Société

Année européenne du volontariat : le don de soi est inégal en Europe

Article publié le 5 avril 2011
Article publié le 5 avril 2011
2011 est l’année où l’Union européenne met le volontariat à l’honneur. C’est l’occasion de mieux connaître « le bon bataillon » de l’UE qui rend service dans les restos du cœur, les maisons de santé, les prisons, sans rien demander en échange.
Mais c’est aussi le moment de se pencher sur un phénomène qui divise l’Europe, avec la France et la Scandinavie qui se taillent la part du lion, et de nombreux autres pays où le volontariat peine à décoller.

« Changez les choses: devenez bénévole ! ». Tel est le slogan choisi pour faire valoir la valeur ajoutée des « citoyens actifs » des 27 pays membres. Dans son agenda 2011, la Commission européenne s’engage à promouvoir la formation, l’accréditation et la certification des compétences des volontaires européens, mais elle s’engage également à établir de nouveaux réseaux pour favoriser les échanges transfrontaliers, améliorant ainsi la mise en relation entre les volontaires potentiels et les opportunités de volontariat.

Clivage nord-sud

Dans de nombreux pays européens, le volontariat puise ses racines dans l’activité caritative menée par l’Église depuis le Moyen Âge. Aujourd’hui, tout cela est de plus en plus organisé et géré par des associations. Selon des données de l’Eurofound-Eurostat, un peu plus de 20% des citoyens de l’UE se vouent à une activité de volontariat. Mais entre le Nord et le Sud, aucune comparaison : plus l’on s’éloigne de la Méditerranée, plus le taux de participation des volontaires est élevé. Au Danemark, en Finlande et en Suède, environ 45% des personnes majeures ont une implication dans le social. Par contre, en Espagne, au Portugal et à Malte, mais aussi dans les nouveaux pays membres tels que la Roumanie et la Bulgarie, la participation moyenne ne dépasse pas 15% de la population. Plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’un tel clivage. Dans les pays qui ont vécu sous le communisme – comme la Roumanie et la Bulgarie – ou sous d’autres formes d’autoritarisme – comme au Portugal ou en Espagne – le phénomène du volontariat est récent et il est lié au retour de la liberté civile. En Grèce, par contre, où la famille joue un rôle irremplaçable et où l’aide aux nécessiteux a toujours été garantie par l’État ou par l’église locale, la participation des citoyens peine à voir le jour. Au contraire, les facilités garanties par l’État peuvent favoriser la naissance d’organisations de volontariat comme c’est le cas en Autriche et en France. Dans l'Hexagone, le volontariat est plutôt « sécularisé » – c’est-à-dire historiquement plus encouragé par l’État que par l’Église – et le nombre de volontaires ne cesse d'augmenter. Dans certains cas toutefois, la fragmentation excessive du phénomène peut créer l’effet inverse, comme c’est le cas en Espagne.

L’identikit du volontaire européen

Selon les données, il est même possible d’esquisser l’identikit du volontaire européen : il a un niveau d’éducation élevé, il est en bonne santé, et il est en général satisfait de sa propre vie. La moyenne d’âge se situe entre 45 et 50 ans. Les personnes religieuses sont plus disposées à se consacrer à des activités caritatives, tandis que celles qui ont vécu des difficultés financières sont moins nombreuses à participer. Il ne semble par contre exister aucun lien direct entre l’activité professionnelle (employé, indépendant, sans emploi ou à la retraite) et la participation au volontariat.

Sur le site de la Commission européenne, on peut trouver les 27 rapports nationaux qui donnent un aperçu de la situation du volontaire pays par pays. Pour les plus motivés, rappelons en outre qu’en 1999, l’Union européenne a mis en place le Service Volontaire Européen (SVE) afin de promouvoir la mobilité des jeunes et leur implication dans des projets au bénéfice de la communauté.

Le « Tour EYV »

Dans le cadre de l'année européenne du Volontariat (EYV, European Year of Volunteering), 5 conférences ont été organisées pour impliquer tous les acteurs du volontariat et les institutions. Les deux premières conférences ont déjà eu lieu : à Bruxelles en décembre 2010 et à Budapest en janvier 2011. La troisième est prévue à Bruxelles pour le mois de mai et concernera les résultats obtenus par les volontaires. Ce sera ensuite le tour d’Athènes (conférence sur la qualité du volontariat) et enfin de Varsovie, où l’on discutera de la création d’un cadre juridique adéquat pour le volontariat. Il y aura par ailleurs la campagne de communication « relay EYV2011 » (27 « Relay Reporters » suivront le travail de 54 organisations de volontariat et produiront du matériel audio, vidéo et écrit à distribuer aux médias) ainsi que le « Tour EYV », avec des étapes dans les 27 capitales européennes pour y promouvoir le volontariat. Le tour, qui a déjà traversé 6 pays, fera sa prochaine étape à Nicosie.

Voici le calendrier :

Budapest – dès le 8 janvier• Vienne – dès le 24 janvier• Lisbonne – dès le 3 février

Luxembourg – dès le 16 février

Madrid – dès le 28 février

Athènes – dès le 17 mars

Nicosie – dès le 29 mars

Paris – dès le 14 avril

Tallinn – dès le 30 avril

Bucarest – dès le 9 mai

Ljubljana – dès le 20 mai

Londres – dès le 1 juin

Vilnius – dès le 20 juin

Rome – dès le 1 juillet

Copenhague – dès le 28 juillet

Stockholm – dès le 8 août

Dublin – dès le 22 août

Varsovie – dès le 1 septembre

Helsinki – dès le 15 septembre

Riga – dès le 26 septembre

Berlin – dès le 7 octobre

Amsterdam – dès le 21 octobre

Prague – dès le 2 novembre

Bratislava – dès le 14 novembre

Sofia – dès le 21 novembre

La Valette – dès le 28 novembre

Photo:(cc) Ängsbacka/flickr