Société

Bien au chaud à la fac : étudier pour ne pas chômer

Article publié le 21 octobre 2009
Article publié le 21 octobre 2009
Les étudiants européens, plutôt que de se prendre un mur sur le marché de l’emploi, préfèrent poursuivre leurs études… Et les chiffres du chômage des jeunes en Europe leur donnent raison. Une stratégie payante ?

A 25 ans, Maria Martinez Bueno a peur de l’instabilité et espère que le gouvernement espagnol va la protéger. Elle étudie depuis cinq ans et accumule les diplômes : trois ans passés dans les bouquins pour obtenir un diplôme en « Relations du travail », et puis deux ans encore, pour décrocher un autre diplôme de « Sciences du travail ». Aujourd’hui, comme beaucoup d’Espagnols (dont 33,6 % des jeunes de moins de 25 ans sont chômeurs), Maria espère intégrer un Master d’enseignement pour le secondaire. Ce qui est étrange, c’est qu’elle a déjà une expérience du marché de l’emploi, un job d’assistante de ressources humaines exercé pendant deux ans et qui ne l’a pas satisfaite : elle devait travailler toute la journée, son salaire était très bas et elle savait surtout qu’elle n’aurait jamais de CDI à la clé… Pour Maria, la solution se trouve dans le poste très convoité de professeur de lycée : « Etre fonctionnaire est la seule façon d’obtenir une véritable sécurité de l’emploi et des horaires comme je les aime. »

La vie en rose des étudiants

« Quand dans quatre ans, j’aurai fini mes études, la crise sera passée »

Une chose est sûre, en Europe, les étudiants se tiennent bien au chaud dans leur université en ces temps de mauvaise crise. Face à la disette d’emplois, l’Allemand René, 20 ans, préfère se munir d’un gros livre d’économie, son sujet de prédilection à la fac et voit l’avenir en rose. Selon lui, les réformes universitaires en Europe permettent aux étudiants allemands de finir leurs études plus tôt, ce qui n’est pas plus mal. Lui se réjouit d’avoir la même reconnaissance, en moins de temps. Et puis l’Allemagne n’est pas trop affectée par la crise : le chômage de ses jeunes de moins de 25 ans est seulement de 10,5 % : « Quand dans quatre ans, j’aurai fini mes études, la crise sera passée », estime-t-il. Et il pourra trouver un emploi dans n’importe quel pays du monde. 

Un métier passion

En France, Yann, 24 ans, voudrait lui gagner sa vie comme musicien. Pourtant, il s’est efforcé d’obtenir des diplômes, de sciences politiques, d’abord, à l’IEP de Grenoble, puis un Master en communication institutionnelle et encore un Master 2 en gestion de carrières artistiques. Selon lui, en France, les grandes écoles et leur prestige en imposent sur un CV. Il va tenter sa chance dans la musique mais ses diplômes, reconnus, pourront lui servir quand il voudra avoir un emploi stable. « J’ai supporté courageusement toutes ces années d’études plus à cause de la pression sociale et du ‘succès’ que pour le contenu, la théorie. J’ai seulement continué pour le diplôme. Il est vrai que ce deuxième Master est beaucoup plus concret et intéressant, il est beaucoup plus orienté vers une profession en particulier. »