Société

Bélarus : des jeunes en prison pour avoir supervisé les élections

Article publié le 24 septembre 2012
Article publié le 24 septembre 2012
Des posters de format A4 rouges et verts, couleurs de la nation, apparaissent modestement, ici et là, sur une fenêtre d’un magasin ou le mur d’un café. Le vote préliminaire aux élections parlementaires en Biélorussie a commencé le 18 septembre et se finira le jour des élections, le 23 septembre.
De jeunes observateurs du The Election Observation: Theory and Practice (EOTP) supervisent de façon illégale les quelque 2000 bureaux de vote durant le temps des élections, même si l’occasion est particulièrement propice aux intimidations. Alors que 20 de ces jeunes ont été emprisonnés aujourd'hui par le gouvernement, un observateur de 25 ans qui vient tout juste d'être arrêté raconte.

« La Biélorussie, n’a pas connue d’élections libres et justes depuis 1994, c’est au moins ce qu’affirment les observateurs internationaux comme l’OSCE. Cela fait 18 ans, une majeure partie de ma vie. Les seuls comités électoraux qui existent sont gérés par l’État, ce qui signifie qu’en ce moment même je suis en train d’exercer une activité criminelle. La loi me défend de travailler en tant que membre d’un tel groupe car on n’a même pas le droit d’être enregistré en Biélorussie. Nous sommes enregistrés à Vilnius, capitale de la Lituanie voisine depuis 2007. La majorité d’entre nous est composée de gens jeunes, étudiants à l’EHU de Vilnius et notre but principal est simple : montrer comment se déroulent les élections en Biélorussie. Une grande partie des 100 observateurs est née après qu’Alexander Loukachenko ait accédé au pouvoir et ces gens là ne veulent pas que ce même gouvernement soit maintenu au pouvoir jusqu'à la fin leurs vies.

L’organisation des séances de formation est compliquée car notre bureau est situé dans un endroit secret et que tu ne peux jamais prononcer les mots présents dans ton adresse. Les gens doivent d’habitude accéder à l’arrêt de bus le plus proche et puis aller quelque part, le tout en pleine conspiration. On ne peut pas utiliser le téléphone à domicile, on se sert que de Skype. On a déjà perdu beaucoup de gens dans ces procédés, car ils ont été intimidés. Récemment, des informations d’une de nos reporters ont été publiées sur un site web indépendant et cette femme là a été forcée de comparaitre devant le président de la commission officielle afin de s’en expliquer. Elle risque la condamnation la prochaine foi qu’elle se rapproche d’un bureau de vote. Maintenant il y a des gens qui cherchent des excuses pour ne pas venir, telles que la maladie ou le manque de temps. Ce scrutin n’est qu’un leurre tel qu’il l’a été à l’époque soviétique, nous en connaissons tous les résultats. J’ai constamment peur pour ma sécurité durant les réunions. On risque tous de se retrouver derrière les barreaux. »

Cet article est paru grâce au support du ministère des affaires étrangères Lithuanien dans le cadre du projet 'Made in Belarus' (Fabriqué en Biélorussie')

Photo (cc) qwz/ Flickr/ Nikolai Vassiliev