Politique

Une bombe, La Crimée

Article publié le 28 février 2014
Article publié le 28 février 2014

Le conflit s'envenime en Crimée entre les pro-russes et les partisans du nouveau gouvernement ukrainien. 300 mysterieux hommes armés et masqués ont occupé jeudi le parlement régional et, temporairement vendredi, l'aéroport de Simferopol. La Russie se tend. Et la Crimée devient une bombe à retardement géopolitique.

Newsweek Polska - Pologne : un cap, une péninsule

La Russie elle-même pourrait être dépassée par le conflit en Crimée, écrit le magazine d'information politiquement neutre Newsweek Polska : « La situation en Crimée dégénère très rapidement. Et cela n'est pas le fruit de la propagande de Moscou. Anatoli Moguilev (qui a démissionné jeudi du poste de Premier ministre de la république autonome de Crimée) est l'ex-ministre de l'Intérieur de Ianoukovitch et un partisan fidèle. Lui et sa clique issue de la nomenklatura du Parti des régions considèrent simplement l'Ukraine comme le dernier bastion de l'ex-président et jouent sur la corde nationaliste. Pourtant, les partisans de Ianoukovitch qui promeuvent le séparatisme devraient surprendre jusqu'aux Russes eux-mêmes. Car Moscou n'a pas du tout envie d'une nouvelle intervention armée et de possibles complications internationales, car celles-ci pourraient aboutir à un nouveau conflit mondial. Avec pour seul enjeu le gain d'une péninsule, plutôt pauvre de surcroît. » (Article publié le 28.02.2014

Lidové noviny - République tchèque : de mauvais souvenirs

Les tensions en Crimée rappellent le conflit dans les Balkans, écrit le quotidien conservateur Lidové noviny : « Vladimir Poutine n'est pas Slobodan Milošević. Pourtant, le monde ne semble guère plus avisé qu'à l'époque. … Le parlement ukrainien abroge la loi garantissant le bilinguisme pour la minorité (autrement dit l'usage du russe). Faut-il s'étonner dès lors que des personnes armées non identifiées hissent le drapeau russe sur le Parlement de Crimée ? L'Occident juge l'assaut du Parlement de Simferopol dangereux et irresponsable. En revanche, il soutenait la résistance armée place Maïdan. Les Russes ont de plus en plus l'impression que l'Occident ne souhaite pas une démocratie pour tous et qu'il accorde aux Ukrainiens ce qu'il leur refuse à eux. Si cette conviction devait s'imposer dans l'opinion russe, Poutine défendrait les Russes de 'l'étranger proche' avec la même résolution que celle qu'avait affichée Milošević pour défendre les Serbes dans les 'zones serbes'." (28.02.2014) - Plus d'informations sur le site de Libové Noviny.

De Telegraaf - Pays-Bas : l'amateurisme de la bureaucratie européenne

Le Parlement européen préconise de proposer à l'Ukraine la perspective d'une adhésion à l'UE. Une initiative vivement critiquée par le quotidien conservateur De Telegraaf : « Saisis par l'irrépressible nécessité de poursuivre l'élargissement de l'UE, on part manifestement du principe que les vainqueurs de la bataille de Kiev affectionnent les valeurs européennes. Mais il est permis d'en douter, quand on connaît le rôle-clé joué dans la contestation par un mouvement extrêmement nationaliste, antidémocratique et antisémite. Les rabbins ont déjà appelé la population juive à quitter le pays. Les eurodéputés doivent prendre position sur cette évolution. Par ailleurs, les parlementaires ne tiennent pas compte des intérêts stratégiques de Moscou. L'Ukraine fait depuis longtemps partie de la sphère d'influence russe et le président Poutine voit dans ce soulèvement la conséquence d'une ingérence occidentale dans son pré carré. Un point de vue que viennent aujourd'hui confirmer les eurocrates. Quand mettra-t-on enfin un terme à l'amateurisme qui caractérise la bureaucratie européenne ? » (28.02.2014) - Plus d'informations sur le site de De Telegraaf.

Público - Portugal : une opération kamikaze

En Ukraine, le Premier ministre intérimaire Arseni Iatseniouk a qualifié la tâche de son cabinet de « mission kamikaze ». Il a vraisemblablement raison, redoute le quotidien libéral Público : « Il sait qu'il peut compter sur l'aide du FMI, des États-Unis et de l'UE, mais les fonds mis à disposition sont loin de correspondre à ce dont a réellement besoin l'Ukraine. Le risque de faillite est réel, et le gouvernement est contraint de prendre des mesures graves et impopulaires. … Dans le même temps, les manifestations séparatistes en Crimée montrent que Moscou a commencé à mobiliser la population pro-russe en Ukraine pour faire pression sur Kiev. L'avenir de l'Ukraine est bien sombre et le fragile gouvernement transitoire de Iatseniouk aura de grosses difficultés à garder le contrôle de la situation. Une crise à l'ampleur imprévisible fermente aux frontières orientales de l'Europe. » (Article publié 28.02.2014

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