Politique

Robin au secours des bois

Article publié le 11 mars 2008
Article publié le 11 mars 2008
Spécialiste des actions créatives et spectaculaires, l’association écolo allemande Robin des bois milite pour protéger les forêts en grimpant sur les monuments des villes.

« Les agents de sécurité ne peuvent rien faire pour nous arrêter », lance Hanna. Mars 2006 : accompagnée de trois autres militants, elle escalade la paroi lisse de la Porte de Brandebourg à Berlin, grâce à une simple échelle et assurée par des cordages, puis atteint le sommet du monument. Le but de cette équipée qui n’a pas froid aux yeux : hisser une gigantesque bannière. Et ils parviennent. Une policière, élancée à leur poursuite, appelle des renforts, impuissante. C’est alors qu’Hanna et ses acolytes déroulent leur précieuse banderole transparente, longue de 20 mètres, qui recouvre très vite la Porte berlinoise : « Argent = climat, l’avenir est renouvelable », dit leur slogan.

Cette protestation était organisée à l’occasion du sommet sur l’énergie, initié par la chancelière Merkel, le 3 avril 2006. L’association Robin des bois militait alors pour que l’Allemagne abandonne ses programmes atomiques et se prononce contre la construction de nouvelles centrales à charbon et pour une plus large part d’énergie renouvelable dans sa production globale. « Ce fut un réel succès », se rappelle la jeune femme, le sourire aux lèvres.

Dissidents de Greenpeace

Cette année-là, Hanna Podig est âgée de 22 ans. Elle s’est engagée dans une association pour la protection de l’environnement, active dans toute l’Allemagne : Robin des bois. A l’origine : une dizaine de membres de Greenpeace Allemagne qui décident de quitter leur structure mère, qu’ils jugent trop autoritaire et centralisée, pour créer leur propre association. Sur la page d’accueil de leur site internet, les bénévoles de Robin de bois décrivent leur combat contre la disparition silencieuse des forêts. « Nos initiatives naissent souvent dans l’urgence. Quand je lis quelque chose qui me semble intéressant dans le journal, je l’envoie à mes contacts et nous nous retrouvons pour réfléchir à une action », explique Hanna. De nombreux rendez-vous sont ainsi organisés : manifestations, débats, marches, concerts ou stands d’informations.

L’un d’entre eux, le Congrès d’hiver du forum sur l’énergie atomique s’est déroulé à Berlin, le 6 et 7 février dernier. Depuis sa création, l’association s’est développée. Basée à ses débuts à Hambourg et Brême, elle compte aujourd’hui 15 groupes locaux dans tous les Länders allemands. Chacun, de façon autonome, planifie et met en place ses actions. Si Robin des bois est une organisation 100 % allemande, elle travaille parfois main dans la main avec des organisations d’autres pays européens.

Pour Hanna, un véritable effort doit être fait pour expliquer et discuter de la problématique du climat. Une discussion qui doit être exclusivement européenne, dit-elle, évoquant le phénomène bien réel des réfugiés climatiques. Après cinq ans d’investissement à Robin des bois, Hanna organise régulièrement des actions contre de gros pollueurs, comme l’entreprise Vattenfall en Allemagne. Et les études ? Pour elle, c’est secondaire ! Le boulot de ses rêves, elle l’a déjà trouvé !