdit de fumer.

Mais c'est une question de perspective. Celui qui voyage doit savoir qu'en tant qu'Allemand, on n'est même pas obligé de quitter le continent européen pour recevoir des félicitations. En somme, on vient du pays dans lequel « tout » fonctionne, où la Mercedes a été inventée et où Derrick a été tourné. Même Angela Merkel semble, vu de loin, à la fois plus déterminée et plus maternelle qu'au milieu des chamailleries quotidiennes de la politique interne. L'unanimité au-delà des propres sentiers battus de la république fédérale n'est pas seulement une répercussion de la coupe du monde de football 2006 ou le résultat du flot de touristes dans la capitale en vogue. L'Allemagne est assimilée à l'aisance et à la démocratie. Les critiques chevronnés et les éternels râleurs ne peuvent au fond rien changer à cette perception extérieure. Les révolutions arabes ont rappelé une fois de plus que les représentations extérieures sur un pays peuvent avoir des conséquences primordiales. Dans ce climat décisif, avoir la meilleure place sur le podium des nations devrait être l'endroit idéal pour démontrer que la diplomatie allemande ne se limite pas à un aveu démocratique prononcé du bout des lèvres mais peut agir pour faire bouger les lignes aux moments opportuns.

Photos : Une : (cc)chrskovgaard/flickr; Portrait de famille: (cc)faeanna/flickr