Société

Faire des études pour avoir la paix !

Article publié le 2 décembre 2008
Article publié le 2 décembre 2008
Etudes sans frontières permet à des étudiants d’aller à l’université… bien que leur pays soit engagé dans un conflit armé. Partir étudier en temps de guerre : un gage de paix pour l’avenir ? C’est le pari des bénévoles de cette association.

Souvent, les jeunes des pays occidentaux ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de pouvoir faire des études. Car dans beaucoup des pays en conflit, étudier et faire carrière n’est pas possible. L’ONG Etudes Sans Frontières tente depuis 2003 de donner une opportunité aux jeunes de zones en guerre ou politiquement très instables, comme la Rwanda ou la Tchétchénie. 500 jeunes étudiants européens sont membres actifs de ce réseau qui s’étend de l’Espagne, à l’Italie, l’Allemagne et la France. Sa présidente, Aurélia Chaudagne nous explique son fonctionnement.

Que faites-vous pour aider ces jeunes qui ont des difficultés pour étudier dans leur pays ?

(www.etudessansfrontieres.org)Selon le contexte dans le pays (après un conflit, quand l’action devient possible sur le terrain), et nos moyens financiers et humains, nous offrons des bourses d'études ou accueillons des étudiants en France et en Europe, en finançant l'intégralité du séjour des bénéficiaires, et en les accompagnants sur le plan administratif, scolaire, social et culturel. 190 étudiants ont déjà pu bénéficier de ce programme en 5 ans.

Que doivent faire les personnes qui veulent postuler pour étudier grâce à votre programme ?

Nous travaillons dans des zones où nous avons des contacts de confiance (actuellement, en Tchétchénie, au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sahara occidental) et des correspondants locaux qui relaient l'information quand nous recherchons des candidats. Les candidats remplissent un dossier très complet et rencontrent les correspondants locaux, qui effectuent une présélection. Nous effectuons ensuite la sélection finale sur la base des dossiers et des appréciations des correspondants, le critère essentiel étant la motivation et le projet d'avenir du candidat.

Comment trouvez-vous les financements de vos actions ?

Nos moyens financiers reposent sur les dons de particuliers, quelques subventions publiques ou privées, ainsi que des opérations spéciales, comme des cartes de vœux que nous vendons en ce moment, par exemple. Notre budget reste très limité, et nos projets se développent en fonction de celui-ci. Par exemple, une bourse d'études d'un an au Rwanda coûte environ 1000 euros, mais l'accueil d'un étudiant tchétchène à Paris pendant un an coûte entre 10 000 et 12 000 euros, ce qui représente un budget important.

Que font les bénévoles dans votre association ?

L'association repose actuellement uniquement sur des bénévoles et deux volontaires (en service civile volontaire). Les bénévoles peuvent aider ponctuellement lors d’opérations spéciales ou pour donner un coup de main, ou alors régulièrement dans la prise en charge d'un dossier spécifique tout au long de l'année ou encore pour tenir les permanences hebdomadaires... Ils peuvent donner des cours de soutien aux étudiants que nous accueillons ou organiser des sorties culturelles avec eux, tenir un stand lors d'un salon ou d'une vente au profit de l'association, organiser une action de sensibilisation, une conférence ou une expo, dans les zones dans lesquelles l'association agit. On peut aussi monter un dossier de financement, travailler sur les supports de communication, ou même proposer un nouveau projet et en étudier la faisabilité. Toutes les compétences et initiatives sont bienvenues ! Bien sûr, les bénévoles qui peuvent consacrer plusieurs heures par semaine toute l'année sont fortement appréciés !