Société

J’ai testé pour vous : partir travailler à Londres

Article publié le 11 septembre 2009
Article publié le 11 septembre 2009
Mon projet : trouver un job à Londres, m'amuser et en profiter pour revoir mes connaissances en anglais. Niveau d'appréhension : élevé. Délai fixé pour être indépendante financièrement : un mois. Récit d’un été « very successful ».

A l'attention des mauvaises langues qui ne donnaient pas cher de mon projet : à Londres, j'ai trouvé un logement et un travail en trois jours. En ce qui concerne la chambre, je me suis adressée à une agence qui, pour cinquante livres sterling (57 euros), me proposait différentes options. Le travail est arrivé le même jour grâce à l'inévitable bouche à oreille italien qui s'est hélas avéré beaucoup plus efficace que mon CV. Récapitulons : en trois jours, j'avais une chambre dans Bethnal Green, un quartier populaire très arboré situé à l’Est de la ville, secteur jeune et animé, et du travail à la City.

Un travail difficile et peu gratifiant

(See Wah/flickr)

Scénario classique, j'ai trouvé un emploi de serveuse dans un restaurant italien. Malgré la crise, il y a du travail. Cependant, les employeurs rechignent à accepter les aventuriers, conscients qu'ils risquent d'être contraints à changer de personnel d'ici quelques mois. On travaille souvent le soir, ce qui compromet les éventuelles sorties nocturnes. En finissant à minuit, après une journée passée debout, on n'a qu'une envie : rentrer à la maison. Ce travail est pénible et, à mon avis, peu gratifiant. On est payé cinq livres de l'heure environ, avec ou sans pourboires. On assure souvent six services par semaine dont au moins un le weekend. En bref, il ne s'agit pas de vacances à proprement parler, et quand on décide de partir, mieux vaut être sérieusement motivé, sans quoi on risque de rentrer à la maison la queue entre les jambes au bout de trois semaines.

Travailler légalement en Angleterre

Pour travailler légalement en Angleterre, il faut demander le « National insurance number ». La procédure est assez simple pour les citoyens européens : on appelle un numéro vert et on fixe un rendez-vous pour un entretien dans le « Job center plus » de la ville où l'on est. Une fois l'entretien passé, votre NI arrive par la poste, le tout en quelques semaines, même si vous êtes encore en recherche d’emploi.

(Dr Case/flickr)Mais pour les personnes ne venant pas de l'Union, obtenir un permis de travail est autrement plus difficile. Un jour, au restaurant où je travaillais, j'ai fait la connaissance de la « UK Border Police », autrement dit, la police anglaise de l'immigration. L'identité de tous les employés a été vérifiée par un contrôle des papiers et un interrogatoire minutieux. N'ayant pas de visa, le Brésilien qui travaillait avec moi a été placé sur un vol pour Rio de Janeiro le lendemain. Comme dans les films d'action, l'identité du cuisinier albanais a été vérifiée à l'aide du relevé d'empreintes digitales qui a permis aux policiers de retrouver toutes les informations sur ses déplacements depuis dix ans.

L’indispensable Oyster card

En ce moment, la vie à Londres n'est pas si chère. Grâce à la récession économique, les courses au supermarché, et même les à-côtés ne sont pas aussi onéreux qu'il y a un an. Aujourd'hui, la livre sterling est à 1,16 euro. Ainsi, sur les petits prix, la différence avec la monnaie européenne est peu importante. Une pinte de bière coûte en moyenne 3,40 pounds (environ 3,80 euros) et un paquet de pâtes coûte moins d'une livre. Donc, en faisant un peu attention, on peut vivre sans trop de sacrifices avec 1 000 euros par mois.

(Mirka23/flickr)Par contre, les transports sont exorbitants. Même avec la fameuse Oyster card (l’équivalent du pass Navigo à Paris, une carte magnétique absolument indispensable), l'abonnement de métro pour la zone 1-2 coûte la coquette somme de 25,80 pounds par semaine (environ 30 euros alors qu’elle coûte 56 euros par mois dans la capitale française) ! Mais là aussi, il est possible de se débrouiller. Tout le monde ne sait pas qu'il existe un abonnement valable uniquement pour le bus à « seulement » 15,80 pounds par semaine. Il permet de prendre n'importe quel bus londonien de façon illimitée.

Loyers à la semaine

Les loyers à Londres sont assez chers sans cependant être exagérés. Pour un T1 dans la zone 2, je paie 90 pounds par semaine (102 euros). La pièce est assez grande, mais j'ai eu un coup de chance. Pour cette somme, si près du centre, on ne trouve habituellement que des placards à balais. Même si vous êtes pleins d'espoir et que vous avez la chance avec vous, mieux vaut prévoir un budget initial de 1 000 euros car, presque systématiquement, on vous demandera une caution et un mois de loyer payé à l'avance.

Hormis les dépenses indispensables en logement et nourriture, le véritable problème réside dans le fait que la capitale anglaise propose... tout. Il y en a pour tous les goûts et il est trop facile, entre une soirée entre amis, un samedi de lèche-vitrines et une balade en dehors de la ville, de gaspiller toutes ses économies. Mais c'est justement pour tout ce qu'elle propose que Londres est une ville extrêmement stimulante. De plus, réussir à s'en sortir tout seul dans une grande métropole est toujours source de grande satisfaction... Notamment à l'égard des mauvaises langues !