Société

AMAP : agriculture paysanne et université dans le même panier

Article publié le 4 avril 2011
Article publié le 4 avril 2011
Le système des Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) se développe depuis une vingtaine d’années en Europe. Depuis quelques années, les AMAP étudiantes se multiplient dans les campus. De Nantes à Palerme, voyage entre les trieurs et les carottes.

Le système s'adapte à leur porte-feuille et à leur agendaLes Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) permettent aux consommateurs de consommer des aliments de bonne qualité, souvent issus d’une production biologique et de diminuer le coût de leurs courses en soutenant l’agriculture locale. Les producteurs, eux, ont la garantie de vendre leur production à un prix convenable. Les AMAP sont aussi un outil de lutte contre le réchauffement climatique en privilégiant les circuits courts et permettent la reprise du dialogue entre monde agricole et monde urbain.

Dans les différents pays européens, le nom est différent mais le principe reste le même : Reciproco au Portugal, GASAP en Belgique, Landwirtschaftsgemeinschaftshof en Allemagne, ACP en Suisse, GAS en Italie, ASC en Espagne, Pergola-associaties aux Pays-Bas, Landbrugs Lauget au Danemark ou encore CAS dans les pays anglophones.

AMAP à la fac : mode d'emploi

En France, un(e) étudiant(e) consacre 37 % de son budget à la nourriture, donc en moyenne 190 € par mois. Cette somme ne permettant pas toujours d’accéder à une alimentation de qualité, certains d’entre-eux ont mit en place des AMAP basées sur les réalités étudiantes.  Mathilde de l’AMAP étudiante Fac Verte à Tours et Joachim membre des paniers de gaston à Marseille expliquent à cafebabel.com comment monter une AMAP à la fac. Les deux associations ont mis en place un système de panier de produits biologiques hebdomadaire.

Bas prix : Chaque panier coûte 5 eurosVariété : Céleri rave, poireaux, carottes, pommes et persil sont des denrées présentes dans les 60 paniers distribués chaque semaine à Tours et à Marseille.Flexibilité : La diversité des emplois du temps étudiants nécessitent d’organiser des distributions qui durent plusieurs heures, de préférence en soirée.Recettes de cuisine : à ajouter pour les premiers rapports parfois compliqués avec certains légumes.Communication : Un mail de l’université à l’ensemble des étudiants peut être un soutien précieux.Vacances d’été : Reste une question que devront se poser tous les étudiants européens qui souhaitent se lancer dans l’aventure : comment permettre au producteur de continuer son activité en été, quand les bosseurs invétérés ont quitté les bancs de l’université ?

« Un véritable encouragement et un moyen de lutte contre le suicide »

Laurent Jouve, maraîcher à Oudon, en Loire Atlantique, approvisionne quatre AMAP sur Nantes, dont deux étudiantes : Bulliver et Fac Verte. Jusqu’en 2007, il perdait de l’argent avec la coopérative par laquelle il passait pour vendre ses légumes. Il a fait le pari de restructurer sa production pour l’approvisionnement d’AMAP et vit aujourd’hui de son travail.

Avantages :

Trésorerie indépendante grâce au paiement anticipé du consommateur et à la suppression des intermédiaires.Production optimisée car vendue avant la distribution, les pertes traditionnelles de la vente en marché sont évitées.

Contrainte :

La proposition variée d’une dizaine de fruits et légumes empêche de réaliser des économies d’échelle sur un seul produit.

Pour lui, les AMAP ont été un nouveau départ économique... et humainSi Laurent Jouve fonctionne ainsi, c’est aussi parce qu’il y trouve du plaisir et de la reconnaissance. Les AMAP lui ont même permis d’embaucher une personne. Le contact direct avec le consommateur est un véritable encouragement pour le producteur qui « n’a pas l’impression de travailler pour rien », et un bon moyen de lutter contre le suicide agricole, un fléau de plus en plus médiatisé.

AMAP solidaires et jardins collectifs

A Aix-en-Provence, on réfléchie actuellement à une collaboration avec l’association caritative Emmaüs pour la création de paniers solidaires, plus accessible aux étudiants disposant de faible ressources financières. En France, au niveau national, le syndicat Fac Verte travaille à la création d’un fonds financier pour soutenir des créations de jardins collectifs et de nouvelles AMAP.

D’autre AMAP étudiantes sur les campus français et italiens :

Papill’on à Montpellier, Zest à Toulouse, les paniers de l’ETU à Poitiers, Fac Verte à Aix en Provence ou Energie citoyenne à Perpignan. En Italie aussi, différents projets existent ou essayent de voir le jour : Palerme ,Turin, Padoue ou bien Roma Tre à Rome ont déjà lancé la vapeur. N’hésitez pas à nous indiquer d’autres projets similaires dans vos villes !

Photo : Une (cc)istolethetv/flickr ; dans l'article : ©Fanny Hélène