Dans le sillage de la première édition d'Orient Express Reporter en 2010/2011, cafebabel.com envoie 40 jeunes journalistes, photographes et vidéastes au -delà des frontières afin de promouvoir les regards croisés. Ce sont au cours de huit sessions de reportages organisées dans huit capitales de l'UE, des Balkans et de la Turquie que les jeunes reporters explorerons de nouveaux espaces.


Hongrie : l'arrière-cuisine d'un pays en quarantaine

Hongrie : l'arrière-cuisine d'un pays en quarantaine

Sous la menace du FMI et de l’UE, le gouvernement d’Orban a révisé certains des points les plus controversés de la nouvelle Constitution, notamment des mesures de coupes dans le secteur public. Les mesures économiques sont peut-être suffisantes aux yeux de Bruxelles, mais les medias de l’Europe de l’Ouest considèrent toujours la Hongrie comme un pays en « quarantaine », retombé dans les sombres années du communisme. Si le fantôme de la dictature semble seulement se réincarner dans les statues du Memento Park, les communautés les plus en danger, les minorités religieuses et les personnes LGBT, doivent toujours faire face à l’indifférence, la suspicion et le dédain. La Hongrie se retrouve donc en quête de renouveau avec la promotion du « potentiel » de ses produits. Par contre, la solution à la majeure partie de ses problèmes pourrait se trouver non plus dans le nationalisme outré, mais dans l’ouverture. Suivez-nous jusqu’aux pieds des Carpates, dans la nouvelle édition d’Orient Express Reporter II.

Belgrade : le futur s'imagine aujourd'hui

Belgrade : le futur s'imagine aujourd'hui

Les jeunes serbes étaient fatigués d'attendre des solutions à leurs problèmes. Face à une classe politique apathique, ils se sont donc pris en main. Certains sont partis chercher un futur digne (on estime à environ 30.000 le nombre de jeunes émigrants entre 2001 et 2011). Mais d'autres sont restés dans l'idée de bousculer le système en utilisant, tout simplement, la liberté d´expression. Derrière les caméras, dans les espaces culturels alternatifs ou sur les terrains de sport, c'est toute une génération de jeunes serbes qui stimule le débat public et revendique une Serbie active et moderne, éloignée des clichés. Et ce, avec deux espoirs : l'un placé dans le tout nouveau président, Tomislav Nikolic, et l'autre dans une possible adhésion à l´UE. Les Serbes sont optimistes face à l´avenir, le futur s'apprécie comme un aimant. Les jeunes frustrés de 2012 reviendront à Belgrade parce que Serbia, c'est plus fort que toi. (Photo : (cc)Thomas Hawk/flickr)

Sarajevolution tranquille

Sarajevolution tranquille

Tout est si parfaitement inachevé à Sarajevo. La meilleure manière de s'en apercevoir, c'est de s'asseoir dans un café. Coolos. Au milieu des maisons autrefois bombardées, la jeunesse organise des fêtes de quartier et donne une nouvelle vie à la ville en dépit des tensions actuelles. En ce sens, une sorte de révolution de velours se fait jour à Sarajevo : les anciens dictateurs sont toujours considérés comme des « dictateurs softs » en Bosnie-Herzégovine tandis que la jeunesse qui a une fois trouvé l'exil dans des pays étrangers en temps de guerre, ramène lentement mais sûrement de nouvelles idées. Ce, même si on leur reproche leur apathie et leur inaction. La politique se transforme et trouve d'autres couleurs dans la rue par l'intermédiaire de performances artistiques. Et le changement social prend un nouveau départ - discret - avec Internet et les réseaux sociaux. Tranquille. Comme Sarajevo. Et ses bistrots. (Photo ©doctora boop/Caterina Borelli/flickr)

Zagreb, c’est particulier : et alors ?

Zagreb, c’est particulier : et alors ?

C’est devenu chiant d’expliquer le passé de la Croatie par le slogan surexploité de la « Yougonostalgie ». Les jeunes croates, comme l’équipe de cafebabel.com à Zagreb a pu s'en apercevoir, ressemblent beaucoup plus à de jeunes européens que ce que l’on peut imaginer. Un peu à la manière des Indignés espagnols, les diplômés des universités croates ont arrêté de rêver à des jobs bien payés. Conscients des réalités, ils ne veulent plus perdre de temps et…manifestent. Tout comme le monde du cinéma français et polonais, la Croatie peut se targuer d’avoir un festival reconnu dans toute l’Europe. Bref, Zagreb fait partie de ces capitales encore méconnues. Sauf que la capitale se demande s’il ne vaut mieux pas le rester compte tenu de ce que l’UE veut lui imposer. Affaire à suivre en 2013… (Photo: Varsavska Street (cc) Pliketi Plok/flickr).

