Sevilla

L'inégalité entre les hommes et les femmes, mais seulement un problème islamique?

Article publié le 11 mars 2009
Publié par la communauté
Article publié le 11 mars 2009
En Afrique, il existe des lois de discriminations fondées sur des croyances ethniques qui sont désobligeantes pour les femmes. Dans des pays comme le Soudan et le Nigéria, l'excision est pratiquée en toute impunité, même dans les communautés chrétiennes. En inde, la tradition oblige l’épouse à préparer la maison qui accueillera le futur couple,  si non, la femme sera répudiée par sa famille.
Même en Europe et aux États-Unis, référence absolue du progrès et de la liberté, le monde de la finance et de la politique reste en grande partie dans les mains des hommes. Notre situation est-elle une simple question religieuse ou peut-être un exemple de machisme universel? Avec cette approche, Shirin Ebadi, une avocate iranienne, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2003, invite à réfléchir lors d'une conférence sur l'égalité entre les sexes, qui s'est tenue à l'Université de Séville.  

Shirin Ebadi

Malgré les grandes avancées en matière d’égalité qui ont été obtenus tout au long du XXe siècle, «il reste beaucoup à faire », dit Ebadi. Un exemple clair de ceci est que la Finlande, un modèle de parité, ne se sent pas totalement satisfait. Après une visite de ce pays scandinave, le lauréat du prix Nobel a déclaré que la domination de l'homme va «au-delà de quelques écritures ». L'avocate iranienne se rend compte, que même dans l'un des pays les plus « développés » l'égalité des sexes est une réalité, «la majorité des personnes qui ont assisté à la conférence portaient un autocollant représentant le symbole de l'euro, en protestation face à la différence de ¼ sur le salaire moyen entre les hommes et les femmes " En ce sens, Sharina Ebadi se montre critique face à l'idéalisation de l'Occident et pense que le statut des femmes est à des stades différents de développement entre l'Europe et l'Orient. Ainsi, Shirin Ebadi fait une référence particulière au régime de Franco en Espagne, au sein duquel dans les années 60 les femmes devaient demander la permission à leur mari pour voyage ou encore retirer de l'argent à la banque. Situation très semblable à la vie d'aujourd'hui, dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Koweït ou le Yémen, où les femmes sont considérées comme des citoyennes de seconde classe, et dont le statut social dépend du nombre de fils qu’elles ont mit au monde. Cela revient une fois de plus à se questionner : « pensez-vous que ce sont des lignes de conduites théologiques ou la simple justification du pouvoir masculin ? »

Le chemin de l'Etat laïque: contradictions

Ebadi Sharina aime à penser la possibilité d'accélérer le processus d'égalité par l’intermédiaire de l'établissement d'un État laïque, mais avec une certaine indignation, elle accuse l’Occident de simplifier le problème, de toute évidence, il ne tiens pas compte de l'existence de lois islamiques pour les populations civiles. Toutefois, elle fait allusion à des passages du Coran qui soutient les lois iraniennes dans lesquelles un homme peut épouser 4 femmes et se séparer d’elles, sans raison valable apparente, et non le contraire. Une législation qui considère la vie d'un homme comme le double de celui d'une femme et qui la bat quand celle-ci désobéit. Par conséquent, il est convenu que le découplage de l'État et la religion sont nécessaires, mais loin d’être vital. En Irak, ajoute-t-elle, "l'agression sur les femmes a considérablement augmenté depuis que le régime de Saddam Hussein fut évincé, et maintenant quoi?" Rosa Luxemburg en Allemagne au début du vingtième siècle, la conquête du suffrage universel, la citoyenneté, l'égalité au travail, etc. sont des petites avancées dignes de reconnaissances, mais elles ne suffissent pas. Actuellement, au Parlement iranien travaillent treize femmes sous la pression des fondamentalistes, alors que 65% des étudiants sont des filles. En Iran, il y à 50 ans, se pratiquait le suffrage universel avec l'islam comme religion officielle. Aujourd'hui, Sharif Ebadi rencontre de grandes difficultés à représenter ses clients si elle ne professe pas la religion musulmane. Alors qu’en Chine les familles abandonnent ou tuent leurs fille car l’homme continue d’être le roi, « j’insiste de nouveau : est-ce un problème de religion ou bien qu’il y a trop de pouvoir dans les mains des hommes? »

Clara Fajardo

Traducteur:

Garance Tardieu