Société

Feux de forêts : une question brûlante

Article publié le 9 mai 2007
L'Europe se prépare à de nouveaux étés caniculaires ainsi qu’à de probables incendies, alors que se déroule du 13 au 17 mai à Séville, la 4ème Conférence internationale contre les feux de forêt.

Au cours des dernières années, les plus chaudes de l'histoire selon les registres météorologiques, c’est en moyenne quelques 50 565 incendies de forêt qui ont été recensés chaque année sur le territoire européen, entraînant de nombreuses pertes en vies humaines mais aussi de lourdes conséquences écologiques.

Dans une période marquée par les modifications climatiques et le réchauffement global, l'Europe est confrontée chaque été à un problème pour lequel elle n’est pas encore parvenue à trouver de solution commune.

Un problème méditerranéen

En raison de leur localisation géographique et de leurs conditions climatiques -avec notamment des températures estivales caniculaires-, des pays tels que l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la France et la Grèce sont les États membres de l'Union européenne les plus exposés aux incendies de forêt.Autrement dit, là où sont enregistrées les plus grandes pertes en matière d’espaces forestiers brûlés

Durant la seule année 2005, dans ces cinq Etats, 589 559 hectares de terrain ont brûlé, soit une superficie quasiment égale à celle de l’île de Chypre. Le nombre d'incendies a en outre dépassé la moyenne des années précédentes. Les deux pays les plus touchés sont le Portugal et l’Espagne.

Selon les données du Rapport sur les incendies forestiers de 2005, établi par la Commission européenne, 88% des sinistres de cette année se sont produits sur le sol ibérique. Le Portugal et Espagne se partagent ainsi 85% du total des 589 559 hectares brûlés en 2005.

La désertification

Les températures élevées ne sont pas la seule cause des incendies de forêt en Europe. La sécheresse persistante qui sévit ces dernières années -due à la baisse du niveau des précipitations-, la gestion inefficace des forêts en raison d’une politique déficiente en matière d'aménagement du territoire, la plantation de trop peu de variétés d'arbres et, surtout, la désertification des secteurs agricoles provoquée par l'abandon des terres, sont des facteurs contribuant aussi aux incendies.

En 2003, selon des données de la Convention des Nations unies contre la désertification, respectivement 31% et 18% du territoire espagnol et italien se trouveraient dans une situation de vulnérabilité extrême face à cette menace.

Les actes d’origine criminelle sont encore une autre cause de ces départs d'incendies même si la Commission ne dispose pas, pour l’instant, de sources lui permettant de déterminer le pourcentage exact de sinistres ayant pour origine une intervention humaine.

Selon Paulo Barbosa, chercheur à l’Institut pour l’environnement et le développement durable de Bruxelles, « des incendies se produisent parfois en raison d’une cause inconnue et qu’il n'est pas possible de déterminer ».

Des moyens de prévention insuffisants

Face à cette menace, la Commission européenne a misé pour une stratégie de prévention. À travers son Institut d'environnement et de développement durable, la Commission a créé, en 1997, un groupe de recherche chargé de travailler sur la mise en œuvre de méthodes d'évaluation du risque en matière d’incendies de forêt ainsi qu’à une surveillance des zones dévastées à l'échelle européenne.

La coordination effective entre tous les secteurs concernés par la politique forestière est prévue dans le 6ème programme communautaire d'action environnementale (2002). L’approbation générale qu'a rencontré en 2003 le règlement ‘Forest Focus’, qui a créé un système européen d’information sur les feux de forêt -EFFIS- va également dans le sens d'une plus grande coopération.

Ce dernier, basé sur des données météorologiques et des images collectées par satellite, a comme mission d’élaborer des cartes de prévision des risques d'incendies sur les espaces forestiers les plus sensibles et d’envoyer quotidiennement les informations actualisées aux vingt-sept États membres.   

Forest Focus’ a cessé d’exister fin 2006 mais certains de ses projets se poursuivent jusqu'en 2008. Ils ont été repris par LIFE +, instrument financier de la Commission pour les aides en matière de politique environnementale.

Toujours dans une volonté de lutte efficace contre les incendies, l'Union européenne a débattu de la nécessité de créer une politique commune dans ce domaine. Selon Paulo Barbosa, « il faut prévoir, dans le contexte du 7ème Programme-cadre (2007-2013), l'approbation de plus de mesures voire une législation communautaire pour faire face aux feux de forêts ».  

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