Politique

Sommet de la zone euro : un changement radical comme monnaie courante

Article publié le 24 octobre 2011
Article publié le 24 octobre 2011
Depuis trois ans, nous avons été contraints d'écouter, de lire et de comprendre les mêmes mots, encore et encore. La crise mondiale, l'échec du marché, la recapitalisation des banques, et ainsi de suite. A la veille d’un sommet européen de la zone euro dont les principaux enjeux ont déjà été repoussés, voici quelques piste de réflexions sur l’état des politiques économiques actuelles.

Mais même de bonne foi et donnant l'apparence d'être la chose la plus légitime de le faire, les mesures prises par les gouvernements et les institutions internationales pour atténuer les problèmes financiers ont eu pour effet de créer plus de risques et de stimuler les problèmes actuels et des manifestations. « Nous devons prendre des mesures supplémentaires », a déclaré le président du Conseil européen,Herman Van Rompuy, une expression qui est devenue une sorte de mantra dans les langues et les documents des institutions de l’Union européenne. Après la réunion du Conseil européen, les dirigeants de la zone euro ont tenu une réunion de crise pour la zone euro, sachant déjà qu'aucune décision définitive ne sera prise. Une réunion supplémentaire de Bruxelles a été demandée par l'Allemagne et la France, et aura lieu le 26 octobre.

Trois ans ont passé depuis que la crise financière mondiale a réellement commencé à montrer ses effets entre 2007 et 2008. Lehman Brothers, Bear Stearns et d'autres institutions financières, qui ne se souciaient pas trop dans les premières années de la valeur de leurs actifs. Quand elles ont rapporté les résultats trimestriels et versé d'importantes primes à leurs dirigeants, elles se sont effondrées. Partout dans le monde, les marchés boursiers ont chuté et les gouvernements ont dû rapidement mettre en œuvre des plans de sauvetage pour renflouer leurs institutions financières et rassurer, autant que possible, la crédibilité de leurs systèmes financiers.

Grands voués à l’échec

En Europe, dans certains cas, les gouvernements ont essayé d'augmenter ou de garantir pleinement l'épargne des déposants, alors que dans d'autres, ils ont décidé de nationaliser leurs banques. En parallèle, les petites et moyennes entreprises et des gens de classe moyenne ont commencé à affronter les conséquences de la crise ayant très peu d'options pour renflouer et sauver leurs institutions financières en difficulté.

Islande, Irlande, Espagne, Portugal, Grèce et l'Italie ont fait face (et font toujours face) à des problèmes majeurs de réformes économiques et politiques. Les riches pays industrialisés ont dû commencer à contempler et ont annoncé de fortes mesures d'austérité et d'ajustement structurel, prévoyant des réductions sur les réformes difficiles publiques, donc en réalité la mise en œuvre de mesures que le monde en développement a affirmé pendant des années, c’est-à-dire éliminer la discrimination et renforcer l'égalité dans les transactions commerciales. Un certain nombre de mesures ont également été abordées pour tenter de résoudre les problèmes de déficit. Les dépenses élevées des gouvernements avant la crise et l'incapacité des entreprises et des individus à payer des impôts pendant la crise ont causé la chute des recettes fiscales et ont engendré les problèmes d'évasion fiscale, rendant ainsi le déficit plus difficile à maintenir.

Le rêve des europhiles et des fédéralistes

La promotion de la croissance intelligente, durable et inclusive a été l'une des réponses de l'Union européenne pour la décennie à venir. Comme une stratégie de sortie de la crise, l'UE et ses États membres ont appelé à fournir des niveaux élevés pour l'emploi, la productivité et la cohésion sociale. Essentiellement plus d'emplois, plus d'innovation et une meilleure intégration : le rêve de tous les citoyens de l'UE et partisans de l'Europe. Malheureusement, ces initiatives, de concert avec toutes les mesures discutées et promues tant au niveau national et international, n'ont pas reçu la sympathie qu'elles voulaient. Les citoyens de l'UE se sont sentis écrasés, à commencer par les Indignés.

La chasse à l'homme a alors commencé

Une militante d'"Occupy Wall Street" visiblement mangeuse de dollars. Les grèves et les protestations sont de plus en plus devenues la routine et l'opinion publique générale a commencé à rejeter le populisme intérieur économique. Ils réclament et appellent pour plus d'efficacité des réformes structurelles qui ne concerneraient pas uniquement la classe moyenne, mais qui exigent et obligent les entreprises plus grandes, les riches banquiers et surtout, les politiciens, à faire un vrai effort pour partager le fardeau de la dette souveraine. Les gens à travers l'UE ont commencé à descendre dans les rues et à faire entendre leur voix pour crier leur mécontentement quant à l'état de l'économie, au sujet de la position injuste des jeunes, leur manque d'avenir, ou la possibilité d'obtenir un prêt pour acheter une maison, pour construire une famille et pour obtenir une pension. « Les gens ont raison d'être en colère », a déclaré The Economist. Oui, ils le sont, oui nous sommes. Mais pour l'instant, je dirais. Que ce soit inspiré par les Indignés à Madrid ou par le mouvement « Occupy Wall Street » à New York, les jeunes et les personnes d'âge moyen ont montré leur colère la semaine dernière à Athènes, à Rome et dans d'autres capitales européennes, afin de représenter non seulement les résultats des défauts de leur pays, mais aussi les incuries du capitalisme.

Pas la fin, mais un carrefour

Les citoyens ont besoin qu'on leur dise la vérité et non pas seulement des promesses difficiles à maintenir.

Le capitalisme a été le moteur de la récente augmentation de croissance des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) tandis que parmi les pays industrialisés occidentaux, il a été abordé comme l'une des principales causes de la crise financière mondiale. Ce n'est pas sa fin, mais il est évident que nous devons rapidement sortir avec un changement majeur concernant les politiques économiques actuelles, la culture politique dominante et la façon dont nous voulons que les jeunes générations prennent leurs responsabilités. Les citoyens ont besoin qu'on leur dise la vérité et non pas seulement des promesses difficiles à maintenir. Alors j'espère que les gens ne se sentiront pas seulement « indignés », mais plutôt qu'ils vont participer davantage comme « acteurs » et « croyants », prêt à y prendre part. Comme je l'ai dit, je l'espère.

Lire l'article original signé Cristiana Mariani sur le babelblog officiel de Bruxelles

Photos : Une, lauren/flickr; Texte : raout, President of the European Council/flickr, 99% (...) et bâillon-pognon danielfinnan/flickr ; Vidéo : euronewsfr/youtube