Istanbul : héros malgré lui

Istanbul : héros malgré lui

Les commentaires sur la vie politique et sociale de la capitale européenne de la Turquie vont florès. Pour Orient Express Reporter, une équipe belge-française-italienne-allemande-anglaise de journalistes et de photographes a alors décidé de la rendre verte, sportive, artistique, sociale et numérique. Sur trois décennies, la population d’Istanbul a triplé. Environ 50% des 15 millions d’habitants ont moins de 25 ans. Cela va de soi, les réseaux sociaux sont en pleine ébullition et deviennent le théâtre de rassemblements militants contre la censure. Oui parce que selon un rapport international sur la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontières, la Turquie figure au 148ème rang mondial. « L’insulte à la turquicité » constitue encore un délit passible de plusieurs années de prison. Néanmoins, Istanbul - capitale européenne du sport en 2012 - est aussi en train de redessiner les contours d’un pays en plein élan, dont la perche est tenue par ses athlètes féminines, ses activistes écolos, ses entrepreneurs sociaux…avides d’un nouveau bond en avant. Ils ont placé la barre haute. Et c’est tant mieux. (Photo de street art à Beyoglu, Istanbul © Jens Wiesner)

Berlin : la transition va droit dans le Mur ?

Berlin : la transition va droit dans le Mur ?

Aujourd’hui, toute l’Allemagne fête les 23 ans de la chute du mur de Berlin. Inutile de préciser qu’en deux décennies, la capitale teutonne a changé. A l’Est, de nombreux bâtiments ont été laissés à l’abandon dans la fuite en avant des habitants vers l’Ouest. Directement investis par diverses organisations aussi tendances que militantes, ces temples de l’alternatif ont maintenant eu le temps de ruminer vingt-trois années d’ouverture. Et le capitalisme aidant, nombre d’entre eux subissent la logique implacable du profit. Fini la candeur, place aux promoteurs ! Concernant le volet social, et là aussi bien aidée par le phénomène de gentrification, une nouvelle espèce sociale est en train de décimer tout ce qui restait d’authentique dans les quartiers du sud de Berlin. L’envahisseur, c’est le hipster. Et même s’il se déplace sur vieux vélos, d’inquiétants « vrais berlinois » pensent qu’il pollue à lui seul l’atmosphère d’antan. Bref, vous l’aurez compris, une transition, ce n’est jamais simple. Surtout quand en ce 9 novembre 2012, elle se rapporte au nombre 23. (Photo : © Luka Knezevic-Strika pour 'Orient Express Reporter II', Berlin 2012/ belgraderaw.com/)

Bruxelles : la fugue en avant

Bruxelles : la fugue en avant

Pour sûr, la capitale de l’Union européenne n’est pas une ville très facile à vivre. Les élites n'y restent que pour leur travail (les eurodéputés de la Lituanie, du Royaume-Uni et de l’Irlande ne dépassent pas le 81% de présence) et les autochtones n’attendent qu’une seule chose : partir. Pour certains, l’évasion a un nom : la « fuite des cerveaux ». Mais il s’agit plutôt d’un véritable exode : en 2010, 28 000 jeunes diplômés ont quitté la Belgique. Soit 70% de plus par rapport à l’année précédente. « La plupart de mes amis ont choisi de faire un master ici, mais moi j’ai choisi la vie réelle », affirme Ruben Loods, 26 ans. Les envies d’ailleurs ne sont pourtant pas constamment motivées par des questions d’emploi. Demandez donc à n’importe quelle jeune femme qui se promène toute seule, à n’importe quelle heure, dans n’importe quel quartier. Ce n’est pas hasard si le pays est sixième dans le classement mondial dressé par l’Unodc concernant le viol. Ingrate et couverte d’infamie. Bruxelles, on t’aimerait bien si tu étais différente. Un peu moins renfermée. Un peu plus européenne. (Photo (cc) vainsang/flickr)

Rome et les beaux jours : patience exacte

Rome et les beaux jours : patience exacte

Les touristes jettent des pièces par-dessus l’épaule dans la Fontaine de Trévise, en espérant que 10 en reviennent. Pendant ce temps-là, des foules de jeunes du coin, accusées d’être « choosy » par leurs ministres, essaient de trouver un moyen de s’en aller, coûte que coûte. Les étudiants sont en colère, surtout depuis qu’ils ont appris que seulement 4,7% du PIB italien était alloué à l’éducation quand on sait que la Mongolie ou encore le Zimbabwe dépensent deux fois plus. Conjuguez ça avec les coupes budgétaires à venir et vous avez une génération perdue qui s’évade quand elle le peut, notamment à travers Erasmus. Derrière ça, il y aussi des restaurants japonais tout fake qui sacrifient encore l’image de la femme sur l’autel du plaisir simple. Reste, une chose – tout de même – qui n’a pas changé : les 300 mètres de queue qui accompagnent pour chaque visite, le quotidien du touriste. Bref, à Rome, la route est longue. (Photo : © Sara Stojkovic pour Orient Express Reporter II, Rome 2012)