Sevilla

En 2050, les infections bactériennes plus meurtrières que le cancer en Europe

Article publié le 2 mai 2017
Article publié le 2 mai 2017

Le commissaire Européen Vytenis Andrirukaitis dirige le 200ème #EUdialogues à Séville pour échanger avec le public du Sud en matière de Santé publique. Il prêche pour une meilleure intégration entre les états membres afin de combattre la précarité des travailleurs de la santé et améliorer la qualité de vie des habitants de l’Union

« La santé, c’est un état de bienêtre complet : physique, mental et social et pas seulement l’absence de pathologies ou de maladies ». C’est par ces mots que l’Euro-commissaire  à la santé et à la sécurité alimentaire,Vytenis Andriukaitis [EN], définit la santé durant cette 200ème  rencontre avec les citoyens de la commission Européenne à Séville. Une description qui n’est pourtant aujourd’hui qu’une chimère, dans cette Europe qui souffre de précarité au travail qui entraine une diminution de la qualité de vie de ces citoyens.  

L’Euro-commissaire au cours de son intervention | Clara Fajardo Trigueros

Vytenis Andriukaitis est offensé quand on le qualifie de bureaucrate, car il n’oublie pas d’où il vient, en tant que Lithuanien ayant étudié la médecine en Russie, il fut persécuté par le KGB. Il assure toujours placer au cœur de son travail les patients, lui pour qui la médecine est « un art, une science et un traitement » et pas seulement une prestation de services.

 «  Nous sentons-nous entendus par l’UE ? »

C’est avec cette question qu’a débuté la semaine passée l’intervention d’Andriukaitis, une question posée au public de la conférence grâce à un boitier de vote. 61% ont répondu par la négative, un résultat qui contraste avec le chiffre annoncé le même jour de soutien des Espagnols à L’Union Européenne à hauteur de 80%, chiffre de l’eurobaromètre de ce 28 Avril.  

Panneau indicateur de la 200ème rencontre  #EUdialogues| Clara Fajardo Trigueros

« Effectivement », nous dit Aytenis Andriukaitis, c’est la raison pour laquelle la Commission Européenne met en place ces rencontres avec les citoyens, dans le but d’échanger sur les requêtes de ces derniers pour planifier les trois prochaines années en interagissant en direct et virtuellement  avec #EUdialogues suite à la publication du livre Blanc de Mr Jean-Claude Juncker [ESP].  

L’Andalousie enchérit pour faire venir l’Agence du Médicament à Grenade.

Une des questions phares de la rencontre avec l’euro-commissaire concernait le devenir de l’Agence Européenne du Médicament, actuellement basée à Londres et qui doit s’installer prochainement dans un Etat membre suite au « Brexit ». Sans pouvoir dévoiler quoi que ce soit, Aytenis a esquissé un sourire et admit qu’il se savait « En terre profondément Européaniste », on en déduit donc pouvoir compter sur sa sympathie.

Optimisation des ressources et plus d’innovation

Il faut se rappeler que la Santé Publique est une compétence partagée au sein de l’Union Européenne, c’est-à-dire que les états et l’Union interviennent en coopération intra-européenne de coordination continue. Cela explique la complexité des standards de santé qui dépendent des budgets de chaque états, c’est aussi ce qui amène la commission Européenne à consulter ses citoyens pour connaitre quel scénario était le préféré parmi les cinq du Livre blanc du président de la commission.

Là encore, c’est l’esprit européaniste qui parle, 66% de la salle a penché pour le cinquième, celui qui promet plus de convergence, plus d’Europe, plus de cession de souveraineté et une avancée conjointe face à d’autres propositions comme celle d’une Europe à deux vitesses. C’est dans ce contexte que l’euro commissaire à rappeler que le PIB de l’UE représente seulement 1% de la somme des PIB de ces Etats membres, occasion qu’il a saisi pour plaider l’amplification du budget d’une Union Européenne qui demande plus de ressources pour aller vers plus d’intégration.  

En attendant, sans minimiser l’importance des investissements dans la recherche, cette demande était appuyé par des chiffres paralysants sur les maladies qui provoquent le plus de décès en Europe, 22% des décès au sein de nos frontières sont dus à des pathologies cardiovasculaire, et il y a déjà des ressources publiques misent en place pour améliorer ces chiffres comme l’exercice, l’éducation physique à l’école, une alimentation saine comme le régime méditerranéen ou encore la prévention.

Qui prend soin du soignant ?

Dans l’assistance, se trouvait aussi des membres du Syndicat Médical de l’Andalousie qui ont dénoncé l’exploitation des travailleurs de la santé qui résulte des coupes budgétaires et de la politique d’austérité. L’Euro commissaire a affirmé qu’en tant que médecin cardiologue, il connaissait ces conditions, et que sous sa tutelle, chacun travaillait à améliorer la situation en soulignant que les options étaient infinies pour les professionnels de la santé, puisqu’on estime qu’il faudrait 4 millions de médecins et 13 millions d’infirmiers dans toute l’Europe.

Dans le monde, plus de 28 000 personnes par an décèdent des suite d’une infection

Concernant la prolifération de la résistance aux antibiotiques, l’euro-commissaire a défini ce thème comme l’axe de travail prioritaire pour les Etats membres, considérant les études qui montrent qu’en 2050, le pourcentage de mort des suites d’une infection résistante pourraient dépassés ceux dus au cancer.

Mouvements anti-vaccins

La méthode scientifique montre que plus de 95% des études sur la vaccination mettent en lumière le succès de ses effets, et Andriukaitis considère que c’est la seule méthode fiable à ce jour. « Je me sens concerné par la Santé Publique, c’est pourquoi je me vaccine, je crois que c’est le meilleur geste de solidarité que peut faire un citoyen concernant le secteur de la santé ».