Société

Ecolo un brin bobo: le week-end sobre en carbone

Article publié le 26 avril 2010
Article publié le 26 avril 2010
Quelques mois après le Sommet de Copenhague, l’échec d'une politique globale contre le réchauffement climatique a-t-il éteint ou revigoré la motivation des militants écolos ? Quand certains vont faire du lobbying auprès des institutions européennes, dans les Vosges, Élise organise des weekend sobres en carbone. Pour sauver la planète, faut-il changer de mode de vie ?

Sensibilisée par la question du réchauffement climatique et intéressée par les méthodes de l’éducation populaire, Élise Clévenot, une strasbourgeoise de 27 ans, a décidé d’agir. Elle organise des weekend-end sobres en carbone et riche en éducation populaire dans sa maison familiale de la Grande Fosse dans les Vosges. Le premier a eu lieu en mars et elle y a invité une demi-douzaine d’amis.

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Pas question de prendre la voiture, s’imposent donc un train régional de Strasbourg à Saales et une marche de 45 minutes jusqu’à la Grande Fosse. Des efforts certes, 1H 50 de trajet contre 1h 06 minutes en voiture avec sac sur le dos, mais une économie à la clé, grâce à la carte de réduction d’Ariane, professeur d’allemand de 32 ans. Le trajet est revenu à 8, 16 euros pour les 5 membres du groupe non-abonnés aux trains au lieu de 15,36 euros par personne avec une voiture. La sobriété écolo fait aussi du bien au porte-feuille… Mais dans les assiettes, le débat fait rage. Maïté, 27 ans, mère de 2 enfants et serveuse, y apporte son expertise. Au menu, en plus de plats « faits maison » et composés de produits locaux, de la quinoa et la découverte de différents sucres (le sucre rapadura, le sucre complet, le sirop d'agave, la mélasse noire, le sirop de betterave et le sirop de riz). Gaspard, agent administratif de 28 ans, remarque que la plupart sont importés de très loin, et qu'ils sont une source importante d’ émission de gaz à effet de serre. « Donc on ne boit plus de café, c’est produit dans un autre continent ! » répond Ariane amusée ! « Veux-tu dire qu’il faut exclusivement acheter français ? » ajoute Maïté, qui sait que la « préférence nationale » est plus un leitmotiv de l’extrême droite que des verts. Un argument qui n'est peut-être pas du goût de réseau Amap, une autre initiative éco-responsable qui tente de renouer avec la consommation de produits locaux partout en France. Mais tous les convives semblent d'accord ici pour venir en aide aux producteurs du commerce équitable, quitte à émettre plus de carbone. Dilemme quand tu nous tient...

« Retour à la terre »

Pour Daniele, la lutte pour l'environnement se joue au contraire dans les pays en développementAprès le repas, Élise entraîne son groupe dans une visite du village, où les étudiants es développement durable découvrent que le toit de l’église de la Grande Fosse est couvert de panneaux photovoltaïques, lesquels pourraient bientôt produire jusqu’à 20 000 KWh. S'en suit une randonnée, et une pause au bar associatif, lieu de rencontre entre voisins ouvert exclusivement le dimanche. Beaucoup sont venus s’installer ici suite à mai 1968, afin de perpétuer les idées alternatives de l’époque. Un « retour à la terre » qui semble attirer encore aujourd'hui les membres de cette « classe verte ». Le soir venu, éducation populaire oblige, chaque invité propose une activité à l'ensemble du groupe. Daniele, cadre supérieur italien dans un grand groupe américain (de quoi faire tomber le cliché des écolos baba cool sur le champ), est le plus suivi avec son cours de salsa.

Bonne ambiance, certes, mais est-ce que ce séjour à servi à sauver la planète ? Daniele n’en est pas convaincu. C’est en Chine ou en Inde qu’il faudrait agir, là où les industries polluent le plus, pas en Europe et encore moins  entre particuliers. Élise, l’organisatrice, n’est pas d’accord. Pendant ce séjour, tous les participants sont revenus à l’essentiel, ont appris à vivre ensemble, à s’alimenter et à voyager autrement. L’expérience doit bientôt toucher de nouvelles personnes : la jeune écolo est plus que jamais décidée à organiser d’autres séjours sobres en carbone à la Grande Fosse. Un groupe de fans a été créé sur Facebook : les invitations sont lancées !

Photos: ©Max Disbeaux