Société

Bruxelles la verte : manuel de l'écolo en herbe

Article publié le 21 janvier 2011
Article publié le 21 janvier 2011
Si vous habitez à Bruxelles, vous vous ferez apostropher si vous portez un sac bleu le jour du sac blanc. Faire ses courses au supermarché avec un sac en plastique peut aussi vous valoir des regards de travers. De la capitale de l’UE, nous nous entretenons avec deux jeunes travaillant pour l’environnement.

Depuis l’application de la taxe sur les sacs plastiques en juin 2007, l’utilisation des sacs plastiques en Belgique a diminué d’environ 80%. Mais ce n'est qu'un début pour la communauté brusselloise : « Ils sont tous réutilisables et je n’ai jamais vu autant de couleurs différentes de sacs recyclables, s’exclame Katarzyna Starmach, l’assistante du député européen polonais en charge du Comité européen pour l’environnement, la santé publique et la sécurité alimentaire, Bogusław Sonik. Ce n’est pas récent, c’est une habitude de longue date maintenant ! A Bruxelles, vous sentez que les gens savent beaucoup sur comment se comporter de manière écologique, en respectant l’environnement. »

Bruxelles est une ville où l’écologie a la part belle : en mai, la capitale belge participait aux Journées Européennes du Solaire (European Solar Days), évènement européen pour promouvoir l'énergie solaire. La semaine pour le recyclage (Re-use Week) aura lieu du 5 au 7 mai et au mois de juin, Bruxelles accueillera la semaine nationale des produits biologiques (National Organic Week) ainsi que la fête de l’environnement dans le Parc du Cinquantenaire ! Et ce n'est pas tout, Bruxelles favorise aussi le vélo en proposant des tours thématiques variés (« les 1001 visages de Bruxelles », « la Bruxelles verte »...) organisés tout au long de l’année. Le dimanche sans voitures est organisé en septembre dans le cadre de la semaine de la mobilité. De plus, vous pouvez achetez tout au long de l’année les produits biologiques de producteurs locaux lors d’un marché bio qui se tient chaque jeudi sur la place Sainte-Catherine.

Sans éducation, pas de conscience verte

Ces happenings ne forment qu'une part infime de toutes les opportunités de se faire plaisir tout en contribuant à un environnement plus propre et plus vert. Mais quel est l’apport de tous ces événements si nous ne connaissons pas le sujet ? D’après Katarzyna Starmach, les parents n’en savent pas assez pour rendre leurs enfants conscients de la nécessité de prendre soin de l’environnement. Un programme européen ainsi que des programmes scolaires devraient être créés selon elle, afin de rendre les citoyens de l’UE plus conscient de l’enjeu écologique. Dans le futur, des initiatives comme l’éco-échange Erasmus rendrait les jeunes plus conscients.

« Avoir l’information est une chose, pouvoir l’exploiter en est une autre, explique Simon Nazer, responsable de la Communication au sein du Bureau Européen pour l’environnement (EEB). Le discours sur l'environnement manque et ce pour tous les Européens, quel que soit leur âge. Penser vert ne semble pas aller de soit dans notre société. » Simon Nazer fait référence aux initiatives européennes comme Europe2020, qui donne aux jeunes les outils ainsi que l’opportunité de mener l’Europe vers une société verte et innovatrice. Entre-temps, le lieu de travail de Katarzyna Starmach au Parlement européen est orienté vers l'économie de l'environnement : « Nous n’utilisons que du papier recyclé. Si vous n’êtes pas au bureau, ou face à votre ordinateur, les lumières s’éteignent automatiquement au bout de trois minutes ou l’écran devient noir. Des panneaux solaires couvrent le toit du Parlement. Nous avons des poubelles spéciales pour les piles usées. Vous trouvez aussi de nombreux points de recyclage séparant le papier du plastique. Afin de promouvoir un mode vie à la fois sain et écologique, le Parlement offre des vélos gratuits pour ses employés, afin de réduire l’utilisation de taxis. »

Une telle organisation pour des structures de grande envergure comme l'est le Parlement européen est rendue possible par le programme EMAS (European eco-management and audit scheme). Son site internet contient des informations utiles sur ce que chaque individu peut faire afin de diminuer les effets néfastes de son comportement face à l’environnement. En Belgique, l'EMAS regroupe 445 sites et 60 organisations.

Sac poubelle, bleu ou blanc ? Et les crottes de pigeon ?

Tout n’est pas nécessairement si « UE orienté » à Bruxelles. A Ixelles, l’une des 19 municipalités de Bruxelles, le public reste informé grâce au site internet officiel de la municipalité. Sur sa section intitulée « Garder Ixelles propre » (« Keeping Ixelles clean »), on trouve toutes les informations nécessaires sur les questions écologiques, à commencer par la résolution du problème du sac bleu ou blanc, en allant jusqu'aux graffitis et aux crottes de pigeons ! « Bruxelles n’est peut-être pas 100 % écologique, admet Nazer. Vous verrez combien il y aura d'illumination à Noël et combien la ville est éclairée le soir. Bruxelles est située dans les Flandres, la région la plus écologique d’Europe, peut-être même du monde, mais Bruxelles en tant que ville en est loin. La qualité de l’air est très mauvaise, le trafic est dense et les transports publics de mauvaise qualité. » Et l'assistante de Bogusław Sonik d'ajouter que « ce n’est pas une question d’argent, c’est une question d’habitude. Nous devons essayer de garder à l’esprit que les gens qui nous interpellent dans la rue le font pour le bien de la planète même s’ils choisissent un moyen étrange de l’exprimer! »

Cet article fait partie de Green Europe on the ground 2010-2011, la série de reportages réalisés par cafebabel.com sur le développement durable. Pour en savoir plus sur Greeen Europe on the ground.

Photos : (cc) wakingphotolife; (cc )askthepixel; (cc) stttijn/courtoisie de flickr