Sevilla

On remballe le tapis bleu…jusqu’à l’année prochaine !

Article publié le 7 janvier 2008
Article publié le 7 janvier 2008
UN FESTIVAL POUR NOUS DECOUVRIR 2007 laisse le public européen orphelin avec la mort de deux des ses plus grand figures : Ingmar Bergman et Michelangelo Antonini. Le cinéma introspectif et personnel de ses deux auteurs est une référence obligatoire pour les nouveaux réalisateurs.
Aujourd’hui, la société subit une crise de repères à tous les niveaux, cause directe et inévitable de la mondialisation. Et cette crise se répercute sur le cinéma car il a toujours été le miroir où nous nous regardons afin de savoir comment sommes nous. Un festival de cinéma européen comme celui de Seville est donc un ensemble de reflets qui nous permettent de découvrir ce que c’est ce que nous appelons l’Europe. Des milliers de citoyens de différentes nationalités ont eu l’opportunité de mieux se connaître grâce au cinéma car c’est seulement en nous connaissant, en comprenant chaque culture et en participant à la diversité culturelle du continent européen, que nous, Européens, pourrons fortifier et promouvoir le cinéma européen. Existent-ils des éléments communs entre les différents cinémas européennes ? Un film hongrois peut-il être compris en Espagne ? Et un film espagnol en Hongrie ? Dans un monde où tout est mesuré en termes commerciaux, nous devons nous demander si les pays européens réalisent des produits audiovisuels « commercialisables » dans le reste du continent. Des programmes comme MEDIA et Eurimages ont essayé depuis des années que les citoyens européens regardent leur cinéma, souvent éclipsé par le cinéma nord-américain. L’histoire universelle du cinéma témoigne qu’il n’a jamais eu de cinéma européen homogène mais des auteurs qui ont su se faire remarquer grâce à leur cinéma personnel et parfois risqué. C’est plutôt positif qu’il n’ait pas eu d’homogénéisation, favorisant de ce fait la richesse culturelle de chaque pays, même s’il faut savoir qu’une formule existe sûrement pour que les produits audiovisuels des pays européens puissent rencontrer du succès hors leurs propres frontières. Le Sevilla Festival de Cine Europeo est un bon moyen de se rendre compte que, malgré les nombreuses différences, les cinémas européens ne sont pas si différents. La barrière de la langue est un moindre problème.

Une édition pleine de surprises

Avec une Sélection officielle pleine de réalisateurs renommés comme Volker Schlöndorff, Claude Chabrol, Ken Loach, Alexander Sokurov, Jacques Rivette, Jiří Menzel ou Fatih Akin, on prévoyait un haut niveau des films présentés à cette troisième édition. Cependant, ni Chabrol ni Loach, par exemple, n’ont convaincu un public qui s’est régalé avec la découverte du cinéma jeune et frais de Eran Kolirin (), Eytan Fox () ou Joachim Trier (). Peut-être parce qu’ils comptent parmi les rares films qui réussissent à se débarrasser d’un ton amer de lamentation. Et le fait que les pays européens n’arrêtent pas de se reprocher les misères de leur propre histoire. Il y a des films qui sont des critiques nécessaires et justes. Parfois, le cinéaste veut montrer uniquement sa lamentation et sa résignation là où d’autres fois, il sert à faire face aux problèmes avec humour. Il est cependant incontestable que la plupart de cinéastes européens sentent la nécessité de regarder constamment vers le passé pour comprendre le présent. Les cinémas de certains pays européens reconnaissent avec un ton triste qu’ils sont toujours touchés par le trauma provoqué par l’absurdité de l’histoire récente de leur pays.

itsafreeworld09.jpgLa visite de la fanfareThe BubbleReprise

Nous soulignons

. Le nouveau film de Ken Loach a réussi à obtenir le premier prix du festival, le Giraldillo de Oro, même si pour la plupart du public et de la critique, Loach déçoit à nouveau. Cette fois-ci, il présent une critique des mafias qui offrent du travail aux immigrées illégaux et les exploitent.

2007-11-10_galafuera.jpgIT’S A FREE WORLD

. Le premier film du Norvégien Joachim Trier, , est un récit rythmé, avec un script magnifique, sur les expériences de deux jeunes écrivains. Un grand exercice de cinéma agile, moderne et frais.

REPRISEReprise

. La longtemps attendue adaptation du roman de Georges Simenon «» de Béla Tarr, présentée lors de la dernière édition de Cannes, a été l’excuse pour que ce controversé réalisateur hongrois rencontre le public sévillan. Avec cette co-production hongroise, française et allemande, Tarr, à qui un hommage a été rendu lors de cette édition du festival, est fidèle à son style lent et minutieux et nous propose une histoire sur comment un fait fortuit peut complètement changer la vie de quelqu’un.

L'HOMME DE LONDRESL'Homme de Londres

. Esthétique expressionniste parfaite pour cet ensemble d’histoires sur les petites misères de la vie quotidienne des personnages. Une fable sur la valeur de la vie et l’importance d’essayer d’être heureux. Ce film, candidat aux Oscar par la Suède, a valu à son réalisateur, le suédois Roy Andersson, de partager le Prix de la critique avec l’allemand Akin (pour « De l’autre côté »). Une fin épatante et étonnante fait de ce film, souvent très drôle, un excellent exercice cinématographique.

NOUS, LES VIVANTS

. Le film aimable typique qui séduit le public. Ce n’est pas en soi un reproche, mais ce qui critiquable est qu’il use de moyens faciles et d’un déroulement aussi conventionnel que prévisible. Cependant, le film montre une Marianne Faithfull immense qui fait que le spectateur croit l’histoire et sort du cinéma un air heureux sur le visage.

IRINA PALM

. Fatih Akin revient avec un film d’histoires croisées dont les personnages ont tous un lien commun ; suivant le style de , du mexicain González Iárruti. A l’aide des expériences d’une activiste politique turque poursuivie dans son pays, Akin propose une réflexion sur la Turquie est-elle prête à faire partie de l’UE.

DE L’AUTRE CÔTÉBabel

. Le vétéran Volker Schlöndorff revient avec un film tourné au Kazakhstan. L’histoire raconte avec un ton métaphysique le voyage d’un français au Kazakhstan afin de chercher des réponses, de chercher la mort. Sur son chemin il croise une jeune professeur kazakh qui l’accompagne. Un film différent, paisible et réflexif qui propose un voyage au spectateur, qui l’accepte avec plaisir.

ULZHAN

. Le tchèque Jiří Menzel, qui au long de sa carrière a fait preuve à maintes reprises d’humour intelligent et d’analyses claires concernant l’histoire de la République Tchèque, montre qu’il est toujours en pleine forme. Ce film se sert d’un personnage, un serveur attendrissant joué par Ivan Barnev, qui poursuit un rêve : devenir millionnaire. Drôle et très bien réalisé par le grand Menzel.

MOI QUI AI SERVI LE ROI D'ANGLETERRE

Emilio Gómez Barranco

Photographies : (photographe officiel du Sevilla Festival de Cine Europeo)

Lolo Vasco

Traduit par

Verónica González de la Rosa